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Coronavirus : le chef étoilé Anthony Jehanno ferme provisoirement son restaurant

Restauration - lundi 9 mars 2020 10:09
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Auray (56) Depuis l'annonce de cas de coronavirus, l'établissement a enregistré de nombreuses annulations. Le chef a décidé de fermer pendant deux semaines, jusqu'au 17 mars, mettant ses douze salariés au chômage partiel. Il demande à l'Etat de prendre les mesures nécessaires.



'Nous sommes soudés et nous voulons nous faire entendre. Mais si rien n'est fait, je ne sais pas comment on pourra se relever', alerte le chef Anthony Jehanno.
© DR
'Nous sommes soudés et nous voulons nous faire entendre. Mais si rien n'est fait, je ne sais pas comment on pourra se relever', alerte le chef Anthony Jehanno.

On paie des assurances toute l’année, on est surchargé. À un moment donné, il faut que tout ce que l’on donne serve à quelque chose.” C’est le message qu’entend faire passer Anthony Jehanno, chef étoilé à Auray (Morbihan), qui a fermé son restaurant Terre-Mer au Domaine de Kerdrain le 4 mars dernier. En cause ? L'apparition et la multiplication de cas coronavirus dans le Morbihan, avec une zone de circulation active du virus entre plusieurs communes, dont Auray. “Mardi dernier, on a fait dix couverts le midi et aucun le soir. En voyant nos réservations annulées, on a décidé de fermer le restaurant, pour assurer la sécurité de nos douze employés mais aussi des clients. Je mets mon entreprise en péril en prenant cette décision mais je n’ai pas le choix.

Très impacté économiquement par cette décision, le chef a ainsi mis ses équipes au chômage partiel jusqu’au 17 mars. À Auray, ils sont une dizaine de restaurateurs dans ce cas. Mais d’autres se posent déjà la question. “J’ai des amis restaurateurs à Saint-Malo qui essuient des baisses de 3 0%. S’ils arrivent eux aussi en zone cluster, ils vont se retrouver dans la même situation. C’est dramatique.

 

“Il faut se battre pour sauver l’économie locale”
Le chef souhaite désormais que la profession s’organise. “Je me bats avec l’Umih, aux côtés d’autres professionnels. L’Umih a rencontré le préfet le 6 mars pour que l’on passe en catastrophe naturelle. C’est le seul moyen pour que les assurances nous indemnisent. La seule solution pour que l’on puisse se relever et assurer la pérennité des employés. Il faut absolument que des mesures soient prises au niveau de l’État car, aujourd’hui, nous sommes dans une situation dramatique. Il existe des fonds pour des situations comme celle-là. Il faut les débloquer. On est un secteur fragile et on vient encore plus le fragiliser en n’agissant pas”, explique le chef.

Avec cette fermeture, l’établissement subit une perte de chiffre d’affaire de 100 %. “Nous sommes ouverts 52 semaines par an. C’est la seule solution pour payer les traites. Je suis endetté à hauteur de 2 M€ et il faut que mon entreprise tourne à 100 % pour pouvoir payer les salariés et mes fournisseurs – que l’on a d’ailleurs arrêté de payer pour le moment. Mais le pire est encore de rester ouvert, car si rien ne rentre, il faut que rien ne sorte ! Au-delà de mon restaurant, c’est toute l’économie locale qui est impactée. Et seule la reconnaissance en catastrophe naturelle nous permettra de nous reconstruire.

#Coronavirus #Auray #TerreMer #AnthonyJehanno


Stéphanie Decourt
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