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Une deuxième vie pour le linge d'hôtel

Hôtellerie - jeudi 2 septembre 2021 16:05
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Quelques mois pour les draps et les serviettes, quelques années au mieux pour les couettes : le linge d'hôtel a une durée de vie très courte. Comment allonger ce cycle textile ? Tour d'horizon.



 

Dans l’hôtellerie, le linge est souvent mis au rebut avant même d’être abîmé. Or, le textile est une industrie polluante. “La production et le nettoyage des draps et des serviettes pour l'industrie hôtelière en France génèrent 470 000 tonnes de CO2 chaque année. Ce qui impacte le plus, c’est la fabrication du linge pour moitié, suivie par le nettoyage”, analyse Hubert Vendeville, fondateur de Betterfly Tourism (conseil, formation et logiciel en tourisme durable).

Dès lors, comment limiter les dégâts en allongeant la durée de vie de ces textiles ? L’idée la plus répandue consiste à transformer ces tissus en torchons. “On réutilise le linge de lit troué ou tâché en torchons pour la cuisine. Les serviettes du restaurant sont recyclées en liteau”, glisse Tanguy Corre, à la tête de l’hôtel de luxe L’Hostellerie de la Pointe Saint Mathieu (Finistère). Il est également possible de faire appel à des soldeurs ou des chiffonniers.

 

Environnement et RSE

Antoine Laval, propriétaire de l’Hôtel Nadaud (un deux étoiles situé dans le 20e arrondissement de Paris et labellisé Clé verte), préfère miser sur le social. Il donne ainsi les serviettes et draps en bon état à des associations de personnes en difficulté. Autre option : faire appel à l’antenne d’Emmaüs France, Le Relais. Les hôteliers peuvent déposer gratuitement de petites quantités de linge propre et sec dans les conteneurs de l’association (leur localisation est précisée sur le site www.lerelais.org). Une partie est transformée en chiffons, et l'autre est effilochée afin d'être transformée en isolant. Une valorisation du textile qui permet de créer de l'emploi en insertion.

Emilie Arabyan, codirigeante du groupe Biografy (230 chambres au total), s’est longtemps creusé les méninges sur le sujet. Très à cheval sur le développement durable, elle recycle depuis plusieurs années plastiques et savons, mais le traitement du linge ne lui donnait pas entière satisfaction. “On faisait de la réutilisation en chiffon en interne, on donnait aux salariés, à des associations, ou sinon cela terminait à la poubelle pour les pièces les plus abîmées. Et puis en 2019, j’ai découvert Du Beau Linge qui correspondait exactement à ce qu’on recherchait. La société reprend tout, même les rideaux et les chaussons”, raconte-t-elle.

À travers toute la France, la petite entreprise de Nouvelle Aquitaine récupère en effet le linge d’hôtel, quel que soit son état. “Sur notre site et dans nos boutiques, nous revendons aux particuliers et aux professionnels les plus belles pièces telles quelles. On valorise ce qui peut l’être : on teint le linge s’il est tâché, on brode s’il y a des accrocs, on retaille les draps en taies, les serviettes en lingettes… Tout le linge non utilisable est donné à des associations caritatives : Unicef, Restos du Cœur, foyers sociaux, refuges pour animaux”, détaille Edwige Ciria, fondatrice de Du Beau Linge.

 

Collections éphémères et eco-bedding

Emilie Arabyan se félicite de ce “concept global” qui marie “développement durable, démarche sociétale, économie circulaire et collaborative” : “Du Beau Linge fait travailler des centres de réinsertion de femmes, des Esat, des stagiaires d’écoles de couture, des ateliers de couture locaux afin de maintenir une microéconomie dans un secteur rural.” Du Beau Linge collabore aujourd’hui avec une trentaine d’hôtels et une vingtaine de blanchisseries.

Les mentalités sont en train de beaucoup évoluer. Les hôtels se servent de plus en plus de notre démarche pour leur RSE (responsabilité sociétale des entreprises, NDLR)”, note Edwige Ciria, qui rachète le kilo de linge entre 30 centimes et un euro. “Nous acceptons également les dons, qui sont déductibles des impôts”, précise-t-elle.

Les grands groupes ne sont pas en reste. Chez Marriott, par exemple, la branche britannique a initié dès 2013 une collection éphémère de sacs réalisés à partir de linge recyclé, en partenariat avec la marque de luxe Lily and Lionel pour le design et l’entreprise sociale Sleeping Bags pour la confection.

De leur côté, 80 hôtels Mercure ont adopté ‘l’eco-bedding’. La société Dodo leur fournit des couettes et oreillers fabriqués à partir de bouteilles en plastique recyclées. Après huit mois d’utilisation, Dodo les récupère et les recycle en éléments d'isolation pour le bâtiment ou l'automobile. Un cercle vertueux.

 

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