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Agnès Vaffier, proviseur du lycée et du CFA hôteliers de Marseille : “Nous ne ressentons pas de crise des vocations”

Formation - Écoles - lundi 14 juin 2010 11:54
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Marseille (13) En poste depuis un an, Agnès Vaffier reconnaît que son établissement bénéficie d’une excellente réputation. En 2011, elle y accueillera le MOF cuisine et le congrès national de l’Aflyth, qu’elle préside.



De gauche à droite, Marie-Hélène Sartous (proviseur adjoint du lycée hôteleier de Marseille), Jean-Louis Ivaldi (chef de travaux) et Agnès Vaffier (chef d’établissement).
De gauche à droite, Marie-Hélène Sartous (proviseur adjoint du lycée hôteleier de Marseille), Jean-Louis Ivaldi (chef de travaux) et Agnès Vaffier (chef d’établissement).


L’Hôtellerie Restauration : Vous venez d’accompagner une douzaine d’éleves de BTS à Shanghai (Chine). Pourquoi ce déplacement ?

Agnès Vaffier : Le renforcement des relations internationales est un de nos axes forts. Dans ce cadre, nous avons intensifié notre partenariat avec le lycée hôtelier Cao Yang de Shanghai. Cette année, du fait de l’Exposition universelle, notre présence est plus accentuée. Douze élèves de 1re année de BTS font un stage de quatre mois dans les hôtels et les restaurants de la ville. En retour, nous accueillerons de jeunes chinois à l’automne et formerons un professeur de boulangerie.

 

Pourquoi mettez-vous l’accent sur les échanges internationaux ?

Il est essentiel que nos élèves découvrent de nouveaux univers, se confrontent à d’autres manières de travailler… Cela fait partie de leur cursus. Nous espérons leur donner l’envie d’aller voir ailleurs. L’expérience de l’international est un atout quand on veut travailler dans les grandes chaînes. Enfin, c’est une manière de représenter la France, de vendre notre savoir-faire et nos produits.

 

En dehors des échanges, comment préparez-vous vos élèves à un emploi à l’étranger ?

Nous leur enseignons l’anglais, le chinois, l’espagnol, l’italien, l’allemand et l’arabe, à la rentrée 2010/2011. Nous avons aussi ouvert des classes européennes du BEP au bac pro, avec anglais et allemand renforcés.

 

Le congrès 2011 de l’Aflyth, l’association française des lycées de l'hôtellerie et de tourisme, aura lieu au lycée hôtelier de Marseille fin mars. Comment vous y préparez-vous ?

Ce congrès est l’occasion pour les différents lycées hôteliers de l’académie Aix-Marseille de travailler ensemble et de faire connaissance. Nous y travaillons.

 

Et le MOF cuisine ?

Nous avons reçu le comité d’organisation. Il vient de rendre son verdict. Le concours national cuisine aura lieu en 2011. C’est un grand honneur. Cela prouve que nous possédons les installations adéquates. Mais il exige une grosse organisation et une grosse pression. D’autant que, pendant quelques jours, nous serons sous l’œil des médias et des professionnels du monde entier.

 

Quels sont vos projets pour le lycée et le CFA ?

Nous voulons stabiliser nos effectifs : 800 élèves en formation initiale classique et 500 apprentis. Nous nous préparons aussi, pour 2011, au bac pro hôtellerie-restauration en trois ans. C’est un gros chantier qui exige un travail d’équipe, une relecture des référentiels, un suivi et un tutorat des élèves différents. D’autant que cette réforme concerne aussi le CFA et qu’il va nous falloir adapter les contrats d’apprentissage à cette durée. Enfin, nous comptons relancer la licence professionnelle hôtellerie-restauration pour la rentrée 2011.

 

On parle de crise de vocation chez les élèves ?

Pour notre établissement, nous ne ressentons pas ce phénomène. La demande des jeunes ne baisse pas, quelle que soit la section. Nous le devons à la bonne réputation du lycée et du CFA. Les jeunes, les parents et les professionnels apprécient la discipline qui règne, l’obligation de travailler en tenue, la participation aux concours, l’implication d’une équipe pédagogique (130 personnes) très stable. La difficulté est de maintenir cette réputation. Cela exige un travail quotidien.

 

Que dites-vous aux jeunes qui fuient ces métiers ?

Le secteur de l’hôtellerie-restauration est celui où les conditions de travail se sont le plus améliorées ces dix dernières années. Par ailleurs, selon la dernière enquête IVA (insertion dans la vie active), six mois après leur diplôme, quel que soit leur niveau, nos jeunes ont un emploi, sauf en tourisme. Celui qui accepte de se déplacer, de ne pas commencer avec le meilleur salaire, n’a aucune difficulté. Ceci dit, le diplôme est un accélérateur de carrière, pas l’assurance d’avoir, dès le début, un poste à responsabilité et un gros salaire. Le jeune diplômé doit comprendre qu’il sera jugé sur son comportement, son savoir-être, sa prise d’initiative, son sens de l’accueil, etc. Je leur conseille de commencer comme commis de salle ou de cuisine, puis d’évoluer. Le diplôme est important mais il ne donne pas de droits. Pour réussir, il faut aussi faire la preuve de ses compétences personnelles.

Propos recueillis par Dominique Fonseque-Nathan

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