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"Je suis sourd et j'ai monté mon restaurant"

Emploi - mercredi 6 février 2019 14:05
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75 - Paris Arthur Devillers est sourd profond. À 30 ans, il est à la tête d'un fast-good végétalien comptant trois salariés, touchés par le même handicap. Zoom sur la surdité, les adaptations nécessaires, ou encore les conseils pour une intégration réussie.



Il n’est pas facile, quand on est sourd profond, de trouver un emploi. Aussi Arthur Devillers, sourd de naissance, a-t-il préféré se mettre à son compte. Son fast-good Furahaa Break, implanté au cœur du IXe arrondissement de Paris depuis l’été 2018, propose une cuisine végétalienne et bio, des spécialités du monde entier (burger, wrap, bo bun, etc.)… et une immersion au pays des sourds. "J’ai embauché trois salariés sourds. J’ai voulu que ce lieu soit un point de rencontre entre sourds et entendants", explique-t-il. Au mur, un écran diffuse en boucle les signes les plus utiles (bonjour, bon appétit, merci…). Des brunchs sont même organisés chaque mois, afin d’apprendre les rudiments de la langue des signes.

"Une petite gymnastique"

Pour passer commande au comptoir, les clients peuvent pointer du doigt le tableau où sont indiqués les plats illustrés. Ils reçoivent un ticket avec un numéro de commande, et un vibreur les alerte lorsque leur plat est prêt. "Les gens s’adaptent très facilement. Et quand, parfois, les clients demandent une chose qui n’est pas claire, j'ai une tablette d'écriture pour me permettre de communiquer. Parfois aussi, je m’exprime par mimique", poursuit le jeune homme. "J’ai connu des sourds profonds qui avaient un poste de vendeur. Sur la partie prise de commande, c’est juste une petite gymnastique pour les clients. Ils peuvent par exemple cocher une fiche sur laquelle sont indiqués les différents plats de la carte", confirme Claire Chotard, chargée de relations employeurs au sein de Cap Emploi 27.

Pour les réservations, Arthur Devillers a recours aux SMS, à facebook ou aux e-mails. Un système lumineux a également été mis en place, afin de communiquer entre le restaurant et le bureau, situé au sous-sol. L’entrepreneur est d’ores et déjà en quête d’investisseurs pour lancer cette année trois mini-kiosques Furahaa Express à Paris. À terme, il espère même développer un réseau franchisé dans l’Hexagone. “L’objectif est d'encourager le recrutement des sourds en cassant les préjugés”, note-t-il. Et Ivan Talpaert, directeur de la sécurisation des parcours à l’Agefiph, d’enchérir : “Un collectif de travail s’enrichit toujours d’une différence”.

 

#Snacking #Vegan #Surdite #Handicap #ArthurDevillers


Violaine Brissart
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-Ce que dit la loi :

Les entreprises qui emploient au moins 20 salariés depuis plus de 3 ans ont l’obligation d’embaucher au moins 6 % de personnes handicapées.

 

- Un handicap, des réalités diverses :

La déficience auditive est souvent réduite au stéréotype du sourd-muet. Or, la plupart des personnes sourdes sont capables de parler. La déficience auditive est classée en quatre catégories (légère, moyenne, sévère et profonde) : ainsi, des prothèses auditives permettent de compenser presque intégralement une déficience légère. 

À noter : Seules 8 % des personnes sourdes  et 1 % des personnes déficientes auditives  pratiquent la langue des signes française (LSF). Pour communiquer, on peut donc utiliser la LSF ou la lecture sur les lèvres, en se plaçant bien face à la personne, en articulant bien, en utilisant des phrases courtes…

 

- Quels organismes contacter ?

Pour recruter, vous pouvez vous adresser à Pôle emploi ou contacter directement le Cap emploi de votre département. Chez Cap emploi, un conseiller vous assiste dans les différentes étapes du recrutement et de l’intégration. Il peut aussi vous aider à monter des dossiers pour obtenir des aides financières auprès de l’Agefiph : ces dernières sont destinées à la mise en œuvre d’aménagements (prothèse, bip visuel de sécurité, interprète en LSF lors des entretiens ou des formations…).

 

- Comment réussir l’insertion ?

Il faut que tous - supérieur hiérarchique et collègues - jouent le jeu. Ils doivent être sensibilisés en amont aux contraintes de la surdité, notamment en termes de communication et de sécurité. Avant l’embauche définitive, une évaluation en milieu de travail peut être conseillée. Enfin, lors des premiers mois, des entretiens réguliers permettront de faire le point sur le travail au quotidien et de supprimer d’éventuelles difficultés.

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