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Recrutement en hausse sur les bateaux de croisière pour 2012

Restauration - mercredi 8 février 2012 12:31
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Avec 18 paquebots en livraison d'ici à 2015 et 300 000 emplois liés à ce secteur sur le Vieux Continent, l'industrie de la croisière demeurera un important recruteur de personnel hôtelier en 2012 en dépit du drame du Costa Concordia.



L'équipage de l'un des bateaux de la compagnie des Îles du Ponant.
L'équipage de l'un des bateaux de la compagnie des Îles du Ponant.

Les principaux recruteurs européens du secteur de la croisière appréhendent le naufrage du Costa Concordia, le 13 janvier dernier, avec tristesse et prudence. Tous se retrouvent pour vilipender les excès de la presse. Pour Marc Chétrit du cabinet lorientais International Services, il n'y a pas de personnel 'low cost' à bord des navires comme il a pu le lire : "Le drame du Concordia, c'est la responsabilité d'un homme. L'équipage a été exemplaire." Pour Raphaël Sauleau, la croisière demeure la façon de voyager la plus sûre mais n'exclut pas que la catastrophe du Concordia puisse avoir des conséquences positives : "Il faut envisager d'imposer les exercices de sauvetage avant le départ du bateau et pas dans les 24 heures après l'embarquement. En outre, la convention de Manille, bientôt en application, va encore renforcer la sécurité à bord", conclut le recruteur de V.Ships, un cabinet qui encadre 20 000 hôteliers en activité sur une trentaine de navires. Mylène Chassang, responsable de l'unique cursus qualifiant en France de personnel hôtelier pour le monde maritime (lire ci-dessous) consacre une partie importante de sa formation à la sécurité : "Récemment, nous sommes même allés jusqu'à apprendre à nager à l'un de nos élèves."

 

La hausse du dollar relance les salaires

Le Concordia n'aurait pas suscité d'inquiétudes de la part des hôteliers recrutés récemment et en attente de départ. "Nous avons engagé un programme d'embauche important pour le lancement du prochain navire de Disney Cruise, le Fantasy, paquebot de 5 000 passagers. Je n'ai reçu aucun appel de la part des dizaines de Français qui doivent rejoindre prochainement le bâtiment", explique Marc Chétrit, qui a ouvert en 2011 une antenne à Monaco pour trouver les meilleurs profils à destination du monde du yachting.

Les compagnies de croisières affichent toujours d'insolents taux de croissance. En Europe, la fréquentation a bondi de 10 % en un an et les recrutements vont bon train. Raphaël Sauleau rappelle qu'une expérience en mer est une aventure humaine valorisante tant sur la plan professionnel qu'humain et que 76 % des personnes recrutées par son cabinet restent fidèle à V.Ships même s'ils changent parfois d'affectation en mer. Les Français sont appréciés pour leur formation hôtelière et auront intérêt à tenter leur chance en 2012 car la hausse du dollar impacte fortement les salaires basés sur le cours du billet vert.

 

Des centaines d'embauches en 2012

V.Ships recrutera une cinquantaine de Français cette année, essentiellement pour la compagnie de luxe italienne Siversea Cruises. Marc Chétrit évoque plus de 450 embauches en 2012, "pour faire face au turnover des bateaux et remplacer les hôteliers navigants en vacances". Selon ce dernier, les conditions de vie à bord et les salaires se sont améliorés et, si les journées de travail restent rudes, des contrats plus courts (quatre mois au lieu de six) permettent aux navigants de prendre plus de congés. 80 % des 24 Français recrutés il y a plus d'un an pour le restaurant français du Disney Dream, travaillent toujours à bord.

International Services recrutera aussi, à travers sa filiale Monaco Hotel & Marine Consulting, des hôteliers pour des yachts, des majordomes en particulier. Pour ces postes, les salaires flirtent avec les 6000 euros mensuel mais demandent une disponibilité totale pour les clients.

 

SeaFrance, une grande perte pour l'activité ferry

Les ferries séduisent les hôteliers car plusieurs compagnies naviguent sous pavillon français et offrent les mêmes droits à bord qu'à terre. Des avantages sociaux auxquels s'ajoute un rythme de travail compatible avec une vie de famille. C'est plutôt du côté de la Méditerranée, avec la SNCM par exemple, que des opportunités saisonnières perdurent. Les liaisons transmanche sont touchées de plein fouet par la disparition de SeaFrance. Enfin, sur les trente hôteliers qui ont bénéficié d'une formation maritime jusqu'à aujourd'hui auprès de l'association de formation pour la coopération et la promotion professionnelle (ACPM) de Marseille, la moitié a décroché un emploi stable sur les compagnies de ferries selon Mylène Chassang, la responsable du centre de formation.

Francois Pont

Une formation hôtelière et maritime dans la cité phocéenne

 Avant de s'occuper de formation, Mylène Chassang a longtemps navigué comme officier de marine, elle connait donc bien son sujet. "Nous avons essuyé les plâtres en lançant à Marseille en janvier 2010, le SIM (Service international maritime) qui a reçu une trentaine de stagiaires lors de cessions de trois mois de cours, mais dès septembre 2012, nous passerons la vitesse supérieur avec le Certificat de formation maritime hôtelière (CFMH), une formation qualifiante pour les hôteliers qui veulent travailler en mer. Reconnu par la direction interrégionale Maritime (DIM), le cursus dure huit semaines soit 850 heures dont un stage embarqué d'une semaine. Le contenu polyvalent des cours, hôtellerie et environnement maritime, sera apprécié des recruteurs."

ACPM
48 boulevard Delprat
13013 Marseille
http://acpm.eu
Tél. : 0491077504
En complément :
  François Pont est l'auteur du 'Nouveau guide des jobs à bord'
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