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Retour d'expérience : "J'ai vendu ma maison pour acheter un bistrot"

Fonds de commerce - lundi 2 janvier 2017 10:37
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91 - Essonne Gil Dallemagne a visité une cinquantaine d'affaires avant de trouver celle qui lui convenait à Dourdan, dans l'Essonne, à 40 km au sud-ouest de Paris.



Pour trouver le fonds de commerce susceptible de lui convenir, Gil Dallemagne s'était fixé une liste de critères qui limitait forcément le champ de recherche. Père divorcé avec deux enfants à charge, il recherchait une affaire dans un rayon de 50 km maximum du lieu de résidence de la mère de ses enfants, dans une ville de 10 à 15 000 habitants avec des écoles et lycées à proximité. Il fallait également qu'il s'agisse d'un bar-brasserie-restaurant bénéficiant d'un emplacement stratégique (proche d'une gare ou centre-ville), qu'elle emploie un salarié maximum, soit dotée d'un logement habitable, d'une cour ou d'un jardin. L'affaire devait encore être saine et bien gérée de préférence par un exploitant partant à la retraite. "C'était pour moi un gage de stabilité et de pérennité et un moyen d'éviter les affaires rénovées plus chères", explique l'entrepreneur.

Pour sa recherche, Gil Dallemagne s'est fixé un budget compris entre 200 000 et 300 000 € et s'est donné le temps de la vente de sa maison, rénovée pour l'occasion. Il a consulté les annonces sur internet, les magazines spécialisés et plusieurs agents commerciaux. C'est Christophe Martin, de MP Commerces et Transactions membre du réseau CEH, qui lui a présenté l'Écu de France à Dourdan (Essonne), un café-bar dans le style années 1980, avec flippers, baby-foot et du billard. Située sur la place du marché, l'affaire est exploitée par Sylvain Hee, qui, à 62 ans, songe à partir à la retraite. "Je venais de contacter MP Transactions qui me l'avait vendue vingt-quatre ans auparavant et avait maintenu le contact commercial. Je n'avais pas imaginé que je vendrai en à peine deux mois et demi", confie l'ancien propriétaire.


Création d'une entreprise individuelle à responsabilité limitée

Avec un bar de 5 m de long, une salle de 80 m2 et une petite terrasse, l'affaire est rentable, bien gérée, dotée d'une clientèle d'habitués, dans un environnement correspondant aux critères personnels de Gil Dallemagne. Séduit dès une première visite en mai 2016 et une prospection personnelle des alentours, celui-ci est convaincu que ce café-bar est l'affaire qui lui convient même s'il ne pourra pas développer tout de suite une activité de restauration. Parallèlement, le cédant apprécie le sérieux et l'expérience du repreneur, qui a notamment été directeur de la restauration chez Novotel. D'autant que ce dernier n'a pas l'intention de modifier l'esprit de la maison. "Je n'ai fait aucun travaux, je n'ai pas modifié la carte, ni les horaires d'ouverture, ni l'enseigne et j'ai gardé la serveuse", précise-t-il.

Pour le crédit, Gil Dallemagne a démarché toutes les banques locales avec l'assistance de Christophe Martin qui l'a également mis en relation avec un expert-comptable et un avocat pour le montage du dossier et la création d'une EIRL, structure juridique qui lui permet séparer son patrimoine personnel et professionnel, tout en évitant la lourdeur de la Sasu. Sur quatre banques, toutes acceptent de le soutenir. Il optera pour celle qui demande le moins de garanties à taux équivalent. "Elles ont apprécié mon CV, mon projet qui tenait la route, mon apport constitué du produit de la vente de ma maison et l'engagement du propriétaire de vendre les murs dans un second temps", se souvient Gil Dallemagne.


Tiphaine Beausseron

En chiffres

Prix du fonds : 4 x l'EBE

Apport : 60 000 € soit 40 % du prix du fonds

Taux du crédit : 1,25 % sur 7 ans

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En dates

Gil Dallemagne

1993 : bac pro restauration à Étioles

1996 : restaurant manager puis directeur de la restauration chez Novotel à Londres

2000 : responsable de la restauration chez Novotel Dubaï

2006 : commercial puis responsable des ventes chez Brake

2016 : vend sa maison pour reprendre l'Écu de France

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Le mot de l'expert

Christophe Martin, MP Transactions

"Les plus de cette affaire :

- un bon emplacement avec beaucoup de passage et une clientèle de centre ville régulière ;

- une activité de café-limonadier pouvant être complétée par de la restauration ;

- une fermeture un jour et demi par semaine et cinq semaines par an ;

- une affaire rentable, bien gérée et exploitée par le même propriétaire depuis vingt-quatre ans ;

- un propriétaire conciliant qui s'est engagé à vendre les murs au repreneur dans un délai de deux ans."

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L'EIRL

Contrairement à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), qui est juridiquement une société dont l'exploitant est associé unique, l'entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) est juridiquement une entreprise individuelle. Mais, contrairement à l'entreprise individuelle classique, son dirigeant affecte un patrimoine dédié à son activité professionnelle (le patrimoine d'affectation) ce qui lui permet de limiter l'étendue de sa responsabilité. En outre, l'EIRL peut, par exception, être soumise à l'impôt sur les sociétés. Dans ce cas, son mode de fonctionnement ressemble à celui de l'EURL. Le dirigeant de l'EIRL n'est pas salarié et cotise au RSI.

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