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Philippe Labbé : contraindre les entreprises à prendre davantage d'alternants risque de détruire des CDI

Vie professionnelle - jeudi 23 février 2012 17:39
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75 - Paris A compter de 2016, le seuil du nombre d'alternants pour les entreprises de 250 salariés et plus devra atteindre 5% de l'effectif (au lieu de 4% actuellement), sous peine de de payer une contribution supplémentaire. Philippe Labbé, vice-président du SNRTC, s'élève contre ce relèvement qu'il estime injuste et dangereux.



Philippe Labbé.
Philippe Labbé.

L'Hôtellerie-Restauration : Nicolas Sarkozy a annoncé que les entreprises de 250 salariés allaient devoir augmenter le nombre de contrats en alternance, sous peine d'être taxées.  Le seuil qui était de 4% de l'effectif passe à 5%. Comment percevez-vous cette mesure ?
Philippe Labbé : Comme la volonté de favoriser l'emploi des jeunes ce qui est un objectif  parfaitement louable. Malheureusement, nous sommes confrontés à une prolifération de textes et d'obligations qui impliquent des ajustements permanents des politiques de recrutement. Cette accumulation de mesures entraîne des complications permanentes qui ne facilitent pas la tâche de nos personnels et qui ne prennent pas en compte les entreprises de taille moyenne comme les nôtres, dont plus de 50% des recrutements se font en CDI temps plein, ou par d'autres filières, pour des jeunes de moins de 26 ans. Et cette situation n'est pas propre au secteur de la restauration. D'autres entreprises du service et de l'industrie sont dans des situations analogues. Si la France est effectivement confrontée à un chômage très élevé parmi les jeunes - qui se chiffre autour de 23 %, décider de l'enrayer par des mesures coercitives sur l'apprentissage risque d'être contre-productif.  

Pourquoi cela ?
P. L.
 : Si je prends l'exemple de Courtepaille, plus de 60% de nos recrutements sont effectués auprès de jeunes de moins de 26 ans. Nous leur proposons des CDI, des pleins temps, associés à des parcours qualifiants. 75% de l'encadrement vient de la promotion interne. L'entreprise forme, sans pour cela systématiquement faire appel à l'apprentissage ou aux contrats de professionnalisation. Nous avons mis en place le E-learning et des CQP qui fonctionnent parfaitement. Cette taxe représenterait 0,2% de notre CA HT alors que nous développons des compétences et favorisons l'employabilité.

Quel est le taux d'embauche des moins de 26 dans les entreprises du SNRTC ?
P. L.
 : Nous effectuons actuellement une enquête auprès de nos adhérents dans ce sens. Celle-ci n'est pas finalisée, mais l'on sait déjà que le pourcentage d'embauche des jeunes de moins de 26 ans en CDI dépasse les 50% (majoritairement des employés). Nous étions à 51,96% en 2010 et à 56,52% en 2011… Les entreprises adhérentes du SNRTC travaillent régulièrement avec Pôle Emploi. Nous avons mis en place des méthodes de recrutement par simulation qui permettent de déceler si les personnes ont les aptitudes naturelles pour entrer dans nos métiers. Celles qui se sentent à l'aise sont sélectionnées, recrutées et formées. Alors que nous leur apportons des qualifications, nous allons être taxés davantage parce que nous ne rentrons pas dans un quota qui est fixé - il faut le souligner - de manière totalement arbitraire... Même si la démarche est louable, le dispositif manque de fondements. Quand vous avez 249 salariés, vous échapper à cette contribution… Pourquoi ce seuil de 250 salariés ? Rien n'est fait pour encourager l'entreprise de taille moyenne. Si je continue dans cette logique, pourquoi pas un apprenti tous les 20 salariés ? Et puis, ce seuil de 5%  aboutira immanquablement à détruire de l'emploi en CDI et en aucun cas à accroître les effectifs. Pour ne pas payer de taxe, les entreprises seront amenées à limiter les CDI au profit de l'alternance. Chez Courtepaille, comme dans d'autres enseignes du SNRTC, l'aspect diplôme n'est pas un prérequis et la plupart des jeunes sont en première expérience. Pourquoi ajouter des contraintes ? D'un côté, on dit vouloir réduire le coût du travail et de l'autre, à partir d'un seuil ou d'un quota arbitraire, on risque, je le répète, de détruire des emplois en  CDI.

Votre souhait aujourd'hui ?
P. L. : Je conclurai donc en disant que sans nous opposer aux mesures envisagées en faveur des jeunes, nous aspirons à davantage de reconnaissance vis-à-vis des entreprises qui font l'effort de combler plus de 50% de leurs besoins par l'embauche de jeunes de moins de 26 ans en CDI temps plein.
Propos recueillis par Sylvie Soubes

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