Actualités
Accueil > Actualités > Vie professionnelle

Pré-enseignes : quand la mobilisation paie

Vie professionnelle - mercredi 3 octobre 2018 11:36
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question / Ajouter un commentaire Partager :

Badefols-sur-Dordogne (24) Les hôteliers et les restaurateurs ont tremblé lorsque le Gouvernement a annoncé qu'il comptait bien supprimer les pré-enseignes en zone rurale. Mis au pied du mur, Philippe Poisier, à la tête de l'hôtel-restaurant Côté Rivage, implanté en zone rurale, s'est battu pour obtenir gain de cause.



Caché en bord de Dordogne, l'hôtel-restaurant de Philippe Poisier devient invisible si l'on supprime les pré-enseignes.
© Anne Letouzé
Caché en bord de Dordogne, l'hôtel-restaurant de Philippe Poisier devient invisible si l'on supprime les pré-enseignes.

Lorsqu'il reçoit un courrier de la préfecture en début d'année, Philippe Poisier n'en revient pas. Hôtelier-restaurateur dans un petit village de 200 habitants, Badefols-sur-Dordogne (Dordogne), il se voit intimer l'ordre de retirer les pré-enseignes qui conduisent les clients jusque chez lui. Sans elles, il est invisible car son établissement est situé dans une cuvette bordée par la Dordogne. C'est d'ailleurs ce qui fait son charme. Il commence par enlever quatre panneaux : ladite lettre promet une amende de 250 € par jour et par panneau si la loi n'est pas appliquée. Plutôt dissuasif.

Un reportage sur France 3 Nouvelle-Aquitaine

En attendant le courrier de mise en demeure, le restaurateur multiplie les actions pour que ce volet de la loi Elan soit supprimé : il en va de la survie de son établissement. Il lance, via son compte Facebook, une pétition qui recueille quelque 850 signatures – dont celles de restaurateurs qui sont touchés comme lui par la mesure gouvernementale. Il contacte France 3 Nouvelle-Aquitaine qui vient réaliser un reportage chez lui. "Le passage de la télévision a fait beaucoup, reconnaît-il. Cela a permis d'intéresser les gens à ce qui nous arrivait."

En plus de cela, il enchaîne les coups de fils et les courriers à la préfecture où il fait parvenir la pétition. En parallèle, la radio France Bleu Périgord, très écoutée dans le coin, se penche sur le problème des pré-enseignes. Courant juin, un employé de la préfecture fait le déplacement, constatant sur place à quel point la suppression de ces pré-enseignes mettrait l'hôtel-restaurant en danger. Pourtant son verdict est sans appel. "Il m'a dit qu'il n'y aurait pas de dérogation malgré ma situation, car si la préfecture me donnait une dérogation, il faudrait en donner à tout le monde !". La déception est immense, à la hauteur de ce qui se joue. "Les pré-enseignes sont essentielles pour moi : le midi, 80% de ma clientèle vient chez moi parce qu'elle voit les panneaux."

Une de ses connaissances a plaidé sa cause auprès des sénateurs. L'été passe. Aucune lettre de mise en demeure n'arrivant chez lui, Philippe Poisier apprend que l'amendement du député (Modem) du Loiret Richard Ramos voté par les députés le 12 juin, qui autorise de nouveau les pré-enseignes dérogatoires pour les restaurants aux abords des centres-villes et des centres-bourgs, s'applique à son cas. Il respire enfin. "J'ai tapé à toutes les portes pour faire réagir." Et sa mobilisation a fini par porter ses fruits.

Anne Letouzé

Côté Rivage
24150 Badefols-sur-Dordogne
http://www.cote-dordogne.com/
Tél. : 05 53 23 65 00