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Exploitants de plage de la Côte d'Azur : entre attente et crainte d'un été compromis

Vie professionnelle - mercredi 29 avril 2020 16:25
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06 - Alpes-Maritimes Avec un littoral qui restera fermé au moins jusqu'au 2 juin, les exploitants de plage craignent la perspective d'une année blanche. Dans l'attente d'une date d'ouverture, la saison s'annonce a minima.



Au-delà de l’impossibilité d’ouvrir, les exploitants de plages de Nice (Alpes-Maritimes) font face à une situation particulièrement difficile du fait du renouvellement des concessions intervenu cet hiver, entraînant de gros investissements. “Le cahier des charges a imposé des investissements qui vont de 500 000 € à 1,5 M€, explique René Colomban, gérant de la plage Blue Beach. C’est un coût énorme qui est tombé la mauvaise année.”

Les plagistes peuvent toutefois compter sur le soutien de la mairie qui a d’ores et déjà exonéré les redevances pour six mois. “On a également demandé de revenir, pour cette année, aux mesures d’avant le décret plage pour nous permettre de laisser une distance entre les matelas sans diminuer de 50 % leur nombre. Cette mesure ne coûterait rien aux contribuables ni à la collectivité mais permettrait de sauver des emplois et nos entreprises”, ajoute-t-il.

 

À Nice, les plages représentent 500 emplois

Aujourd’hui, les 14 employés en CDI du Blue Beach sont au chômage partiel. Alors qu’au plus fort de l’été, René Colomban emploie 35 salariés, cette année, il fonctionnera, à regret, avec une équipe réduite. “On a l’espoir de rouvrir mais on ne sait pas quand. Si on n’ouvre qu’en juillet, ça va être catastrophique. Mai est un mois important pour nous, on perd une grosse partie de notre chiffre en ce moment qu’on ne pourra pas rattraper en hiver. On pourra peut être compter sur la clientèle française mais on n’aura pas la clientèle étrangère. Moins de quatre mois pour faire notre année, malgré les aides, ça ne sera pas suffisant.”

 

“Ouvrir... mais comment et avec quels clients ?”

Alain Palamiti, gérant de la plage Les Pirates à Juan-les-Pins, est lui bien plus pessimiste. “Aujourd’hui, on ne sait pas, il faut attendre. Mais j’ai bien peur que l’accès au sable reste fermé ou très contrôlé. J’imagine mal que les plages soient ouvertes comme un espace public normal.”

Pour l’heure, la mairie d’Antibes-Juan-les-Pins soutient ses plagistes, en ayant annulé les redevances du domaine public pour l’année 2020. “On s’interroge sur la réouverture mais aurons-nous seulement des clients ? Je pense que les gens vont avoir peur. Ouvrir, c’est facile mais si c’est pour perdre de l’argent... Il y a aujourd’hui trop de questions sur les règles sanitaire et sur la distanciation sociale, pour nos clients et nos salariés,. On pourra se projeter quand on aura un cahier des charges avec les conditions de sécurité à déployer. ” Alain Palamiti sait déjà que, s’il ouvre, ce ne sera qu’avec un tiers de ses salariés.

Si les plages ont l’avantage d’être en plein air, ce qui donne un espoir à René Colomban, elles ont aussi l’inconvénient d’être en bord de mer : comment en faire un espace sécurisé quand on connaît les taux de fréquentation durant l’été sur la Côte d’Azur ? Des questionnements et une attente angoissante qui assombrissent, pour les plagistes, la perspective d’une saison estivale.

 

#Plages #Coronavirus #Nice #Antibes #JuanLesPins


Marie Tabacchi
Journal & Magazine
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