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Philippe Monnin (groupe Millésime) : "Mon banquier m'a tué !"

Vie professionnelle - vendredi 17 avril 2020 11:05
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La Baule (44) Confronté au refus incompréhensible d'un établissement bancaire à qui il demandait un PGE, l'hôtelier redoute que certains de ses confrères puissent être victimes, au pire moment, de ce type de comportement.



La Palmeraie à la Baule
© Millésime
La Palmeraie à la Baule


Philippe Monnin
, cofondateur avec Alexandra Patek, du groupe hôtelier Millésime, travaille avec une demi-douzaine d’organismes de crédits. En cette période de crise aigüe, tous les banquiers soutiennent la baisse d’activité du groupe provoquée par le Covid-19. Tous, sauf un , dénonce l'hôtelier : “Il ne s’agit pas de l’initiative d’une seule personne puisque mon cas est remonté jusqu’à la direction régionale. Les refus s’expriment à tous les échelons, ce qui témoigne d’un procédé de fonctionnement, d’une volonté de ne pas participer au sauvetage des entreprises mises en difficulté par la crise sanitaire. J’ai reçu une lettre de la direction de cette banque qui, dans sa simple rhétorique, était choquante voire méprisante”, bougonne Philippe Monnin, plutôt d’humeur truculente habituellement.

Ainsi, le risque ne serait-il plus la moralisation du profit dans certains établissements bancaires ? “Le risque ! Quel risque ? Dans mon cas, il est nul. L’État a accordé 300 milliards d’euros pour soutenir la trésorerie des entreprises. À charge pour les organismes bancaires de délivrer ces PGE [prêts garantis par l’État, NDLR] cautionnés à hauteur de 90 % par l’administration. Les 10 % restant sont largement couvert par la valeur des murs de notre établissement et la taille du groupe Millésime. Ce prêt est destiné à notre affaire de La Baule. La Palmeraie est un hôtel de 9 chambres qui n’est certes pas l’affaire la plus rentable du groupe, mais que nous parvenions à relancer avant que la crise sanitaire s’abatte sur une saison prometteuse. Les conditions d’obtention du PGE nous permettaient d’emprunter jusqu’à 25 % du CA réalisé l’année précédente à la Palmeraie soit 150 000 €. Nous n’en demandions d’ailleurs pas autant, mais de là à nous refuser, par écrit, le moindre euro de crédit et même, en plus, le moindre découvert, cela me sidère. Ce dogmatisme bancaire met en danger l’existence même de la Palmeraie et s’oppose à la doctrine du Gouvernement. Cela doit se savoir”, s’indigne l’entrepreneur. Celui-ci a par ailleurs levé sans difficulté, auprès des autres banques, les fonds nécessaires pour les autres affaires qui composent le portefeuille d’hôtels et de restaurants du groupe, “et pour des montants bien supérieurs”, précise-t-il. 

 

Les autres demandes de crédit acceptées

Nos banquiers furent de vrais partenaires au point de nous faciliter l’obtention des crédits, avec des dossiers rapides et simplifiés. On sentait chez eux l’envie sincère de nous soutenir, de participer au sauvetage. Sauf à La Baule ! Même les Urssaf, réputés peu conciliants, ont été remarquables. Les aides de l’État sont d’un niveau jamais vu, à condition que tous jouent le jeu. Pour La Baule, j’engage la responsabilité de notre banque défaillante devant le médiateur du crédit”, ajoute Philippe Monnin.

Au-delà de son expérience malheureuse, l’hôtelier envisage que l’établissement bancaire qui refuse son assistance puisse avoir une action délétère pour le secteur dans son ensemble. “Au regard des indignations inspirées par des refus de crédits qui foisonnent sur les réseaux sociaux, c’est toujours la même banque qui semble pointée du doigt. Peut-être faudrait-il créer un hashtag #denoncetonbanquier  pour faire émerger le scandale?” , tempête le patron du groupe Millésime, qui voudrait poser cette question à ses confrères : “Suis-je donc le seul ?”

#PhilippeMonnin #GroupeMillesime #Coronavirus 


Francois Pont
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