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La compétitivité du tourisme et de l'hôtellerie au coeur du manifeste publié par l'Umih et le GNC

Vie professionnelle - mardi 3 avril 2012 18:51
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Le GNC et l'Umih viennent de publier un manifeste sur le tourisme et le potentiel hôtelier en France. Jacques Barré, président du GNC et Roland Héguy, président confédéral de l'Umih, s'expliquent sur cette démarche commune et les préconisations qu'ils établissent.



Jacques Barré, Roland Héguy, ici avec Hervé Bécam, vice-président de l'Umih lors des Universités d'été du Medef.
Jacques Barré, Roland Héguy, ici avec Hervé Bécam, vice-président de l'Umih lors des Universités d'été du Medef.

L'Umih a publié l'an dernier 'La restauration française : un accélérateur de croissance'. Le mois dernier, les organisations patronales ont présenté une Etude économique sur la restauration, qui a été financée dans le cadre du Fonds de modernisation. Pourquoi cette nouvelle enquête ? Qu'en attendez-vous et à qui s'adresse-t-elle ?

Jacques Barré : L'étude « la restauration française : un accélérateur de croissance » avait été initiée par l'Umih, étude à laquelle le GNC avait largement souscrit. Elle portait sur le seul volet de la restauration et apportait un éclairage objectif du secteur 2 ans après l'application du taux de TVA à 5,5%. Le rapport d'Euro Group réalisé dans le cadre du FMR avait pour ambition, non seulement de valider les impacts bénéfiques de l'alignement fiscal, mais surtout de mener une approche prospective du secteur en relevant risques et opportunités qu'il devra relever. Le manifeste UMIH-GNC « rendre sa compétitivité à  l'industrie du Tourisme et à son moteur l'hôtellerie » prétend pour sa part placer le secteur de l'hôtellerie, que les précédentes études ne traitaient pas, au coeur du débat sur l'avenir du tourisme en France.  A destination des candidats aux prochaines élections (présidentielles et législatives) et aux principaux décideurs, ce document souligne sans concession les faiblesses du secteur , son potentiel insuffisamment soutenu et exploité, et les champs d'intervention que l'on doit d'urgence occuper pour rendre à la France touristique la place qu'elle n'aurait pas dû perdre.

Roland Héguy : A quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, ce manifeste cosigné par l'Umih et le GNC est avant tout un document pédagogique à destination des futurs décideurs qui vise à replacer nos métiers et principalement l'hôtellerie dans le grand ensemble du tourisme. Il faut comprendre que dans la perception du consommateur, les métiers que nous représentons - cafetiers, hôteliers, restaurateurs -  font parmi d'une seule et même grande famille, celle du tourisme en France. Or cette perception débute dès l'arrivée des touristes dans les gares ou les aéroports, se prolonge dans nos établissements et va jusqu'à la diversité de notre offre culturelle. Dans cette compétition mondiale, la France bénéficiait jusqu'à présent d'une position de leader incontestée. Toutefois, l'émergence de destinations concurrentes, le vieillissement de nos infrastructures et des efforts de promotion insuffisants ont conduit notre pays à perdre ces dernières années de nombreuses parts de marché au profit d'autres pays qui ont su, de leur côté, faire du tourisme leur priorité.  Avec ce manifeste nous souhaitons adresser aux futurs décideurs et à leurs équipes une série de propositions pour redonner de la compétitivité à l'industrie du Tourisme et à son moteur : l'hôtellerie.

Le nombre d'hôtels en France diminue. Vous craignez une 'fuite de la clientèle vers d'autres pays mieux équipés'. L'hôtellerie française doit-elle se réinventer ?

J. B. : Peut-on rester immobiles devant ce constat ? : 1 hôtel et 2 bar-restaurants ferment chaque jour, le taux de croissance du tourisme international croit de près de 5% par an alors que la France n'en recueille pas les fruits, la part de marché de la France dans le tourisme européen a baissé de près de 5 points en 10 ans… L'hôtellerie française doit se réinventer en même temps qu'une politique touristique volontariste doit être menée au plus haut niveau de l'état. Une politique fiscale et financière orientée vers l'hôtellerie doit être mise en oeuvre et alléger notre profession des contraintes réglementaires qui captent l'essentiel des capacités d'investissement au détriment de celles nécessaires à « réinventer » l'hébergement de demain. La volonté et l'imagination  des professionnels sont présentes, reste à leur permettre de les développer.

