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Réussite : Serge Trigano, retour sur le parcours d'un visionnaire

Hôtellerie - mardi 25 octobre 2016 12:37
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Paris (75) À 70 ans, l'ancien patron du Club Med continue d'entreprendre et de surprendre. En imaginant l'enseigne Mama Shelter, avec la complicité de ses deux fils, il a réveillé l'hôtellerie française et séduit le groupe Accor.




Au départ, il ne rêvait que du Club Méditerranée, fondé en 1963 par son père, Gilbert Trigano. Il voulait y travailler. C'était son modèle de "bureau idéal". D'ailleurs, en marge de ses études de droit, Serge Trigano va être GO. Puis, une fois diplômé, il devient chef de village avant de prendre la direction de la filiale américaine du Club Med dans les années 1980. Il vit alors à New York : c'est l'une des meilleures périodes de sa vie. 

En 1993, lorsque son père quitte le fauteuil de patron du Club, Serge Trigano reprend le flambeau. Il va rester quatre ans à ce poste, avant d'être poussé vers la sortie. Un coup dur. Pour se relever, il s'appuie sur sa famille, sa garde rapprochée la plus sûre, la plus fidèle. Car même les banques lui tournent le dos. Mais il en faut plus pour anéantir Serge Trigano. Fonceur, frondeur, avant-gardiste, visionnaire, il a des idées et le regard neuf de ses deux fils, Jérémie et Benjamin, pour remonter la pente.

"On a d'abord voulu refaire un resort", raconte Serge Trigano. Histoire de bousculer le Club Med. "Mais, finalement, il n'y avait pas d'intérêt à être dans la revanche", poursuit-il. Et ce d'autant que le designer Philippe Starck était prêt à travailler avec le trio. Restait à trouver le bon projet. 


"Je n'aime pas les lieux clivants"

"On a alors pensé que la façon de voyager allait changer et qu'il y avait un territoire sur lequel tout était à faire, c'était celui des villes", explique l'ex-patron du Club Med. Pas suffisant pour convaincre les banques. Il a fallu quatre années à Serge Trigano avant de faire comprendre à des financiers qu'un hôtel de designer, dans un quartier populaire, avec des prix de chambres à partir de 79 €, "ça pouvait marcher". C'est ainsi que le premier Mama Shelter sort de terre en 2008, rue de Bagnolet, à Paris (XXe). D'aucuns ont comparé cet hôtel de 172 chambres à un "kibboutz urbain", quand Serge Trigano, lui, parle de "restaurant avec des chambres au-dessus".


À l'ouverture du premier Mama Shelter, les réactions sont positives quant au concept, plus réservées quant au quartier. Mais le parti pris des Trigano, associés à Michel Reybier (à la tête des palaces La Réserve), est clair : "Nous voulions que les gens qui poussent la porte du Mama ressentent les vibrations de la ville. Touristes, clientèle d'affaires, riverains, tous doivent se mélanger." Un peu comme au Club Med. "Nous revendiquons cette mixité", ajoute Serge Trigano qui n'aime pas "les lieux clivants". D'ailleurs le Mama parisien n'a pas de client type : le week-end, les familles viennent bruncher ; l'été, des hipsters font la fête sur le toit-terrasse ; le soir, le restaurant accueille jeunes, moins jeunes, bobos, exilés des beaux quartiers…

 

Une vingtaine de Mama Shelter dans le monde en 2020

Depuis 2008, le Mama Shelter a été dupliqué six fois, en France comme à l'étranger. Le dernier né a vu le jour cet automne à Rio. Le concept fait donc recette, si bien qu'il est copié. Mais Serge Trigano en sourit. Pour lui, ces imitations sont "sans odeur, ni saveur". C'est sans doute ce que pense aussi le groupe Accor, car il s'est offert 35 % du capital des hôtels Mama Shelter, en 2014. Une aubaine pour le trio Trigano. 

"Le groupe Accor nous accompagne dans les achats, la commercialisation et le développement", détaille Serge Trigano. D'ici à 2020, la société Serge Trigano & Sons vise une vingtaine de Mama Shelter dans le monde. Un objectif qui devrait permettre de tripler le chiffre d'affaires, estimé aujourd'hui à quelque 50 M€. En regardant dans le rétro, Serge Trigano a encore parfois du mal à y croire. Il pensait ne plus vivre d'aventure aussi trépidante que celle du Club Med. Le visionnaire se serait-il trompé ?

Anne Eveillard
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