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Crise sanitaire : des patrons de groupes hôteliers à l'heure d'un premier bilan

Hôtellerie - mercredi 23 décembre 2020 10:05
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Perte de chiffre d'affaires, chômage partiel, licenciements, repositionnement, crédits qui s'accumulent… la coupe est pleine pour les patrons de groupes hôteliers. Entre pétitions et manifestations, ils ne demandent qu'une chose : rouvrir et travailler.



 

Le 15 décembre dernier, il aurait dû régler sa cotisation foncière d’entreprise, soit un million d’euros. Jean-Bernard Falco ne l’a pas fait. “Le cash, c’est pour payer les 1 200 collaborateurs”, précise le président-fondateur de Paris Inn Group, qui a souscrit un PGE de 35 M€. Quand on lui parle des aides du Gouvernement, il tique sur le vocabulaire. “Le P de PGE signifie prêt et pas aide”, souligne-t-il. Quant au chômage partiel, “c’est un soutien pour les collaborateurs, ce qui évite à l’État de les retrouver à Pôle emploi. C’est gagnant-gagnant.”

Ce qu’il demande au Gouvernement : “Avoir un peu de visibilité”, car il n’en peut plus de “naviguer à vue” : “C’est l’aventure tous les jours. On ne peut faire aucun business plan. Qu’on nous dise qu’on nous accompagnera en chômage partiel jusqu’à la fin 2021 plutôt que de reconduire le dispositif chaque mois.”

Nous sommes dans une période de combat”, confirme Solenne Devys. Directrice-adjointe du groupe Okko Hotels, elle reconnaît que “la gestion de la crise est très compliquée”, à commencer par les liquidités à trouver pour payer les loyers. Du côté des 170 salariés du groupe, pas trop de casse : l’ouverture de deux hôtels à Lille (Nord) et Nice (Alpes-Maritimes) au printemps 2021, a permis de répartir les équipes. À cela s’ajoutent quatre reclassements au sein du siège et un seul licenciement. “Pendant le premier confinement, nous avons travaillé sur un nouveau business model, pour être plus rentable dès la réouverture”, explique encore Solenne Devys.

Cela s’est soldé par une offre à la carte – et non plus à volonté - dans les espaces de restauration des hôtels, un petit déjeuner désormais payant et une sélection affinée de vins et spiritueux. “Ce n’est qu’un début car les voyages d’affaires et de loisirs vont encore évoluer.”  Pour elle, “l’ère de l’hyper-segmentation est révolue” : “On ne peut plus miser sur un seul profil de clientèle. Il faut imaginer une modularité tout en gardant un positionnement cohérent et surtout un juste rapport qualité-prix.”

 

“Maintenir les équipes et les faire monter en compétences”

Quant aux ressources humaines, le groupe Okko est sur le point d’ouvrir sa propre école de formation et parie sur l’e-learning. Une façon de “garantir des parcours” et limiter le turn-over. Chez Best Western, la priorité est aussi à “maintenir les équipes et les faire monter en compétences”. “Depuis septembre 2020, quelque 3 500 heures de formation ont été dispensées dans le réseau”, affirme Olivier Cohn, directeur général de Best Western France. L’humain sera donc au cœur du repositionnement d’après-crise.

Une réorganisation qui contraint parfois à des sacrifices : le plan de restructuration annoncé par Sébastien Bazin, patron du groupe Accor, vise 200 M€ d’économies et inclut au moins un millier de suppressions d’emplois. Et pour cause : en 2020, le groupe hôtelier estime ses pertes à plus d’un milliard d’euros.

 

“Le deuxième confinement a été plus difficile à surmonter”

Et demain ? Les pistes de travail ne manquent pas chez Accor. Le groupe planche notamment sur le coworking, suite à la généralisation du télétravail. Ainsi les espaces modulaires Wojo, créés avant la crise sanitaire en joint-venture avec Bouygues, vont se déployer à raison de “1 200 espaces de coworking Wojo dans les hôtels Accor d’ici à 2022”.

Autre priorité : miser sur l’hôtellerie lifestyle. Une organisation autonome a d’ailleurs été créée en septembre, au sein du groupe, pour ne couvrir que ce segment. Parallèlement, la montée en puissance de la nouvelle marque Tribe est programmée, avec ”50 hôtels dans le pipeline”.

Olivier Cohn, pour sa part, s’apprête à démarrer un tour de France pour aller à la rencontre des équipes sur le terrain, “car le deuxième confinement a été plus difficile à surmonter d’un point de vue psychologique”. Ce sera l’occasion de “remettre une mécanique en marche et relancer la dynamique”. Car tous se veulent optimistes à l’horizon 2022. Chez Accor, on pointe déjà “les premiers signes tangibles de reprise en Asie et dans le Pacifique”. À cela s’ajoute l’arrivée des premiers vaccins anti-Covid. Mais, dans le même temps, tous redoutent une troisième vague.

 

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