Actualités
Accueil > Actualités > Restauration

À Rouen, l'activité est revenue à la normale pour les restaurateurs

Restauration - mercredi 29 janvier 2020 12:05
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question / Ajouter un commentaire Partager :

Rouen (76) Paradoxalement, les restaurants les plus proches du site Seveso, au sud de l'usine Lubrizol, ont été moins impactés par l'incendie du 26 septembre que d'autres situés 30 kilomètres au nord, en raison des vents. Tous ont cependant repris une activité normale.



Dans la nuit du 26 septembre, un incendie se déclare dans l’usine de produits chimiques Lubrizol, aux portes de Rouen (Seine-Maritime), provoquant un épais panache de fumée noire. “Nous sommes à 200 mètres de l’usine et nous n’avons absolument pas été impactés, ni par l’incendie, ni par les odeurs et encore moins par les suies. Nous avons eu une petite baisse d’activité car quelques entreprises ont délocalisé des équipes par précaution. Aujourd’hui, on travaille comme avant avec des produits locaux qui ont toujours été sains”, affirme-t-on au restaurant Au Régal à Petit-Quevilly (Seine-Maritime). Des propos qui rejoignent ceux tenus à la Corne d’or, un restaurant de 60 couverts installé à quelques centaines de mètres de l’usine. “Nous avons servi seulement quatre couverts le jour de l’incendie car la police avait bloqué les routes mais, dès le lendemain, les clients étaient de retour. Nous sommes au sud de l’usine et les vents soufflent toujours vers le nord, c’est une spécificité du coin. C’est donc la rive droite de la Seine et le centre-ville qui ont été touchés. Pour ma part, j’ai senti des odeurs, la première fois, en passant le pont qui nous sépare du centre de Rouen”, explique une serveuse qui travaillait le jour de l’incendie.

 

Une baisse d’activité notable mais pas durable

En revanche, sur les quais, rive droite, les restaurateurs rouennais ont souffert. “Pendant une semaine, nous avons nettoyé quotidiennement le mobilier extérieur couvert de suie, mais aussi de mousse hydrofuge utilisée par les pompiers. Ce sont surtout les odeurs d’hydrocarbures qui nous ont privés de clientèle pendant presque un mois avec une baisse d’activité de 35 %. Nous faisons des démarches d’indemnisation groupées avec l’aide de l’Umih. Le personnel a eu des nausées, des maux de tête. Selon les vents, des odeurs reviennent parfois mais modérément. Nous n’avons pas à déplorer de dégâts matériels, même les parasols ont pu être lessivés. L’activité est redevenue forte avec d’excellentes fêtes de fin d’année”, positive Lucile Hebert, cadre administratif au restaurant Stroke, sur le quai de Boisguilbert.

Juste à côté, au Bistrot en Seine, on considère que la disparition de la clientèle pendant “un bon mois” ne s’explique pas uniquement par la pollution supposée : “Les gens ne venaient plus en raison d’une communication déplorable des autorités. Elles ont installé les riverains dans le doute et la peur alors qu’il fallait les rassurer !

Pendant plusieurs jours, les clients demandaient si ça sentait mauvais avant de réserver. Et puis les réseaux sociaux ont fait boule de neige”, ajoute le patron de la Marmite, un établissement du centre-ville de Rouen, à côté de la place du Vieux Marché. Au Stroke, où l’on travaille en circuit court avec des producteurs régionaux, il n’y a pas eu de mauvaises surprises avec les livraisons. “Les contrôles étaient si exigeants qu’aucun aliment pollué ne pouvait arriver dans nos établissements et les fournisseurs comme les restaurateurs étaient très vigilants”, affirme Lucile Hebert.

 

Des communes touchées par les nuages d’hydrocarbures

À 30 kilomètres au nord de Rouen, la commune de Buchy a reçu plus de suies que la zone accolée directement à la partie septentrionale du site Seveso. Aux restaurants le Coin du feu et Aux anciennes halles, on confirme avoir passé la semaine suivant le sinistre à nettoyer les terrasses, parfois au Karcher, et à respirer un air vicié. À Mont-Saint-Aignan, l’activité a été suspendue pendant une semaine à la Table d’Érisay. “Nous avons eu de la chance, le nuage est plutôt passé sur Buchy, mais nous avons bien eu les odeurs. Les autorités ont fermé le golf sur lequel nous sommes situés. Il était interdit de faire du sport. Tout est redevenu normal une semaine après le sinistre !”, explique Jérôme.

#Rouen #Lubrizol #Seveso


Francois Pont
Journal & Magazine
Services