×

L'Hôtellerie Restauration et ses partenaires utilisent des «cookies» pour assurer le bon fonctionnement et la sécurité du site, améliorer votre expérience, personnaliser des contenus et publicités en fonction de votre navigation et de votre profil, réaliser des statistiques et mesures d'audiences afin d’évaluer la performance des contenus et publicités, et partager des contenus sur les réseaux sociaux.

Certains de ces cookies sont soumis à votre consentement. Vous pouvez exprimer votre choix de manière globale, ou paramétrer vos préférences par finalité de cookies. Vous pouvez modifier ces choix à tout moment par le lien en bas page.

Accédez à notre politique cookies en cliquant ici




Actualités
Accueil > Actualités > Recettes et techniques

#Coronavirus : contaminé, comment m'alimenter ?

Recettes et techniques - jeudi 2 avril 2020 10:35
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question
Ajouter un commentaire
Partager :      

Emilie FELIX, fondatrice de WAYO, académie culinaire de diététique et cuisine japonaise, propose des régimes alimentaires adaptés en s'inspirant des traditions sino-japonaises.



Lorsqu’une personne est atteinte du virus et que ses poumons sont attaqués, on changera radicalement son alimentation. La cuisine du vivant recommandée en prévention (voir L’Hôtellerie Restauration du 26 mars 2020), ne peut donc plus être pratiquée en l’état. C’est trop tard et cela pourrait même aggraver les choses. Emilie FELIX, fondatrice de WAYO, académie culinaire de diététique et cuisine japonaise, propose des régimes alimentaires adaptés en s’inspirant des traditions sino-japonaises.

On verra, en cas de grippe, le plus souvent se succéder deux phases. Une première phase liée au froid interne et une deuxième phase liée à la chaleur interne.

Les symptômes de la première phase (froid interne), dite grippe YIN sont les suivants :

  • toux,
  • maux de tête modérés et douleurs ou courbatures (dans le dos ou la nuque notamment),
  • rhumes avec écoulements clairs du nez, crainte du froid avec fièvre légère.

Les signes annonciateurs de la deuxième phase (chaleur interne), dite grippe YANG sont les suivants :

  • toux,
  • fièvre élevée (39-40°),
  • transpiration,
  • soif,
  • visage et gorge rouges,
  • nez avec écoulement de mucus jaune,
  • violentes céphalées,
  • respiration rapide,
  • gorge douloureuse.

On ne se nourrira pas de la même manière durant ces deux phases. Dans la première phase (froid interne), on cherchera à dissiper le froid et on apportera de la chaleur. C’est le principe de l’équilibre Yin – Yang : des forces complémentaires et opposées. Pour trouver l’harmonie, il va falloir compenser les excès de l’un par l’autre. Quand j’ai des frissons, je cherche donc des ingrédients de nature chaude. Précisons que la nature n’a rien à voir avec la température de service. Par exemple, la menthe est de nature fraiche car elle a un pouvoir rafraichissant sur le corps, même consommée dans un thé chaud.

Quelle que soit la phase dans laquelle la personne se trouve, les aliments de nature neutre (ni réchauffant, ni refroidissant) et de saveur douce seront appréciés, comme le riz et ce de préférence sous forme de gruau (voir la recette du gruau de riz - Okayu). La diète liquide à base de soupes et d’infusions permet au système digestif de se reposer. Il laisse ainsi l’organisme se battre contre le virus plutôt que de le solliciter pour la digestion.

ALIMENTATION PENDANT LA PHASE 1 (froid interne)

A éviter :

  • les nourritures crues,
  • trop froides (la plupart des agrumes…),
  • trop grasses (canard, oie, porc, mouton),
  • trop lourdes et sucrées,
  • les produits laitiers,
  • les sodas,
  • le vinaigre.

