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La chronique du naufrage d'un ancien patron de brasserie

Restauration - lundi 14 décembre 2020 12:29
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Paris (75) L'histoire de Vincent Potez est celle de beaucoup de professionnels de la restauration qui voient leur carrière s'effondrer en raison de la situation sanitaire actuelle.



Vincent Potez
© DR
Vincent Potez


Le restaurateur Vincent Potez n’aurait jamais imaginé que la gérance d’une importante brasserie parisienne, située entre la place de la Bastille et la gare de Lyon (XIIe) lui réserverait autant d’épreuves, jusqu’à se retrouver hospitalisé. Avec 18 employés en 2016, la brasserie US Ateliers est pleine de promesses pour son nouveau gérant, qui vient de s’acquitter d’une caution de 150 000€  auprès du propriétaire. L’année 2017 est excellente, avec un chiffre d’affaires de plus de 1,3 M€.

En 2018, d’importants travaux sur la voirie, qui ralentissent l’activité, viennent tempérer son optimisme . “Toutes les places de parking payantes ont été retirées pour installer une voie de bus. Pendant un an, j’ai eu des barrières devant mon affaire. L’impact sur la fréquentation a été très fort. On m’a caché le projet de ces travaux, alors qu’il était connu lors de la vente. Je suis aujourd’hui en procès avec le propriétaire. De 18, nous sommes passés à 11 collaborateurs”, explique l’ancien gérant qui ne se doute pas de ce qui va suivre.

 

PGE refusé

“Les grèves des gilets jaunes, tous les week-ends, ont été un désastre. En 2018, nous passons sous le million de chiffre d’affaires, mais la chute s’accentue avec les grèves des transports de la fin d’année 2019Entre décembre et février, je perds 280 000 € de chiffre d’affaires ! J’avais 17 000 € de redevance mensuelle, plus 4 000 € de loyer et 2 000 € de droit de terrasse. À 4 000 € de CA par jour le samedi et le dimanche et 52 week-ends bloqués par les gilets jaunes, vous pouvez faire le calcul”, s’indigne Vincent Potez, qui pense avoir alors atteint le pire.

Ce sera sans compter sur le Covid-19 qui fige totalement l’activité en France quelques semaines plus tard. “Au premier jour du confinement, je savais que c’était fini. J’avais des retards de loyer. Le PGE m’a été refusé en raison de la mauvaise activité de l’année précédente. Au deuxième jour du confinement, j’ai été hospitalisé deux semaines. J’ai fait un burn-out. Pendant les grèves, nous n’étions plus que trois. On dormait dans le restaurant. C’est une chance de pouvoir en parler car j’ai eu des idées noires”, se souvient le restaurateur.

 

Le temps de la résilience

Vincent Potez a travaillé dans de belles adresses parisiennes, notamment aux Deux Magots (VIe) et comme directeur du Café de la Musique porte de Pantin (XIXe). C'est donc par ses relations, à la fin du premier confinement, qu'il décroche un poste au Café de la mairie, place Saint-Sulpice (Paris, VIe). “Ça fait trente ans que je travaille, ça m’a fait un bien fou pour le moral de reprendre une activité. J’ai retrouvé l’envie. Je ne regrette pas d’avoir été exclu du PGE, cela a évité de m’acharner et d’aggraver une situation difficilement réversible avec un autre confinement à venir. En redevenant employé, j’ai ressenti un apaisement face aux responsabilités. Je garde une colère contre le système, la manière dont sont traités les patrons. Pourtant, je ne renonce pas à reprendre une affaire, plus petite, à Paris. En attendant, si je peux aider mes confrères ce sera un plaisir. J’ai tellement frappé à toutes les portes et passé de temps dans la paperasse…”, confie le quadragénaire, actuellement en chômage partiel.

 

#VincentPotez #Covid19 #coronavirus #faillite


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