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Thierry Grégoire (Umih Saisonniers) : "J'aurais été candidat à la présidence de l'Umih dans le cadre d'un projet commun"

Vie professionnelle - vendredi 30 septembre 2022 10:13
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Président de la branche des saisonniers au sein de l'Umih pendant treize ans et membre de la commission en charge des négociations sociales depuis huit ans, ce pilier du syndicat a décidé de démissionner de ses fonctions, à la veille des élections confédérales. Explications.



Thierry Grégoire : 'Aujourd'hui, nous perdons énormément de temps à parler à plusieurs voix.'
Thierry Grégoire : 'Aujourd'hui, nous perdons énormément de temps à parler à plusieurs voix.'

L'Hôtellerie Restauration : La commission en charge des négociations sociales au sein de l'Umih vient d’être dissoute. Dans le même temps, vous annoncez démissionner de votre poste de président de la branche des saisonniers. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

Thierry Grégoire : Le secteur des hôtels-cafés-restaurants (HCR) a des problèmes depuis longtemps. Et on ne sort pas indemne d’une période comme celle que nous venons de traverser avec le Covid. Nous avons été sans arrêt dans la négociation depuis la réouverture et pourtant, nous avons une grosse déperdition de salariés. La dissolution de la commission sociale au sein de l’Umih est intervenue après les négociations liées à la mutuelle de branche. Je ne sais pas comment cela va se passer lors de la prochaine commission mixte paritaire, qui aura lieu le 3 octobre, sachant qu'il va falloir renégocier les salaires [le minimum conventionnel ayant été rattrapé par le Smic, NDLR].

Par ailleurs, je passerai mon mandat de président de la branche des saisonniers à Brest, lors du congrès. Je serai ravi de pouvoir céder ma place à des personnalités engagées comme Laurent Barthélemy. C’est de toute façon une mauvaise habitude de prolonger les mandats ; cela faisait déjà treize ans que j'occupais cette place.

Vous ne vous êtes pas porté candidat à l'élection de la présidence de l'Umih. Pourquoi ?

J'aurais été candidat à la présidence de l'Umih dans le cadre d’un projet commun, avec une seule organisation patronale. Aujourd’hui, nous perdons énormément de temps à parler à plusieurs voix. J'espère que cela ne va pas finir en pugilat. Je conserve néanmoins mes autres mandats, notamment au sein de la CPME, de l’OCIRP [union d'organismes de prévoyance, NDLR] et d’administrateur au sein de Malakoff Humanis. Ce sont des rôles qui me permettent de traiter des enjeux de société importants comme la sécurisation des parcours professionnels, comment on assure une bonne formation, avec une bonne protection sociale pour bénéficier ensuite de la retraite.

 

Au sein de la commission mixte paritaire, vous avez acté, avec les autres partenaires, l’augmentation des salaires. Pourquoi existe-t-il encore de gros problèmes d’employabilité dans le secteur ?

Nous avons augmenté les salaires, mais ce n’est plus l’enjeu numéro 1. Depuis de nombreuses années, nous manquons de salariés. Mais là, c’est pire. Les mentalités ont changé, et c’est irréversible. Nous sommes dans l’obligation de trouver des solutions. 90 % des entreprises de notre branche sont des très petites entreprises (TPE). Donc il faut leur donner les outils et un cadre, même si la liberté salariale doit demeurer. Il faut redonner de l’attractivité en travaillant sur les coupures, la mobilité, le logement... Chacun doit balayer devant sa porte. 

 

Justement, au sein de vos établissements, qu’avez-vous mis en place ?

Nous allons tester sur l’un des cinq établissements dont je suis PDG un accord avec la semaine de quatre jours. Nous travaillons également à la mise en place d’un accord d’intéressement et/ou de participation. Enfin, nous avons acquis depuis mars 2021 une résidence pour saisonniers avec 40 appartements.

 

Le désaccord sur la mutuelle est-il une bonne chose pour les salariés ?

Je suis convaincu que très peu d’entreprise vont quitter notre régime. Si on accompagne autant les entreprises, c’est grâce à la solidarité. Pour le moment, les deux offres sont celles de courtiers, or un courtier n’est pas une assurance. J’attends de voir qui propose ces tarifs - qui par ailleurs ne valent que pour une ou deux années. Il est évident que leurs tarifs augmenteront par la suite. Nous avons porté un accord responsable. On n’a pas voulu augmenter les prix après le Covid, mais là nous y étions obligés. La solidarité suite aux catastrophes naturelles qui ont eu lieu cet été  - feux en Gironde, tempête en Corse -, ça coûte de l’argent. Le taux technique de notre branche est à 43 €. Nous avons rajouté 4 € pour HCR santé, en proposant des avancés sur la prévoyance, la mutualisation.

Quels sont vos principaux reproches à l'encontre du Groupement national des chaînes (GNC) ?

Le GNC n’a pas sa place au sein d’une organisation patronale comme l’Umih. C’est une anomalie. En revanche, la création d’une branche des franchisés me paraît indispensable. L’Association des franchisés Accor (AFA), par exemple, aurait toute sa place. Aujourd’hui, le GNC a le droit de prendre part aux votes au sein de l’Umih, alors qu’il n’y a pas de réciprocité. C’est l’une des premières aberrations. S’ils étaient cohérents, ils ne voteraient pas aux prochaines élections de l’Umih.

Maintenant que vous vous retirez de vos fonctions, allez-vous continuer à payer votre cotisation à l'Umih ?

Je ferai comme beaucoup, c’est-à-dire cotiser au sein de l’Umih et du GNI.

 

#Umih #ThierryGregoire


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