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Après 50 ans, est-on trop vieux pour postuler dans l'hôtellerie-restauration ?

Emploi - vendredi 17 février 2012 12:10
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Paris (75) Le nombre de seniors demandeurs d'emploi dans l'hôtellerie et la restauration augmente. Les recruteurs ne refusent pas les candidatures. Mais la pénibilité liée à certains postes reste un frein à l'embauche.



'À la lecture d'un C.V., ce n'est pas l'âge qui fait la différence', assure Catherine Augereau Leloup, directrice emploi formation au sein du Groupe Flo.
'À la lecture d'un C.V., ce n'est pas l'âge qui fait la différence', assure Catherine Augereau Leloup, directrice emploi formation au sein du Groupe Flo.

En octobre 2011, d'après Pôle emploi, on recensait 2 580 demandeurs d'emploi âgés de 50 ans et plus pour un poste de management d'hôtel ou de restaurant (contre 2 280 en 2010), 3 460 pour travailler en café, bar ou brasserie (3 125 en 2010) et 4 050 (3 688 en 2010) pour assurer le service en restauration. Des chiffres à la hausse, certes, mais les DRH sont unanimes : les plus de 50 ans ne font l'objet d'aucune discrimination à l'embauche. Au sein de la partie traditionnelle du Fouquet's Barrière, à Paris, "une quarantaine de salariés ont plus de 50 ans", affirme Caroline Coudane, la DRH de l'établissement. "Récemment, nous avons embauché un senior pour un poste d'assistance de direction technique", ajoute Valérie Ressy, DRH du Mandarin Oriental parisien. "Pour des postes liés à l'encadrement, la comptabilité ou encore au standard, nous nous focalisons sur les compétences avant de regarder l'âge", poursuit-elle. Quant à Anne Dossche, à la tête des restaurants Crocodile, elle ne voit "aucun problème" à embaucher des seniors, hommes ou femmes, à temps plein ou à mi-temps, "s'ils connaissent le métier et s'ils ont, physiquement, toujours la forme."

"La forme". C'est là que le bât blesse. Dès que l'emploi à pourvoir nécessite aptitude physique et endurance, les plus de 50 ans ont plus de difficultés à décrocher des entretiens d'embauche. Ainsi, certains palaces de la capitale boudent-ils d'emblée les candidatures de seniors pour des postes en cuisine. Or, en octobre 2011, Pôle emploi faisait état de 8 420 demandeurs d'emploi âgés de 50 ans et plus pour un poste à la plonge d'un restaurant, et de 7 216 candidats pour travailler en cuisine.

"Peu de seniors postulent chez nous", confie Catherine Augereau Leloup. La directrice Emploi formation au sein du Groupe Flo les voit davantage s'orienter vers la restauration collective, l'hôtellerie ou encore la création de leur propre établissement. "Mais nous étudions toutes les candidatures des plus de 50 ans, poursuit-elle. Même si nous n'allons pas créer de postes exprès pour eux." À l'issue d'un entretien, les seniors sont donc logés à la même enseigne que les autres postulants : si leur profil convient au poste à pourvoir, ils sont embauchés. "À la lecture d'un C.V., ce n'est pas l'âge qui fait la différence. À condition que le candidat ait envie de s'adapter à notre façon de fonctionner. Ce qui n'est pas toujours évident après 50 ans", nuance Catherine Augereau Leloup.

Ouverture à la diversité

De son côté, Pôle emploi multiplie les initiatives pour donner leurs chances aux seniors face à l'embauche. Le 24 janvier dernier, un accord cadre a même été signé avec Sodexo. Les deux parties s'y engagent "à renforcer et harmoniser au niveau national les collaborations déjà existantes dans plusieurs régions pour, à la fois, réussir les recrutements cadres et non-cadres de Sodexo et favoriser l'insertion professionnelle des demandeurs d'emploi". Les métiers de la restauration sont bien sûr concernés. Un nouvel élan qui vise, en outre, à s'ouvrir sur "la diversité et l'intégration", en permettant notamment un accès à l'emploi "à toutes les générations". Une occasion pour les seniors, souligne-t-on chez Sodexo, "de mettre en valeur leur expérience". Ces pistes sont d'autant plus encourageantes que l'hôtellerie-restauration reste l'un des premiers recruteurs en France.
Anne Eveillard

Pôle emploi se mobilise pour l'embauche des seniors
"Avoir 50 ans, c'est avant tout avoir 20 à 30 ans d'expérience", explique-t-on à Pôle emploi. Avoir 50 ans serait donc un atout. À condition de savoir se mettre en valeur. Ainsi Pôle emploi incite-t-il les seniors demandeurs d'emploi à transformer leur expérience en diplôme, par le biais d'une VAE. Un bilan de compétence approfondi est également proposé. Quant à l'évaluation en milieu de travail, "elle aide à vérifier les compétences professionnelles par rapport à un emploi recherché ou permet de découvrir un métier envisagé". Pôle Emploi propose, en outre, "un accompagnement renforcé et un suivi mensuel personnalisé". Une occasion pour les seniors qui le souhaitent d'être conseillés pour créer ou reprendre une entreprise. Enfin, Pôle emploi organise des forums avec des recruteurs. Ces événements sont répertoriés sur le site : www.pole-emploi-evenements.fr
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