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Élection présidentielle : quelle place pour le tourisme ? Le point de vue de Frédéric Lefebvre, secrétaire d'État au Tourisme (UMP)

Vie professionnelle - mercredi 21 mars 2012 16:29
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La profession pose le tourisme comme enjeu majeur dans l'économie du pays et elle attend de pied ferme le futur président de la République. Quelle écoute lui accorde-t-on cependant ? Comment est-elle perçue par les deux grandes familles politiques françaises ? Le point de vue de Frédéric Lefebvre, secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme, des Services, des Professions libérales et de la Consommation.





L'Hôtellerie Restauration : Quelle est la place du tourisme aujourd'hui dans le projet du candidat Nicolas Sarkozy ?
Frédéric Lefebvre : Le tourisme est une activité essentielle pour la France avec des dépenses touristiques représentant 7,1 % de notre PIB, 235 000 entreprises et 2 millions d'emplois directs et indirects, comme l'a rappelé le Président lors de la table ronde consacrée au développement des activités touristiques le 27 juillet dernier au Cap d'Agde. Le développement et le soutien des opérateurs du tourisme, principalement des TPE et PME, représentent bien entendu une priorité du programme de Nicolas Sarkozy. L'enjeu dépasse le seul secteur du tourisme, en raison de son importance sur de nombreuses autres activités comme le commerce, l'artisanat, les produits agricoles et des retombées pour nos territoires, qu'il nous faut développer. Le tourisme porte aussi l'image de la France auprès des étrangers.

La profession réclame pour le tourisme un ministère plein. Vous qui êtes en charge de ce secteur, qu'en pensez-vous ?
Tout dépend de ce que l'on entend par là. Je pense en tout cas qu'un portefeuille large, intégrant le développement des PME, le commerce et l'artisanat, et de surcroît implanté à Bercy, tour de contrôle économique du pays, est un atout pour le tourisme par rapport à un ministère isolé, comme on en a connu dans le passé. Cette position permet de défendre les spécificités des entreprises du tourisme dans la stratégie résolue de développement économique menée par le Gouvernement et, surtout, elle permet de faire converger les mondes interdépendants de l'artisanat, du commerce, de la gastronomie et du tourisme.

Comment voyez-vous l'avenir du tourisme en France ?
La France dispose de sites naturels, historiques et culturels connus dans le monde entier, ce qui nous permet d'être numéro un, de loin, pour les arrivées de touristes étrangers. Mais nous ne sommes que troisièmes en termes de recettes. Deux stratégies sont essentielles pour accroître les recettes touristiques : évelopper la qualité de l'accueil et de notre offre touristique, les excellents résultats de fréquentation des hôtels et campings haut de gamme en 2011 en sont une claire démonstration. Et valoriser l'ensemble des atouts de notre pays, notamment le patrimoine vivant. C'est pour cette raison que j'ai voulu la création d'espaces 'Rendez-vous en France', promouvant la France à l'étranger au travers de la diversité et de la richesse de notre art de vivre, de nos produits et savoir-faire.

La profession reste dans l'incertitude fiscale. Est-ce normal ?
Depuis cinq ans, le Gouvernement a agi pour alléger les charges pesant sur les entreprises et notamment les TPE, qui constituent une grande partie des entreprises du secteur : la taxe professionnelle a été supprimée, une mesure qui permet aux collectivités territoriales de réduire la CFE de 50 % pour les entreprises ayant un faible taux d'activité vient d'être adoptée. Depuis 2009, un taux de TVA réduit est appliqué aux activités de la restauration. Les professionnels de la restauration, qui doivent régulièrement envisager des investissements, ont besoin de stabilité fiscale pour établir leur budget. Le programme de Nicolas Sarkozy ne fait pas peser d'incertitudes sur le taux réduit applicable au secteur.

Le maillage de la ruralité passe par le maintien des petits cafés, hôtels et restaurants indépendants. Or, beaucoup disparaissent. On en connaît les raisons : législation de plus en plus contraignante, investissements impossibles à réaliser, difficultés à trouver des repreneurs… Quel est votre sentiment ?
Les cafés, hôtels, restaurants sont des lieux essentiels d'animation, d'attractivité et de maintien du lien social sur l'ensemble de nos territoires. C'est parce que plus de 3 500 petits hôtels étaient menacés par des normes de sécurité peu adaptées à leur situation que j'ai défini, en concertation avec le ministre de l'Intérieur, a un nouveau dispositif qui sauvera de nombreux petits hôtels. De plus, en recentrant le FISAC [Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce, NDLR] sur des projets de proximité, nous avons pu, avec les élus locaux qui s'engagent, donner une nouvelle dynamique à de nombreux établissements en difficultés en diversifiant leurs activités.

La profession estime que la France légifère sur beaucoup trop choses. Partagez-vous cet avis ?
Les professionnels que je rencontre lors de mes trois déplacements hebdomadaires le savent bien : plus que la loi et le règlement, je suis adepte des solutions pragmatiques, issues des rencontres de terrain. C'est l'esprit du contrat d'avenir, dont j'ai signé un avenant le 28 avril 2011 qui détermine la feuille de route de la modernisation de la profession par des engagements volontaires. La création de plus de 50 000 emplois dans le secteur depuis 2009 nous en prouve l'efficacité. C'est aussi le sens de la simplification et de la réduction de la paperasse que j'ai engagée. Mais sur certains sujets, la loi est incontournable.

Vous venez de présider les assises de l'artisanat. L'hôtellerie et la restauration sont proches de ce secteur. Comme lui, ils contribuent au développement économique des territoires. Comme lui, ils ont souvent la sensation de ne pas être 'écoutés'… Êtes-vous d'accord ?
Tous ces professionnels sont ceux qui ont façonné l'image d'une France des savoir-faire d'excellence enviée dans le monde entier : métiers de bouche, restaurateurs, professionnels de l'hôtellerie sont nos meilleurs ambassadeurs. Ils ont la même culture de l'effort, le goût de la proximité, l'amour du travail, la passion de l'innovation. C'est parce que tous ces métiers sont proches et ont la sensation de ne pas être écoutés que je les ai réunis dans un même événement qui donne à voir tous leurs talents : la Fête de la gastronomie. Cela a été une première réussite qui sera poursuivie le 22 septembre prochain, pour valoriser la profession justement.

Comment résumeriez-vous ce secteur de l'hôtellerie et de la restauration ?
Depuis mon entrée au Gouvernement, la diversité des déplacements que j'ai pu faire vers ces battants aux talents multiples que j'ai pu rencontrer, m'ont convaincu d'un dénominateur commun du secteur : la passion.
Propos recueillis par Sylvie Soubes

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