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Pour maintenir l'emploi et les entreprises, Didier Chenet réclame un rééchelonnement des prêts en cours

Vie professionnelle - jeudi 29 septembre 2016 18:30
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Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants, fait le point sur l'année et l'activité à quelques jours du congrès national, qui se déroulera à Orvault, près de Nantes, les 10 et 11 octobre.



Didier Chenet.
Didier Chenet.

Quelle est votre analyse de l'activité ?

En février, on sentait une légère reprise à Paris, mais les attentats de Bruxelles ont plombé l'activité. Pour beaucoup d'étrangers, Bruxelles, c'est la banlieue de Paris. Et même si Paris n'est pas la France, c'est avec l'Ile de France 50% du business. Toutes les grèves et les images de saccages qui passaient en boucle au printemps ont été catastrophiques. Sans parler des inondations. Heureusement, l'Euro a eu des effets positifs. Ensuite, il y a eu la tragédie de Nice qui a eu des répercussions immédiates sur la Côte d'Azur. Beaucoup d'étrangers ont préféré repartir ou annuler leur séjour. A Nice, les taux d'occupation des hôtels n'ont jamais été aussi bas en août. On était en dessous des 50%. En juillet et en août, le littoral Atlantique a tiré son épingle du jeu. Il y a eu du monde en Normandie parce qu'il a fait beau mais ce n'est pas une saison extraordinaire. Contrairement à Paris, des villes comme Bordeaux ou Lyon s'en sont sorties. Le problème crucial, c'est la trésorerie. Même quand vous avez un crédit à faible taux, il faut rembourser le capital. Et quand l'activité plonge, ce qui est le cas, l'entreprise ne suit plus.

Ce qui a été mis en place pour soutenir les entreprises a-t-il fonctionné ?

La BPI a reporté les échéances de prêts (intérêts et capital) d'abord pour l'hôtellerie, ensuite pour la restauration. Ca a démarré en janvier et c'était prévu pour une période de six mois. La mesure a été reconduite oralement pour encore six mois. Certaines banques, et au cas par cas, ont accepté de le faire mais rien ne les y obligeait. L'instauration d'un seul interlocuteur dans les zones et régions touchées par les catastrophes pour gérer l'ensemble des échéances sociales a été efficace. Aujourd'hui, il faut que toutes les crédits dont la BPI est venue en appui puissent être renégociés. Il ne s'agit pas de pleurer sur l'avenir mais de faire preuve de bon sens. L'activité a considérablement souffert. A partir de janvier, un rééchelonnement des crédits, sur 7 ou 8 ans par exemple, donnerait la visibilité nécessaire. Qu'est-ce que l'Etat veut ? Des milliers de petites entreprises qui ferment et mettent leur personnel au chômage ou le maintien du tissu économique qu'elles représentent ? Les chiffres de l'emploi publiés fin septembre sont mauvais. La ministre de l'emploi a reconnu que le secteur du tourisme a été sérieusement affecté par tout ce qui s'est passé. Nous réclamons des solutions pérennes pour le CHR qui est désormais en crise. Et la priorité, c'est la préservation de l'emploi. Nous avons déposé des propositions applicables et dont les effets seraient immédiats.

Lesquelles ?

Outre le rééchelonnement des prêts, un moratoire sur les charges Urssaf de 15% ; je vous rappelle que certains professionnels ne parviennent pas à bénéficier du CICE de façon anticipée. Une exonération totale des charges sociales pour les contrats d'apprentissage et d'alternance. Une réduction de la contribution foncière des entreprises (CFE, voire une exonération pour celles dont l'activité enregistre un résultat négatif. Une exonération des droits de mutation et de succession en cas d'engagement à investir dans la modernisation de l'établissement à concurrence des dits droits.

Qu'attendez-vous dans les prochaines semaines ?

Que les textes d'application de la Loi Lemaire (Loi numérique) soient publiés rapidement. Une partie doit l'être en décembre mais d'autres vont devoir être approuvés par la CNILL, ce qui va retarder d'au moins trois mois leur application. Nous réclamons aussi le respect de la clause de parité tarifaire prévu par la Loi Macron. Nous sommes  en discussion avec tous les professionnels concernés par la Loi Montagne : si des avantages fiscaux pour la rénovation des résidences de tourisme et des meublés touristiques sont octroyés, l'hébergement hôtelier doit lui aussi bénéficier de cette mesure. L'Etat a dégagé 10 millions d'euros pour la promotion de la France, c'est un effort très important qui montre la prise de conscience du problème au plus haut sommet de l'Etat. Maintenant, il va falloir être pertinent. Si ça ne fonctionne pas avec les pays ciblés, il faudra oser modifier le cap et très vite. Ne pas attendre. 

Dans quel esprit abordez-vous ce congrès 2016 ?


Les adhérents attendent de nous du soutien. Le secteur est en grand danger : on doit être sur tous les fronts, sur le court et le moyen terme. Sauver nos petites entreprises, c'est sauver l'emploi de proximité. Nous nous battons pour éviter une multitude de petits plans sociaux qui serait un vrai désastre pour l'ensemble du territoire. Aujourd'hui, de grandes maisons sont amenées à licencier. C'est nouveau et c'est indicateur qui doit être pris très au sérieux. Quant au GNI, c'est une jeune organisation, qui regroupe, le Synhorcat, la Fagiht et le Grand Ouest (Appih). Les choses se mettent en place progressivement, ça demande du temps, de l'ouverture, la connaissance des autres. Même si nous faisons le même métier, les problèmes et les entreprises diffèrent d'une zone géographique à l'autre. Une certitude : le GNI se présentera en bon ordre pour la représentativité.


Sylvie Soubes
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