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Gilets jaunes : des hôtels et restaurants encore dévastés à Paris

Café - Bar - Discothèque - lundi 3 décembre 2018 09:41
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PARIS (75) La violence est montée d'un cran, samedi 1er décembre, dans la capitale. Cette fois, ce sont les établissements situés en dehors des Champs-Elysées, un périmètre protégé par d'importantes forces de l'ordre, qui ont fait les frais des casseurs.



 

On va revenir samedi prochain tout casser de nouveau”, “Sale fils de riche”, “De toute façon, les assurances vont encore te payer !” Voilà les messages reçus sur les réseaux sociaux par Jordan Guetta, restaurateur au 13 de l’avenue de la Grande Armée (Paris, XVIe) après qu’il se soit exprimé à visage découvert, à l’antenne de Cnews, au sujet de la nouvelle mise à sac de son établissement.

Le jeune entrepreneur avait déjà exprimé son désarroi, sur la même chaîne d’info, la semaine dernière alors que son restaurant, Bagel Way, avait été victime des débordements. “La semaine dernière, les casseurs m’ont volé la caisse avec 3 000 € de titres-restaurants non tamponnés. Les vitres ont été cassées, les frigos ravagés. On venait de réparer mais, prévenu de cette nouvelle manifestation, j’avais gardé ma nouvelle caisse à domicile. Hier, tout a été détruit, même l’armoire à dessert. J’ai fait intervenir ce dimanche matin une entreprise en urgence pour clôturer, de nouveau, les vitrines avec des planches de bois. Le tabac à côté a été mis à sac mais pas la boulangerie qui n’a pas eu le moindre dégât. Au bout de l’avenue, la brasserie La Belle Armée a été entièrement incendiée. Les flammes montaient jusqu’au troisième étage. Il y avait des enfants dans l’immeuble”, énumère, dépité, le jeune entrepreneur.

 

“Je me sens sale”

“La proximité des Champs-Elysées était pour nous un gage de tranquillité. Il n’en est rien. Aujourd’hui, je me sens sale. Je sens mon restaurant sale. Je me sens violé”, s’effondre Jordan Guetta qui a fait des captures d’écran des insultes reçues sur Facebook et va porter plainte, “comme la semaine dernière”. Pour samedi prochain, alors qu’un nouvel appel à manifester est lancé par les gilets jaunes, il ne renoncera pas à son activité, ni aux menaces : “Nous envisageons de fortifier notre devanture avec  des structures métalliques.”

En face, au 34 de l’avenue de la Grande Armée, à l’hôtel Marmotel, Jacques, le réceptionniste de service le 1er décembre, a eu chaud : “Nous n’étions pas une cible mais coincés entre le tabac qui a été pillé et la banque sur laquelle les casseurs se sont acharnés. Ces derniers étaient, comme la semaine dernière, intéressés par le chantier et les planches juste devant nos établissements pour en faire des barricades. À 15 heures, nous avons fermé le sas de l’hôtel où des gilets jaunes s’engouffraient, sans nous menacer pour autant. Ils se protégeaient des gaz qui pénétraient jusque dans la cour intérieure.

 

Les Champs-Élysées épargnés, les alentours ravagés

Marc Cohen, directeur adjoint de l’Alsace, brasserie emblématique des Champs-Elysées ouverte 24 heures sur 24, a vécu une situation bien différente : “Je suis venu à mon travail depuis la station de métro Palais-Royal. Toutes les lignes étaient bloquées. J’ai dû montrer ma carte d’identité mais aussi la preuve que je travaillais sur l’avenue. Des employés n’ont pas pu se rendre sur place à cause de ce verrouillage. Cela n’a pas eu de conséquences puisqu’en temps normal, un samedi de décembre, nous avons 1 000 clients. Hier ils étaient une centaine. Dix fois moins ! Aucun Français. Uniquement des touristes pris au piège et effarés par l’impressionnant dispositif policier. À l’Alsace, nous n’avons eu aucun dommage et la clientèle française était de retour dès le petit-déjeuner. Nous recevons beaucoup de témoignages de soutien de nos clients, sur place comme par téléphone”, explique Marc Cohen qui ne se souvient pas, en dehors de travaux, avoir fermé une seule fois la nuit. 

Cette situation chaotique a eu un impact immédiat sur la fréquentation touristique à Paris, a affirmé Marcel Benezet, président de la branche cafés, bars, brasseries du GNI-Synhorcat, sur BFM : “La baisse de fréquentation est énorme, de l’ordre de 50 % avec une redirection des séjours des étrangers vers des villes comme Londres.”

Les CHR ne constituent pas une cible pour les casseurs. Les établissements vandalisés ont juste eu le malheur d’être sur le parcours des manifestants. Dans les bureaux de tabac en revanche, la mise à sac est systématique.

 

#GiletsJaunes #lAlsace #ChampsElysees


Francois Pont
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