R. H. : Au 1er janvier 2012, la France comptait à peine 17 000 hôtels classés (nouveau et ancien classement confondus), pour un total inférieur à 615 000 chambres. En moins de 5 ans c'est ainsi près de 1 000 hôtels qui ont disparu du paysage français faute de repreneur alors que c'est bien souvent la dernière activité économique dans nos territoires ruraux. Face à cette hémorragie, nous proposons de mettre en place des mécanismes de financement pour relancer l'investissement dans le secteur touristique que ce soit pour l'hôtellerie existante et celle à venir. La profession doit pouvoir également compter sur une plus grande stabilité fiscale et réglementaire. La question de la mise aux normes des établissements existants aux nouvelles réglementations (sécurité incendie / accessibilité) et notre capacité à adapter l'offre hôtelière aux nouvelles attentes du consommateur est primordial si l'on veut conserver une hôtellerie de qualité. Enfin toutes les formes d'hébergements doivent pouvoir être soumises aux mêmes règles de fonctionnement et répondre aux mêmes obligations. Il n'est pas acceptable en France que les règles du jeu soient différentes selon que vous soyez un hôtel, une chambre d'hôte ou une résidence de tourisme.

Vous estimez que le tourisme doit devenir l'un des moteurs de la reprise économique. Quels sont les principaux leviers à activer ?

J. B. : Dans les 8 à 10 années qui viennent les mouvements touristiques mondiaux seront passés de 1 MD à 1,5 MD, c'est à dire une croissance de plus de 5% par an: la France veut-elle prendre sa part ? Cela signifie reconnaître le potentiel incomparable de la France et la nécessité d'en activer sa promotion, en challengeant nos concurrents et en y affectant les moyens à la hauteur de son potentiel, en favorisant le développement de pôles touristiques, en menant des politiques de qualité et de formation, en accordant enfin à ce secteur le bénéfice qui lui est dû au titre de sa contribution à la balance des paiements (plus de 30% des nuitées sont consommées par une clientèle internationale). 

R. H. : Je préférais dire que le tourisme et nos métiers 'RE' deviennent des relais de croissance sur lesquelles l'économie française puisse s'appuyer. Rendez-vous compte, notre secteur représente 7,1% du PIB, 41,6 milliards d'euros de valeur ajouté contre 30 milliards d'euros pour l'énergie ou pour l'agriculture. Il emploie 975.000 personnes (dont 175.000 non-salariés) directement et presque autant indirectement, soit un total de 1,8 million d'emplois non-délocalisables, 4 fois plus que dans l'industrie automobile ! Au-delà de ces chiffres, nous souhaitons avant tout que les futurs décideurs prennent conscience que si la France est dotée naturellement de formidables richesses touristiques, nous perdons chaque jour un peu plus de parts de marché face à la concurrence d'autres pays qui ont su faire du Tourisme et de sa promotion, l'un des axes prioritaire de leur politique économique. Face à ce constat, nos futurs dirigeants devront eux aussi demain, à l'image de nos concurrents espagnols ou américains, porter à haut niveau le flambeau de l'industrie du tourisme français et offrir à nos hôteliers les outils nécessaires pour mieux promouvoir leurs compétences et restaurer notre leadership. Nous proposons également que les mécanismes d'allègement de charges actuellement en vigueur puissent être pérennisés pour garantir un haut niveau d'emploi et  pour que nous puissions continuer à jouer notre rôle  d'ascenseur social notamment pour les jeunes et les non-qualifiés.

Au chapitre 'emploi et formation', vous recommandez de 'rendre plus attractives les conditions de travail des salariés'. La profession n'a donc pas fait suffisamment d'efforts ?

J. B. : Beaucoup d'efforts ont été consentis : dans les conditions de travail, de rémunération, d'avantages sociaux, de formation… Beaucoup d'actions de promotion ont été engagées. Il reste encore du chemin pour faire reconnaître  nos métiers, les opportunités qu'ils offrent… et le formidable champ d'action d'un secteur dont on est sûr qu'il est un secteur d'avenir.

