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L'entreprise et l'emploi au coeur des préoccupations, pour Roland Héguy et Hervé Bécam

Vie professionnelle - mardi 8 juin 2010 10:46
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75 - Paris Seuls, à ce jour, à s’être déclarés officiellement à la présidence et vice-présidence de l’Umih, alors que les élections sont prévues au plus tard le 27 septembre, Roland Héguy et Hervé Bécam ont mené à bien le dernier Conseil d’administration du 26 mai. Entretien.



Hervé Bécam et Roland Héguy peu après le Conseil d'Adminsitration du 26 mai.
Hervé Bécam et Roland Héguy peu après le Conseil d'Adminsitration du 26 mai.

L’Hôtellerie-Restauration : Candidats à la tête de l’Umih, plus que jamais ?
Roland Héguy : Nous réitérons notre volonté d’apporter à la profession les moyens d'avancer. Nous voulons redynamiser très rapidement notre organisation patronale qui doit retrouver la place de leader qui est naturellement la sienne. Avec cette volonté aussi grossir les rangs. L’Umih en a les capacités. Les professionnels ont besoin d’une structure et de services qui puissent les aider non seulement à exister mais à se développer. Le développement des entreprises est un axe essentiel de notre programme.

A quelques jours du premier anniversaire de l’entrée en vigueur de la baisse de la TVA, votre sentiment ?
R. H. : Le contrat d’avenir, ce sont des engagements et ils doivent être tenus. A côté de ça, la baisse du taux de TVA a sauvé des entreprises et de l’emploi. Et ça c’est essentiel et il faut le faire savoir au grand public.
Hervé Bécam : Assimiler, comme on l’entend, cette baisse à une niche fiscale est une erreur monumentale. C’est nous enfermer dans un processus qui implicitement la remet en cause, sous prétexte que nous n’aurions pas tenu nos engagements. Les médias n’ont mis l’accent que sur le prix. Or ce n’est qu’un volet. La restauration achète tous ses produits transformables à 5,5 et les revendaient à 19,6. C’est un combat qui était celui de l’équité fiscale. Aujourd’hui, on achète à un taux et on revend au même taux. C’est ce que nous avons obtenu et ce n’est pas une niche fiscale. Il s’agit, nous le répétons, d’une justice fiscale. Sachant que tous les alcools et les services annexes sont à 19,6 %. En ce qui concerne la baisse des prix, les restaurateurs sont actuellement à un point des objectifs fixés. Mais les objectifs sont à trois ans et non à un an ! La France a été frappée par la crise. L’an dernier l’industrie a perdu des milliers d’emplois alors qu’elle a été aidée financièrement. Et que nous avons, nous, malgré les difficultés économiques, créé 5 600 emplois alors que nous avons perdu les aides à l’emploi qui se chiffraient à 600 millions d’euros. Oui, le contrat d’avenir prévoit 20 000 emplois supplémentaires. Là encore, il reste deux ans. La profession a dans le même réinjecté 1,4 milliard dans le panier social des salariés. Le Smic n’existe plus, on est à + de 5% dans les salaires, il va y avoir une mutuelle et la prime TVA va être versée en juillet…
R. H. : J’ai beaucoup de mal à comprendre cet acharnement contre les chefs d’entreprise que nous représentons.
H. B. : Nous sommes des TPE et nous pouvons le dire haut et fort, nous sommes le tissu de la convivialité française, les garants d’un patrimoine gastronomique, avec des emplois de terrains, indélocalisables et de proximité.
R. H. : On peut, dans notre secteur, rentrer sans bagages et c’est une chance. Il y a de très belles réussites dans nos salariés.
H. B. : Des efforts considérables en matière de formation ont été faits. Maintenant, nous attendons beaucoup de la mission confiée à Régis Marcon, que nous soutenons. Celle-ci va aboutir à deux objectifs : la mise en place de structures et en amont des processus qui vont former et informer les jeunes, valoriser le métier, valoriser les tuteurs, l’encadrement. Tout cela est très positif et garant d’une dynamique nouvelle et nécessaire.

Comment voyez-vous l’avenir du bistrot ?
R. H. : L’apéro face Book est une réaction à trop d’interdits. Les politiques n’ont pas vu venir ce type de comportement. On interdit aux jeunes de se retrouver au café pour boire un panaché et on laisse les étudiants louer des salles des fêtes, avec tous les excès que l’on connaît... Au-delà de ce problème, il est certain que le café doit s’adapter aux besoins de son environnement. Il ne peut plus se développer sur un modèle type, il doit être proche de l’identité culturelle du village ou du quartier. Dans un département, en fonction du lieu, son rôle sera différent.

La loi sur l’accessibilité est-elle ‘surmontable’ ?
H. B. : Il est hors de question de laisser la loi comme elle est. L’échéance n’est pas 2015, mais fin 2014 et nous devons mobiliser et repartir au combat au plus vite. Cette loi touche l’ensemble de nos métiers. Les deux tiers ne sont pas en capacité d’entrer dans les clous. Nous ne voulons pas de dérogatoire mais un régime général qui soit adapté. Il faut que les établissements existants puissent dire ‘voilà, ici, nous sommes accessible à tel ou tel handicap’. Mettre tout le monde au même niveau est impossible.
R. H. : On est dans l’urgence. Les transmissions d’entreprises sont en jeu. Et l’emploi directement concerné.  La profession est consciente qu’ilf aut répondre à l’handicap. Concernant le neuf, il n’y a aucun souci. Mais concernant le bâti, l’existant, il faut être intelligent. On nous demande de tout casser, c’est absurde. 

Un message sur le nouveau classement hôtelier ?
R. H. : On est sur une nouvelle lisibilité, nécessaire pour l’enjeu économique du secteur. Le vrai sujet de réflexion pour l’hôtelier aujourd’hui, c’est le positionnement pour lequel il va opter. C’est lui qui va choisir d’être deux ou trois étoiles. Si glissement il y a, ce doit être un choix stratégique et économique. 

Comment percevez-vous le secteur saisonnier ?
R. H. : Les saisonniers, c’est la transversalité à tous les métiers, assimilable à la mobilité demandée aux salariés dans d’autres types d’activités. Il est impératif que des moyens sociaux d’hébergement soient mis en place et que la reconnaissance du statut de l’entreprise devienne effective. Derrière, il y a aussi de l’emploi.

La représentativité syndicale dans les entreprises de moins de 11 salariés est évoquée ? Etes vous pour ou contre ?
H. B. : Les TPE sont gérées par des patrons en osmose avec leurs salariés, il existe un discours social permanent et vivant. Faire une loi reviendrait à détruire les relations humaines. Regardez le nombre de salariés qui dans nos métiers ont pu et veulent devenir patrons. Ils n’auraient pas eu envie de se réaliser si cette capacité à gérer l’humain au quotidien était absente. Pourquoi légiférer quand les choses marchent bien ?
Propos recueillis par Sylvie Soubes

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