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Le chef mange dans son restaurant, l'Urssaf le redresse de 14 000 euros

Vie professionnelle - mercredi 16 octobre 2019 10:31
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Saint-François (971 - Guadeloupe) Un gérant majoritaire dans une entreprise de restauration a l'obligation de déclarer les repas pris sur place. L'administration l'a rappelé au cuisinier Arnaud Bloquel avec une sévérité qui laisse pantois.



Arnaud Bloquel : 'L'inspecteur s'est basé sur la dépense moyenne d'un repas, soit 107 €'.
© A. Bloquel
Arnaud Bloquel : 'L'inspecteur s'est basé sur la dépense moyenne d'un repas, soit 107 €'.

Un fonctionnaire de l’Urssaf s’est présenté pour un contrôle dans mon établissement en avril 2018. Il s’apprêtait à quitter mon restaurant lorsqu’il m’a demandé où je mangeais ?”,  raconte le chef Arnaud Bloquel, qui exploite deux restaurants - le Square et l’Orchidéa - à Saint-François, en Guadeloupe. “Je mange dans mon restaurant, puisque j’y passe mes journées”, lui répond ce natif d’Agen (Lot-et-Garonne). Un chef d'entrprise a l’obligation de déclarer ses repas comme avanatge en nature. Jusque-là, rien d’anormal. “J’ai été redressé sur trois ans. Comme tous les cuisiniers, je conserve les produits nobles pour les clients et je me restaure avec des pâtes ou des plats simples et peu coûteux, comme le reste de mon équipe dont le repas apparaît à environ 6€ sur leur bulletin de paie. Mais rien à faire : pour moi, qui suis gérant majoritaire, l'inspecteur s'est basé sur la dépense moyenne d'un repas, soit 107 € par client !” Au total, ce sont donc 14 000 € que l'administration réclame au restaurateur.

En effet, pour les mandataires sociaux, l'Urssaf refuse l'évaluation forfaitaire de 3,62 € par repas. Arnaud Bloquel, meilleur Maître restaurateur de l’année 2018, n’en revient toujours pas. “Je reviens à Paris pour préparer le concours de meilleur ouvrier de France, puis je partirai en Floride. J’aime la Guadeloupe, mais l’insularité contraint les ambitions. Ce n’est pas le redressement qui justifie mon départ, même si les tracas administratifs existent. On me demande 5 000 € d’eau alors que j’ai été coupé pendant un mois. Pour les 14 000 € de redressement, j’ai obtenu un échelonnement, c’est tout ”, regrette l’entrepreneur.

#BrunoCrayon #ArnaudBloquel #Orchidea #Fisc

 

 


Francois Pont

Bruno Cayron, l’un des fournisseurs réputés des grandes tables françaises, a livré un témoignage semblable sur sa page Facebook : “Nous avons un petit domaine de quatre hectares où la terre est si pauvre qu’elle produit des légumes au goût très prononcé. Plus de 2 000 chefs nous suivent sur les réseaux sociaux. Nous livrons nos légumes aussi bien à l’Elysée que chez Christophe Bacquié, Juan Arbelaez ou le roi du Maroc. Nous avons eu un redressement de 3000 € car nous offrions des légumes invendables à nos salariés pour accompagner leur repas. Nous avons demandé par écrit à nos contrôleurs comment répartir entre nos employés un radis offert ?” 

Bruno Crayon a finalement eu plus de chance qu'Arnaud Bloquel puisque “le redressement a été annulé.”

En complément :
  Édito du 24 octobre 2019: 14 000 euros pour avoir déjeuné... dans son propre restaurant