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Recrudescence des suicides chez les chefs d'entreprise et artisans-commerçants

Restauration - lundi 14 décembre 2020 16:48
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Le fait que les restaurateurs, hôteliers et cafetiers soient descendus dans la rue en un mouvement unitaire est le signe d'un profond malaise voire d'un désespoir qui peut mener à irréparable. Une enquête Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès tire la sonnette d'alarme.



L'angoisse qui étreint les professionnels face un avenir incertain peut mener au suicide.
© Getty Images
L'angoisse qui étreint les professionnels face un avenir incertain peut mener au suicide.

Voir la profession dans la rue n’est pas une habitude. Cela traduit le sentiment d’abandon et l’extrême inquiétude que ressentent les professionnels. L’absence de visibilité n’annonce pas un avenir brillant. Depuis le premier confinement, c’est-à-dire le 14 mars, l’incertitude liée à l’accumulation des dettes (loyers, pertes d’exploitations, PGE…) minent les restaurateurs.

Dans une enquête Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, on apprend que trois catégories socio-professionnelles sont plus particulièrement touchées par les pensées noires qui font envisager le suicide ou les tentatives de suicide. En premier lieu, il s'agit des dirigeants d’entreprise.  27% ont eu l’intention de se suicider en 2020. Chez les artisans-commerçants, on atteint le chiffre d'une personne sur quatre !  Parmi les artisans-commerçants qui ont envisagé le pire, 42% disent être passés à l’acte, avec une hospitalisation (contre 27 % en moyenne toutes catégories confondues). Un chiffre autant effrayant qu’alarmant. Mi-novembre, Ghislaine Boriller, patronne du restaurant Le Kenyah à Plougoumelen, dans le Morbihan, a mis fin à ses jours. Son suicide a été relayé dans les médias. Combien d'autres ont été passés sous silence ?  La troisième catégorie, ce sont les chômeurs. L'enquête relève qu'un quart d’entre eux sont également en proie à des épisodes aigus de déprime voire de dépression menant à chercher une issue fut-elle définitive. 

Au mois de mai dernier, dans les médias, Philippe Etchebest avait lui-même évoqué les nombreux messages désespérés qu’il avait reçus : "Pour voir tous les messages qui circulent tous les jours, il y a une grosse détresse qui est là. Il y a eu deux restaurateurs qui se sont suicidés et j'ai bien peur que ça continue si on ne fait rien et si on ne trouve pas de solution." Les mois passent, sur les réseaux sociaux, au sein des syndicats, dans les associations, les témoignages affluent. La peur de l’avenir s’ancre dans les esprits.

« Entre fin septembre et début novembre, l'état mental des Français s'est encore aggravé », a reconnu Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, au regard des résultats de l’étude menée par Santé Publique France : « le nombre de personnes faisant l'objet d'un état dépressif a doublé » pendant cette période. Cette tendance se retrouve dans l'ensemble de la population mais plus encore chez les inactifs, les jeunes et ceux connaissant des difficultés financières. « Il ne faut jamais hésiter à consulter un professionnels », a conclu le directeur général de la santé. Les résultats de l’enquête Ifop doivent aussi enjoindre les personnes en difficulté ou désespérée à ne surtout pas rester insolées. 


Nadine Lemoine
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