Actualités
Accueil > Actualités > Restauration

#Coronavirus : le traçage des clients sera-t-il lancé dans les restaurants et les bars ?

Restauration - mardi 18 août 2020 10:35
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question / Ajouter un commentaire Partager :

Noter les coordonnées des clients ainsi que le jour et l'heure de leur passage afin de tracer les cas contacts si un client ou un salarié s'avère positif à la covid-19, une idée qui fait son chemin en France.



Demander au client de remplir une fiche avec son nom et son téléphone ou un mail, une nouvelle tache au moment de l'accueil ?
© GettyImages
Demander au client de remplir une fiche avec son nom et son téléphone ou un mail, une nouvelle tache au moment de l'accueil ?

En mai dernier, lors de la réouverture des restaurants, les Allemands ont mis en place immédiatement un système de fiches à remplir par les clients. Souvent, seulement un client par table notait nom, prénom, téléphone ou mail sur une feuille datée. La Suisse, la Belgique, la Grande-Bretagne ont suivi cet exemple, chacune à son rythme. Les établissements s’engagent à détruire les fiches ou listings dans un délai de 3 à 4 semaines. Dans ce laps de temps, si un client se découvre positif au virus (symptômes ou pas), il doit prévenir le restaurant qui peut ainsi alerter les convives présents le même jour ou ce sont les administrations médicales, qui, sur renseignement du malade, remontent la piste. Ainsi, les clients potentiellement contaminés doivent se faire tester et se confiner. Briser les chaînes de contamination sont une priorité pour endiguer la covid-19.

La France n’a pas franchi le pas. Mais la Mairie de Paris a lancé quelques ballons d’essai. « Ça a un intérêt sanitaire, ça a un intérêt économique, et ça a aussi un intérêt pour chacun de protéger les plus fragiles", plaide Anne Souyris, adjoint à la santé de la mairie de Paris. Sur le coup, l'accueil a été plutôt réservé du côté des professionnels. « Pourquoi toujours stigmatiser les restaurateurs alors que nous respectons les protocoles ? Pourquoi stigmatiser une profession plutôt qu’une autre », lance Hubert Jan, président Umih Restauration. Ceci dit, dans les restaurants, on a souvent les réservations avec les numéros de téléphone. Donc, c’est déjà fait ».

Sur la base du volontariat

« Cela peut être une solution mais seulement sur la base du volontariat, insiste Didier Chenet, président du GNI. En France, sauf atteinte aux libertés individuelles, on ne peut pas obliger quelqu’un à décliner la totalité de son identité lorsqu’il va dans un restaurant ou un bar. Dans la restauration, avec le système de réservation, je ne pense pas que les professionnels rechigneraient. En revanche, dans la limonade et la restauration rapide, à mon avis, c’est ingérable ». « Le problème, c’est plutôt la réaction des clients », ajoute-t-il. Le volontariat de la part des professionnels doit rencontrer le volontariat de la part des clients. Vont-ils accepter ? S’ils refusent et partent chez un concurrent qui lui ne leur imposera pas la fiche de renseignement ? Cette crainte existe. Comme il ne sera pas possible de demander une pièce d’identité, les informations seront-elles fiables ?

En Europe, quelques applications pour smartphones ont été lancées ou le seront, à l’image de la française StopCovid, inaugurée début juin et destinée à vous avertir que vous avez croisé une personne contaminée. Moins de 3 millions de Français ont téléchargé cette application. Il faudrait qu’elle soit massivement utilisée pour être efficace. Alors que l’on redoute une seconde vague, le gouvernement appelle les Français à s’en saisir. C’est encore sur la base du volontariat et sous le contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). StopCovid ou les fiches de contacts enregistrées par les professionnels ? StopCovid ET les fiches de contacts ? L’avenir nous le dira.

#coronavirus #tracage #restaurant #bar #fiches

 


Nadine Lemoine

Michel Guérard – Les Prés d’Eugénie à Eugénie-les-Bains (40)

« A Eugénie, avec notre seconde activité qu’est le thermalisme, on a les pieds dans cette philosophie santé, donc cela ne représente aucun effort pour nous. Cela nous semble normal. Je comprends que pour certains, cela soit compliqué. Il faudrait trouver une formule qui ne décourage pas et qui soit rendue possible pour tous ».

N.L.

 

Adeline Roux : Hotel restaurant l'Incomparable à Tresserve (73)

« Relever l'identité de nos clients ne pose aucun problème. Nous le faisons déjà au moment de la réservation. Bien entendu, il faut respecter le devoir de discrétion. J'ai déjà vécu cela dans les Casinos avec le contrôle d'identité. Je pense que l'essentiel est la façon de le présenter à nos clients.

 

Yoann Conte - La Maison de Yoann Conte à Veyrier-du-Lac (74)

« Je pense qu'il faut relever les identités pour rassurer les clients, aider le métier. Nous sommes dans un pays où la liberté de pensée est un des fondements de notre société. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes déjà tracés avec nos iPhones, nos achats en ligne. Il faut accepter ce nouveau principe pour continuer à exercer ce beau métier. »

F. Tari

 

 

Journal & Magazine
Services