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Retour d'expérience : renouveler l'Écolabel, un parcours du combattant

Hôtellerie - lundi 15 janvier 2018 09:43
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Franck Laval, patron du Solar Hôtel à Paris, se dit perplexe face à la complexité de la procédure. Nadine Witczak, directrice de l'Amiral à Nantes, manque de temps pour préparer le dossier. Ils racontent.



L'Écolabel européen, c'est une sorte de Graal pour Franck Laval, à la tête du Solar Hôtel à Paris (2 étoiles), comme pour Nadine Witczak, directrice de l'hôtel Amiral à Nantes (3 étoiles).

"En faisant le bilan carbone de mon hôtel en 2009, j'ai eu les clés pour réduire mes consommations d'eau et d'énergie. J'ai ensuite postulé pour décrocher le label Clef verte, puis l'Écolabel. C'est plus facile dans ce sens", raconte Franck Laval, labellisé en 2010. Avis partagé par Nadine Witczak : "Dès 2005, nous avons commencé à économiser l'eau, utiliser des ampoules basse consommation, proposer aux clients de ne pas changer le linge de toilette tous les jours… En 2008, nous avons obtenu le label Clef verte, puis, après la rénovation des salles de bains et de la totalité des 49 chambres de l'hôtel, nous avons présenté le dossier pour obtenir l'Écolabel en 2011", détaille l'hôtelière nantaise. Nadine Witczak et Franck Laval ont pu apposer le logo du précieux label européen sur la vitrine de leur établissement.


"Je n'ai pas le temps de me poser pour remplir le dossier"

"En 2010, j'avais obtenu une aide de l'Ademe pour le bilan carbone", se souvient Franck Laval. "Ma chance, en 2010, c'était d'avoir une équipe stable et donc pas de souci de recrutement. J'ai alors pu trouver le temps de bâtir le dossier pour l'Écolabel", souligne Nadine Witczak. Mais ce label ne s'obtient pas à vie, il faut le renouveler. "Tous les deux ans", précise le patron du Solar Hôtel, qui en est à son troisième renouvellement. Avec un cru 2017 qu'il trouve "très bureaucratique" : "Ils ont changé tous les critères et leur nombre a augmenté. Rien que dans le dernier e-mail que j'ai envoyé à ce sujet, j'ai inséré douze pièces jointes…"

"Actuellement, je suis confrontée à du turn-over sur certains postes. Je n'ai pas le temps de me poser pour remplir le dossier du renouvellement", reconnaît Nadine Witczak qui doit soumettre son dossier avant septembre 2018, date de l'audit. "Un audit qui dure une journée", souligne Franck Laval. Le sien était fixé au 22 décembre 2017 : "Ce jour-là, ils épluchent tout : factures, signalétique, gestion des déchets…" Au départ, le dossier de renouvellement lui paraissait tellement complexe qu'il a cherché à déléguer : "J'ai appelé un bureau d'études qui m'a demandé 2 300 € pour trois jours pleins de travail. Et c'était un prix d'ami…" Franck Laval a opté pour une seule journée de travail du bureau d'études et demandé à ce que l'une de ses salariés soit formée pour poursuivre la constitution du dossier : "Il lui a fallu deux semaines à plein temps."


"Une carotte fiscale serait utile"

"Quand j'ai été labellisé en 2010, nous étions 300 en France à avoir l'Écolabel. Aujourd'hui, nous sommes environ 350… Le nombre n'a quasiment pas bougé. Et la complexité de la procédure d'obtention du label n'y est sûrement pas pour rien", constate l'hôtelier du XIVe arrondissement. Nadine Witczak, quant à elle, appelle la préparation de son renouvellement de label : "Mon combat en 2018.

"En plus, pour être renouvelé, il faut payer : 2 400 € pour un hôtel de 34 chambres à Paris, précise Franck Laval. Franchement, sans aide financière, il faut être motivé." Lui, il l'est, "même si ce label, méconnu du grand public, ne rapporte pas de clients en plus". Dans un tel contexte, le patron du Solar Hôtel ne serait pas contre "une carotte fiscale" : "Elle serait utile pour inciter à décrocher l'Écolabel. D'autant qu'un hôtel labellisé rend service à la collectivité, car il est source d'économies." Reste que sa proposition d'exonération de taxe de séjour sur les hôtels écolabellisés n'a pas retenu l'attention du conseil de Paris en novembre dernier. Elle datait de… 2012 et "nous ne sommes qu'une dizaine d'hôtels écolabellisés au sein de la capitale".

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Anne Eveillard