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L'industrie agroalimentaire et la restauration font-elles bon ménage ?

Vie professionnelle - mardi 18 juin 2013 11:52
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Après les récentes annonces tous azimuts de nouveaux labels - dont l'appellation 'restaurant' -, l'industrie agroalimentaire a affiché son mécontentement lors d'une conférence organisée par le GéCo, en présence du ministre de l'Agroalimentaire Guillaume Garot.



"J'ai la conviction qu'il y a un fort potentiel de développement pour l'industrie agroalimentaire [IAA, NDLR]", martèle Jean-Thierry Dufort, président de Bel Foodservice et du GéCo, une association qui réunit 95 industriels "au service de la restauration", lors d'une conférence le 11 juin, aux salons Champs-Élysées Boétie (Paris, VIIIe). La salle comble reflétait l'importance de ce rassemblement et beaucoup étaient venus en quête de réponses et d'échanges, face à un climat incertain.

En premier lieu, Catherine Chapalain, directrice générale de l'Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA), a resitué cette filière, chiffres à l'appui : "En 2012, le chiffre d'affaires des IAA est estimé à 160,9 milliards d'euros [+ 2,3 % en valeur, + 0,3 % en volume, NDLR]. Le taux de marge brute est de 22,4 %, contre 25 % en 2011. Ce secteur emploie 495 000 salariés, soit 3 900 de moins par rapport à fin 2011." On note que la production industrielle (produits alimentaires + boissons) est passée dans le rouge l'an dernier avec – 0,8 % (+ 3,1 % en 2001). Cependant, les IAA s'en sortent plutôt bien, avec une certaine stabilité en douze ans, contrairement à l'industrie manufacturière qui chute depuis 2008. Deux secteurs tirent fortement leur épingle du jeu (sur les performances commerciales) : les boissons et les produits laitiers et glaces.

Toutefois, il faut rester vigilant. Catherine Chapalain a observé une multiplication des signaux d'alerte, à commencer par la consommation alimentaire fragilisée en 2013 (- 0,5 %). Le cours des matières premières s'enflamme depuis 2008 (+ 30 % pour le blé et + 42 % pour le soja par exemple). Enfin, les marges s'effritent : - 14,8 points en quatre ans. L'année 2013 sera-t-elle meilleure pour les IAA ? Pas si sûr. L'ANIA prévoit "Plus 0,5 % en valeur du chiffre d'affaires, contre + 2,3 % en 2012. L'effectif continue à baisser : 490 000 salariés, soit moins 5 000 par rapport à fin 2012. Quant à la production industrielle, elle est estimée à - 1 %, contre - 0,8 % en 2012." Face aux industriels agroalimentaires, Catherine Chapalain insiste sur le fait que la restauration hors domicile (RHD) est un fort levier de croissance. Pour preuve, le marché de la RHD représente 15 % du chiffre d'affaires des IAA. "Ce marché est important pour les IAA car il permet une diversification des clients accessibles même pour les petites entreprises. Ce marché complémentaire peut représenter 30 à 50 % de leur chiffre d'affaires et un levier d'innovation pour proposer des produits à forte valeur ajoutée", conseille-t-elle.

 

Les frontières s'estompent en restauration

Dans un second temps, pour faire suite aux questionnements sur la RHD en France, Nicolas Nouchi, directeur de CHD Expert, a dressé l'état de santé de "ce marché inévitable". En effet, et ce n'est pas nouveau, la conjoncture économique influe sur le comportement du consommateur. Elle engendre donc une baisse du panier moyen de commande, une fidélité moins importante, la recherche d'offres (menus, formules) plus attractives, l'envie de manger plus rapidement, et des repas moins structurés. Selon un sondage mené par CHD Expert en avril 2013 auprès de 500 consommateurs actifs, au mois de mars 76,7 % ont mangé au moins une fois à leur domicile ou celui d'un ami, 59,6 % se sont restaurés dans un établissement de restauration à table, 57,6 % en restauration rapide ou à emporter, 54,1 % dans une boulangerie-pâtisserie, tandis que 32,6 % ont préparé une 'gamelle' pour manger dans leur entreprise ou à l'extérieur. Ce dernier chiffre interpelle. "Le ticket moyen avec boissons est de 29 € TTC en restauration à table, et de 9,50 € en vente à emporter ou sur le segment rapide. L'univers rapide, même s'il progresse depuis dix ans, devient trop cher ! Dans les boulangeries-pâtisseries, des circuits alternatifs, on trouve une offre plus économique à 5,60 € de ticket moyen. Ce marché vient directement concurrencer les restaurations à table traditionnelle et rapide, en particulier le midi", constate Nicolas Nouchi. Certains privilégient aussi les restaurants d'entreprise (restauration collective) pour manger à un tarif plus réduit au déjeuner. Moralité : les frontières s'estompent entre les différents segments de la restauration. Chacun trouve à sa manière des leviers pour faire face à la crise. Et l'industriel dans tout cela ? "Il est nécessaire dans le suivi des enseignes, pour ceux qui gèrent des lieux avec plusieurs points de vente [MCO, NDLR]. L'industriel apporte une dimension à l'opérateur, que ce soit sur le marketing, la recherche de promotions. Il apporte aussi son expertise sur les produits labellisés, du terroir, etc. Avec un objectif : la satisfaction du client."

Hélène Binet

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