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Naïs Pirollet : "Le Bocuse d'or m'a beaucoup appris en condensé"

Restauration - vendredi 10 février 2023 10:42
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A tout juste 25 ans, Naïs Pirollet a porté les couleurs de la France au Bocuse à Lyon. Elle revient sur son expérience, ce marathon qui pousse un candidat à se présenter en quelques mois au Bocuse d'or France, puis Europe et la finale mondiale à Lyon. Témoignage.



Vous avez représenté la France au Bocuse d’or. Avez-vous ressenti une certaine pression ?

La pression ? J’ai réussi à la contrôler et j’ai eu de très bons retours de tous les chefs que j’ai pu croiser y compris des autres pays. Des membres du jury m'ont expliqué qu'il y avait eu quelques impairs d'assaisonnement ou des petites fautes d'inattention, des détails. Quand on est à 30 points du podium, on peut se permettre de dire que cela tenait à des détails. Nous arrivons deuxième pour la note cuisine. Cela veut dire que nous avions les curseurs au bon endroit. Il nous a manqué peut-être un peu d'aboutissement de sécurité et de confiance sur certains assaisonnements ou techniques. Cela reste pour moi une victoire. Après, qu’il y ait meilleure que moi dans la compétition, j’en suis plutôt rassurée, parce que je n’ai que 25 ans. Je suis vraiment honorée d’avoir concouru aux côtés de grands chefs comme le chef danois Brian Mark Hansen, le Hongrois Bence Dalnoki ou le Norvégien Filip August Bendi, tous ces chefs qui ont mis leur pierre à l’édifice de la gastronomie mondiale.

 Vous avez obtenu le prix spécial Feed the Kids pour une toute nouvelle épreuve qui consistait à produire un plateau enfant autour de la courge. Comment l’avez-vous abordé ?

On a reçu le thème deux mois avant le concours. Pour moi, c’était ce qui était le plus difficile. Tout le monde se demandait comment aborder ce sujet. Il y avait eu des questionnements dans tous les pays. Notre parti-pris est qu’un enfant mange comme un adulte. Nous avons essayé que tous les éléments apportent du goût et de l’impact sans éléments qui ne servent à rien. Un enfant aime comprendre ce qu’il mange. Notre plateau enfant a fait un « choc » parce qu’il respectait le thème avec un vrai goût de courge et surtout était ludique.

 Avez-vous reçu des messages après votre 5ème place ?

J'ai été très touchée des messages que j'ai reçus venant de chefs que j'avais sollicités comme Anne-Sophie Pic ou Jérôme Banctel. Ils m'ont dit que j'avais porté fièrement les couleurs de la France et oui c'est très touchant. L'énergie et l'émotion que nous avons mis dans notre travail a touché les gens. J'étais une candidature assez atypique et je voulais que cela ait un impact, que cela casse certains codes. On a réussi à ouvrir une porte et à montrer que notre profession est prête à évoluer et à se remettre en question et à donner leur chance à des personnes qui au premier abord n’ont pas leur place là, mais qui peuvent se donner les moyens d'y arriver pour atteindre un objectif commun.

Que conseilleriez-vous à un cuisinier s’interroge sur le fait de se présenter au Bocuse d’Or ?

Il faut déjà comprendre pourquoi c'est un objectif. Pourquoi vouloir faire le Bocuse d'Or ? Est-ce que c'est pour être plus fort que tout le monde ? Est-ce qu'il y a quelque chose de plus profond derrière ? Si c'est pour être meilleur que tout le monde, je dis de ne pas y aller parce que c'est une chance sur 24 d'y arriver. Si c'est pour faire briller et développer l'équipe de France, construire quelque chose qui devienne pérenne et participer à une aventure collective, alors il faut foncer et se donner les moyens d'y arriver.

Ce concours m'a apporté une certaine maturité, une prise de recul sur beaucoup de choses dans ma vie professionnelle comme dans ma vie privée. C'est vrai que j'ai appris énormément en condensé. Le Bocuse d'Or est un exercice bien précis que je connais maintenant sur le bout des doigts. Je l'ai maîtrisé à ma façon, mais il y a tout un pan de mon métier de cuisinier et de restaurateur que j'ai encore à apprendre parce que globalement je n'ai que deux années d'expérience dans un restaurant. Il y a encore tout à faire et c'est ça qui est beau.

Comment aujourd'hui voyez-vous votre avenir ?

Il va s'écrire doucement. J'ai écrit un premier beau chapitre. J'ai besoin de prendre du temps et du recul pour faire le point sur cette expérience et sur mes besoins personnels aussi. Cette aventure m’a demandé beaucoup d'engagement et d'abnégation depuis maintenant 3 ans. Il me faut maintenant que je me recentre sur ma famille et sur mes proches, sur des choses plus individuelles mais qui sont importantes pour être heureux dans la vie. Je veux prendre le temps de faire un bon choix pour moi et pour ma carrière.

#naispirollet #bocusedor #sirha


Nadine Lemoine
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par Paul Brunet
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