A privilégier (les aliments légers faciles à digérer et à assimiler) :

  • soupes miso,
  • gruau de riz (voir la recette du gruau de riz - Okayu),
  • potages de légumes épicés (gingembre, ail, oignon)
  • potages de radis blanc parsemés de ciboulette ou de cébette,
  • le piquant frais (liliacées comme l’ail, l’oignon, l’échalote, le poireau, la ciboulette, l’asperge…) aidera à évacuer les glaires,
  • le piquant chaud (épices comme le gingembre sec, la coriandre, la moutarde…) stimulera l’énergie du poumon et fera circuler. La ciboulette, en infusion ou dans vos plats, est réputée chasser le froid, faire transpirer et faire circuler l’énergie,
  • le gingembre frais (vous pouvez même en prendre dans votre bain, en vous frictionnant la peau avec une boule de gingembre râpé),
  • les infusions de romarin, thym, thym et gingembre (1 cc/tasse du mélange).

Si vous avez de la toux :

  • le kumquat (voir la recette des Kumquats confits),
  • les dattes qui agissent autant contre les affections des poumons que de la gorge. En diététique chinoise on l’associe souvent au raisin sec, au jujube et à la figue. Nommés les «4 fruits pectoraux», ils sont alors assemblés à quantités égales puis bouillis pendant ½ heure à feu doux. Le sirop obtenu, filtré au chinois, donne un excellent décongestionnant des bronches.
  • l’ail est aussi un antitussif qui tue les parasites Pour être efficace cependant, il ne doit pas être cuit trop longtemps. Il a, comme les dattes et le kumquat, ce qu’on appelle en diététique traditionnelle un « tropisme » poumon. Le tropisme est la destination privilégiée d’un ingrédient vers les méridiens du corps énergétique. Les pouvoirs nutritionnels des aliments au tropisme poumon s’adressent donc en particulier à cet organe. La médecine chinoise n’est toutefois pas la seule médecine holistique à préconiser l’ail en cas de grippe. Selon l’Ayurveda, science de la vie indienne qui précède de 2000 ans la médecine chinoise, on propose notamment cette recette.

Recette ayurvédique (que je tiens de Lucile BURDIN) :

Faire macérer une tête d’ail épluchée en entier dans un litre d’huile une nuit dans un endroit sec et à l’abri de la lumière puis conserver au réfrigérateur. L’huile a la faculté de prendre les propriétés de l’ingrédient avec lequel elle est en contact, elle permet aux qualités antibactériennes de l’ail de se diffuser dans tout le corps et non uniquement dans le seul système digestif.

Si vous avez de la toux sèche (c’est souvent le cas avec le COVID-19)

A éviter :

  • les céréales asséchantes (sarrasin, seigle, épeautre, millet, quinoa, avoine et riz gluant),
  • les cuissons YANG, où le feu et le gras dominent, où l’élément eau n’est pas utilisé (grillé, rôti, sous la cendre, feu de bois, frit, sauté, flambé, plancha, wok…),
  • les épices feu (poivre noir, piment…).

__________________________________________

Dès qu’on commence à avoir chaud, et que l’on montre des signes de chaleur, on entre en PHASE 2. Cela indique bien souvent une aggravation du syndrome précédent. On change donc de régime car il faut désormais clarifier la chaleur en recherchant une alimentation constituée d’aliments de nature neutre à fraiche.

__________________________________________

ALIMENTATION PENDANT LA PHASE 2 (chaleur interne)

A éviter :

  • les produits animaux échauffants (mouton, poulet, coq… même en cuisson longue dans un bouillon),
  • le piquant chaud (donc plus de gingembre, plus d’épices),
  • les graisses à la fois animales et végétales.

A privilégier :

  • le piquant frais (comme la ciboulette, le radis noir, le navet, l’asperge),
  • une alimentation liquide (soupe et gruau…), légère et facile à digérer et à assimiler.

Si la toux sèche persiste en phase 2

  • la compotée de poires au miel, la poire élimine la chaleur et dissipe les glaires, le miel calme l’esprit et humidifie le poumon.

Recette de poires au miel : Couper la poire en lamelle ou en petits morceaux. Faire pocher avec du miel pendant 30 minutes environ à feu doux. Consommer une à deux fois par jour.

  • les tisanes, privilégiez cette fois l’origan et la menthe fraiche ou séchée (qui adoucit la gorge, aide à la digestion et neutralise les toxines),
  • le thé aussi peut être consommé surtout en cas de maux de tête,
  • les abricots secs,
  • les kumquats confits (voir recette).

#Coronavirus

Emilie Félix-Getz