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Recrutement : quelle place pour les profils atypiques ?

Emploi - vendredi 7 décembre 2018 09:29
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Paris (75) Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas venir du secteur de l'hôtellerie-restauration et à y faire carrière. Comment s'explique ce phénomène ? Retour sur une intégration réussie de ces profils dits atypiques.



Au Mob Hotel de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), directeur et serveurs n’hésitent pas à montrer leurs tatouages. Au Shangri-La parisien, Clément Emery, le chef barman, est d’abord passé par une hypokhâgne et une khâgne, avant de maîtriser la préparation des cocktails. Quant à Jérémie Jean-Michel, actuel chef voiturier de l’hôtel Brach à Paris (XVIe), il  a d’abord manipulé des surgelés dans un entrepôt frigorifique, vendu chez Castorama, avant de se former chez ADP (Aéroports de Paris) pour devenir agent d’escale…

Ils sont nombreux aujourd’hui à venir d’un univers différent de l’hôtellerie-restauration et à y faire carrière. À l’instar d’Antoine Bouilhol (voir encadré), ancien chef d’agence chez Point P, aujourd’hui directeur de l’hôtel Louvre Lens (Pas-de-Calais). “Dans nos métiers où la relation avec l’autre est primordiale, nous avons besoin de profils atypiques. C’est important de varier les personnalités, d’apporter une ouverture d’esprit et un regard neuf”, explique Xavier Dupain. Le directeur général des hôtels Esprit de France, dont fait partie le Louvre Lens, ne tire pas un trait pour autant sur le savoir-faire de celles et ceux issus d’une filière hôtelière. Mais il mise sur un mélange des profils, “du moment que ce sont des passionnés de nos métiers”.

Pour certains postes, “les recruteurs privilégient les talents aux CV”

Entre les nouvelles façons de créer de l’expérience client et l’arrivée de la digitalisation, l’hôtellerie et la restauration ont davantage besoin de ces profils atypiques”, constate Sophie Audubert-Todorovic. La fondatrice du cabinet de conseil Restarto reconnaît que pour certains postes, “les recruteurs privilégient les talents aux CV”. Chez Esprit de France, “la réception ou la conciergerie, où l’on est en permanence en relation avec le client, sont certains de ces postes où les profils différents s’adaptent très bien”, constate Xavier Dupain.

“Il est important de générer une expérience client dans un univers très compétitif”, insiste Sophie Audubert-Todorovic. Favorable à la diversité et au mélange des profils, elle cite en exemple l’hôtel Citizen M, à Paris (XIIe), “où quasiment personne ne vient de l’hôtellerie”. Un cas à part, même si Xavier Dupain regrette que le pourcentage de profils atypiques dans l’hôtellerie et la restauration  “soit encore trop faible”.

 

#Emploi #ProfilAtypique


Anne Eveillard
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L'apprenti devenu directeur en… cinq ans

Même s’il rêvait de travailler dans l’hôtellerie depuis tout petit, sa grand-mère l’a incité à faire des études. Un master de finance d’entreprise en poche, Antoine Bouilhol a d’abord été analyste crédit, responsable financier, avant de rejoindre Point P et le groupe Saint-Gobain, en tant que chef d’agence. Au bout d’une quinzaine d’années, il a eu envie de changements. Le 23 novembre 2014 - “c’est le jour de ma véritable naissance professionnelle”, dit-il -, il a quitté Carcassonne pour Paris et un poste de cadre pour celui d’apprenti réceptionniste à l’hôtel Holiday Villa Lafayette (IXe). La suite : trois années au sein des hôtels Maurice Hurand (VIe et VIIe) en tant que chef de réception, directeur adjoint, puis directeur. Aujourd’hui, il dirige l’hôtel Louvre Lens (Pas-de-Calais), dont il vient de faire l’ouverture. “Pour moi, c’était indispensable d’apprendre le métier à sa base”, confie-t-il. Quant à ce qu’il apporte en plus dans l’hôtel qu’il dirige, “c’est du recul et un angle d’approche différent des problématiques”. Et d'ajouter : “Mes expériences passées me permettent d’avoir une vision globale de l’établissement : de la gestion technique à l’aspect financier, en passant par les ressources humaines.”

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