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Sourde, elle trouve sa voie chez Mollard en apprentissage CAP pâtisserie

Vie professionnelle - vendredi 28 octobre 2016 11:27
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De g à d : Melisande Zeddam, Chimène et Stéphane Malchow.
De g à d : Melisande Zeddam, Chimène et Stéphane Malchow.

La sonnerie de la turbine à glace a retenti. Pour prévenir Melisande, Chimène lui tape légèrement sur l'épaule. Travail d'équipe pour les deux jeunes apprenties en pâtisserie chez Mollard. La première, 28 ans, est sourde. La seconde, 17 ans, a très vite appris à communiquer avec sa collègue handicapée. Quant au chef pâtissier, Oumar, celui-ci accroche davantage de fiches techniques qu'auparavant. Rien de très compliqué dans les procédures, seulement de nouvelles habitudes à prendre. Avant d'intégrer la célèbre brasserie du quartier Saint-Lazare, Melisande Zeddam a tenté plusieurs métiers : la petite enfance, la cosmétique, l'animalerie, la couture, sans succès. L'état d'esprit faisait défaut. On s'est moqué d'elle. D'un haussement d'épaule et d'un large sourire, elle balaye aujourd'hui cette période. L'avenir lui appartient enfin. Tout s'est pourtant déclenché rapidement. L'accompagnement de trois mois dont elle bénéficiait pour une réinsertion professionnelle arrive à son terme quand elle découvre la pâtisserie, durant une matinée. C'est le déclic. « Enfant, je dessinais beaucoup. L'infographie n'a pas été mon truc parce que je devais restée devant un ordinateur. En pâtisserie, on travaille avec les mains, les odeurs, le regard. Et on crée, par petites touches, c'est visuel et sans cesse renouvelé. On donne de la valeur par la beauté, l'esthétisme » explique-t-elle. La structure qui l'accompagne lui propose alors de faire un CAP Pâtisserie en alternance en un an. La mise en relation avec l'école et l'entreprise se fera avec la Mission Handicap du Synhorcat.

Leçon de vie

Depuis 2005, les entreprises doivent répondre à une obligation d'emploi des travailleurs handicapés. « Un chef d'entreprise se doit de respecter les lois. Mais nous rencontrons parfois de grands moments de solitude. Ca été le cas avec cette loi. Lors d'un entretien d'embauches, certaines questions sont interdites. C'est le médecin du travail qui valide l'aptitude au poste de la personne concernée… Ce type d'embauche est particulier, il faut prendre aussi en compte les aspects pratiques et l'acceptation des équipes en place. On va inévitablement imposer de nouvelles contraintes » livre Stéphane Malchow, directeur général de la Brasserie Mollard. La Mission Handicap du Synhorcat, qui s'est construite au fil des problématiques rencontrées par les entreprises, maîtrise heureusement le sujet. « Quand elle m'a dit qu'il pouvait s'agir d'un contrat d'apprentissage, j'ai vu les choses autrement. L'apprentissage, c'est l'avenir. Ce sont ceux qui vont nous succéder et à qui nous transmettons nos valeurs. Nous partageons quelque chose de fort avec les jeunes en apprentissage ». Un stage d'immersion professionnel est prévu avant toute signature et pour Melisande, sa rencontre (15 jours) avec l'établissement a conforté sa décision. « Je ne connaissais pas la dimension historique du restaurant, à ce moment là, heureusement, car cela m'aurait fait peur » confie-t-elle. Le CFA Mederic relève de son côté le défi scolaire. Melisande vient d'une famille « d'entendants ». « J'ai l'habitude de communiquer avec, explique-t-elle. Mais c'était la première fois que j'allais en cours avec des entendants. Je vous avoue que j'ai eu peur que cela me mette en situation d'échec. » Son handicap lui permet d'avoir toutefois un quota d'heures avec interprète. « Quand j'ai fait la visite de l'école, un élève s'est spontanément proposé pour prendre des notes. En classe, c'est la même chose. Ils m'aident par l'écrit. Pour tout ce qui est technique, je n'ai pas trop de soucis car ce sont des gestes. Je procède par mimétisme. En revanche, je privilégie la présence de l'interprète pour tout ce qui est biologie, scientifique ». Pour Stéphane Malchow, cette expérience vécue avec Melisande « nous permet à tous de grandir. Cela aurait pu ne pas fonctionner. Pour que ça marche, il faut que toutes les parties soient motivées. Là, ça a matché ! En tant que dirigeant, c'est vraiment une belle aventure ». 

Sylvie Soubes
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