R. H. : Je crois qu'en matière de dialogue social, la Profession a depuis 10 ans avancé à pas de géant grâce notamment à la baisse de la TVA dans la restauration. Les différents contrats passés avec les Pouvoirs Publics (contrat de croissance et contrat d'avenir) ont permis de revaloriser de manière très importante les conditions de travail de nos salariés (rémunération, temps de travail, régime de prévoyance et de frais de santé, primes,…). Je considère que c'est une richesse et un investissement dans l'avenir de nos métiers, secteur de main d'oeuvre par excellence. Il nous faut aujourd'hui davantage travailler à la promotion de nos métiers et communiquer sur les opportunités de carrières que l'on peut y trouver… car chez nous, il faut le savoir, l'ascenseur social n'est pas resté bloqué. En matière de formation, là aussi nous devons travailler à une meilleure adéquation de la formation aux besoins de nos entreprises avec par exemple la mise en avant de l'apprentissage. Cette filière de formation  est fondamentale pour notre industrie : elle assure une qualification et une insertion professionnelle réussie dans 80 % des cas.

Comment expliquez-vous que les hôteliers indépendants ne se soient pas emparés davantage du nouveau classement ?

J. B. : De nombreux facteurs peuvent en être la cause. Priorité donnée aux investissements contraints, manque de visibilité fiscale et réglementaire, capacités d'emprunt, concours bancaires, incertitudes sur l'avenir de certaines exploitations…

R. H. : A fin février 2012, environ 3 500 hôtels avaient décroché leur nouveau classement. Ce score nous déçoit aussi quelque peu quand on récapitule toutes les actions que l'UMIH et ses départements ont organisées sur l'ensemble des territoires pour encourager les hôteliers dans cette démarche (diagnostique en ligne, PPRH, réunions d'informations, ateliers au congrès). Je crois surtout que les difficultés d'accès au financement constituent aujourd'hui, l'un des principaux obstacles à la croissance et à l'investissement de nos entreprises et donc à la mise en place du nouveau classement. De surcroît, la dégradation de la situation économique n'a fait qu'exacerber les difficultés dans ce domaine : durcissement des conditions d'obtention des prêts, garanties élevées…. Le resserrement général des conditions de crédit, auquel nous avons assisté, s'accompagne d'un manque de visibilité de la part de nos entreprises en matière de règlementation (accessibilité / sécurité incendie) et découragent le plus souvent les efforts d'investissement ou favorisent l'attentisme des professionnels qui hésitent à s'engager dans ce nouveau classement. 
 
Pourquoi cette analyse commune 'GNC/Umih' ? Doit-on en conclure : 'hôtellerie de chaîne, hôtellerie indépendante, même combat ?'

J. B. : Plus de 50% des hôtels de chaîne sont des établissements indépendants. Tous les hôtels de chaîne ou indépendants répondent aux mêmes contraintes. Si les chaînes peuvent avoir des perceptions différentes de celles des indépendants sur certains sujets, ce n'est certainement pas le cas des recommandations formulées dans notre manifeste commun touchant la compétitivité du tourisme en France dont l'hôtellerie est un des moteurs. 

R. H. : Il convient de rappeler, en premier lieu, que l'Umih et le GNC sont associés depuis 1994. Cette association découle d'une volonté commune des deux organisations de voir l'hôtellerie parler d'une seule et même voix en France. Voilà donc maintenant près de 18 ans que les deux structures travaillent côte à côte à défendre et promouvoir les intérêts de l'hôtellerie en France. Ce manifeste est l'illustration de la collaboration constructive qui existe entre les deux structures   et une formidable réponse à ceux qui tentent systématiquement d'opposer chaine et indépendant. Enfin, il m'apparaît paradoxal de demander aux Pouvoirs Publics de mutualiser davantage les moyens consacrés à la promotion du Tourisme et de ne pas commencer à s'appliquer cette règle à soit même. Je suis convaincu que plus la représentation de nos métiers se consolidera et plus nous serons entendus et écoutés par les pouvoirs publics.

Avec nos remerciements aux services administratifs de l'Umih et du GNC.

Propos recueillis par Sylvie Soubes

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