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Quelles sont les réponses de Nathalie Kosciusko-Morizet aux grandes problématiques de l'hôtellerie et de la restauration ?

Vie professionnelle - mardi 15 novembre 2016 10:27
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Nathalie Kosciusko-Morizet
© Arnaud Perrin
Nathalie Kosciusko-Morizet

Comme vous le savez, la profession s'élève contre les dérives de l'économie dite collaborative. Est-ce normal, qu'à activité similaire, les règles varient ? Les avancées qui ont eu lieu ne sont pas suffisantes. Quelles mesures mettrez-vous en place pour que les hôteliers, comme les restaurateurs puissent travailler à « armes égales » ? 
Nathalie Kosciusko-Morizet : Laissez-moi d'abord vous rappeler la raison d'être de l'économie collaborative. La fin du salariat est un mouvement profond qui traverse la société. Il est lié à trois facteurs : tout d'abord, la jeunesse, qui n'a pas envie de hiérarchie, ne souhaite pas le lien de subordination lié au salariat. Ensuite, la crise appelle à plus de souplesse. Les personnes actives préfèrent aller vers plus de souplesse que le contrat salarié. Enfin, la technologie nous pousse à passer d'une économie de produit vers une économie de l'usage et de la prestation. Je pose un constat lucide sur ce qui se passe. Ce changement de paradigme est en cours, qu'on l'aime ou non. La faute du politique est de ne pas avoir vu ce phénomène et d'avoir attendu le conflit avant de réagir par des interdictions plutôt que des anticipations. 
Ensuite, vous avez raison : cela remet tout en cause, notamment l'essence même de la protection sociale qui est assise sur les cotisations, ainsi que la fiscalité du travail et du capital, si l'économie collaborative n'a pas à être déclarée. Il est vrai que cela chamboule votre profession et crée une distorsion de concurrence. Donc oui, les règles doivent changer. Cela passe par exemple par le renforcement des contrôles et mesures sur l'obligation de déclarer les revenus perçus – qui seront également soumis au financement de la protection sociale- ainsi que la création d'un statut général du travailleur indépendant. 

Le tourisme est reconnu depuis peu comme un secteur économique à part entière. Quelle place, quel 'ministère' doit-on lui accorder selon vous et pourquoi ? 
Aujourd'hui, la question du tourisme est traitée par un secrétaire d'Etat rattaché au Ministère des affaires étrangères. C'est un choix ; on aurait pu aussi le rattacher à Bercy. Plus fondamentalement, je ne pense pas nécessaire de créer un poste de ministre spécifiquement dédié au tourisme. C'est peut-être gratifiant en termes de symbole, mais pas forcément si l'on cherche à être efficace. L'expérience montre que ce type de secteur transversal est aussi bien géré s'il est, en quelque sorte, sous-traité à l'intérieur d'un grand ministère, dans le cadre d'une grande direction générale créée à cet effet, que si l'on crée un ministère ad hoc avec un budget très modeste, qui aura beaucoup de mal à se faire entendre pour défendre ses projets. 

L'Umih a dénombré que des centaines de normes et de règlements s'appliquaient aux entreprises de l'hôtellerie et de la restauration, dont 90% emploient moins de 8 salariés. 50 nouvelles réglementations tombent tous les ans, soit environ 150 gestes nouveaux pour l'exploitant. Votre sentiment ? 
C'est évident : notre pays est étouffé par l'inflation normative et l'insécurité juridique. Faciliter la vie des entreprises par certes par plus de flexibilité, notamment en réformant en profondeur le droit du travail. Je propose de ne garder dans le Code du Travail que les dispositions d'ordre public et de renvoyer tout le reste à des négociations par branche et au sein des entreprises. Il faut également renoncer à une durée légale du travail et réformer les seuils sociaux. 

Quels sont les leviers à mettre en oeuvre pour préserver et développer les TPE et PME qui sont vecteurs d'emploi, non délocalisables ? 
Par un choc fiscal sans précédent de 100 milliards d'euros en faveur des entreprises. Je propose une baisse de 65 milliards sur le travail et 35 milliards sur le capital. Avec une baisse des charges de 50 milliards d'euros, que je ne concentre par uniquement sur les petits salaires mais sur toute la gamme. 
Il faut aussi baisser l'impôt sur les sociétés au taux européen(25%), augmenter le plafond de l'IS réduit sur les PME-TPE et supprimer les impôts qui pèsent justement sur la production : la C3S, la cotisation foncière des entreprises. Du côté du capital, elle se concentre autour de la transmission d'entreprise, avec un renforcement des dispositifs Dutreil et la sortie de l'ISF.

Il existe un certain nombre de mesures qui sont utiles au secteur de l'hôtellerie et de la restauration. Citons-en trois : réductions Fillon, Crédit d'impôts pour les maîtres restaurateurs et aide à l'embauche dans les PME.Perdureront-elles ?  
Tout ce qui peut stabiliser ou faciliter la création d'emplois est bon à prendre, donc oui, je ne remettrai pas en cause ces dispositifs. 

Les entreprises françaises, dans leur ensemble, réclament la stabilité fiscale. Que répondez-vous ?
Les variations fiscales sont très embêtantes pour les entreprises. Je veux plus que de la stabilité fiscale. Ce sont des symptômes de notre incapacité à faire naître, vivre, croître et durer en France un climat pro-business. Il y a urgence à alléger la pression fiscale, parce que réussir ici ne doit pas coûter plus cher qu'ailleurs. 

Y-aura-t-il ou non, si vous êtes élu à la Présidence de la République, une hausse de la TVA ? 
Mon programme est équilibré et financé, notamment par des baisses de dépenses publiques. Je n'envisage pas d'augmentation de la TVA. 

Les secteur est confronté à de multiples problèmes de trésorerie et de crédit. Le GNI, autre organisation patronale du secteur, réclame, par exemple, le rallongement des crédits bancaires (7 ans à +). Jusqu'où un gouvernement peut-il agir ?
L'Etat peut faire beaucoup pour créer un écosystème favorable et vertueux pour les entreprises. En revanche, l'Etat ne peut pas tout faire ni se substituer au travail des banques. Ce phénomène aboutirait à l'image d'une économie administrée par le patronage bienveillant de l'Etat, qui n'est ni moderne, ni efficace, ni cohérente avec cette nouvelle France que je souhaite faire émerger.
De façon plus globale, je suis convaincue que la baisse massive et immédiate des prélèvements pesant sur les entreprises, que je ferai voter en tout début de mandat, résoudra en partie les problèmes de trésorerie évoquées et donnera un sérieux coup de turbo à l'activité et l'investissement.

 


Sylvie Soubes
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