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Vente à emporter : la clé pour rouvrir son restaurant sans accueillir du public

Restauration - lundi 4 mai 2020 11:30
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Comment envisager la reprise d'activité dans les restaurants grâce au Click and Collect ? Lors d'un webinaire organisé le 30 avril par Les Ateliers du succès, quatre experts ont donné des pistes aux professionnels en matière de digital, d'optimisation des coûts, de réglementation et de packaging.




“Click and Collect : Comment rouvrir son établissement sans accueillir du public ?”
 : voici la question à laquelle quatre experts ont souhaité répondre lors d’un webinaire organisé par Les Ateliers du succès, le 30 avril dernier. "Je pense qu’il ne faut pas rouvrir trop vite le service à table”, affirme sans détour Rémi Ohayon, meilleur ouvrier de France en communication digitale et président-fondateur d’Api & You, agence conseil et communication. “Les Français ne sont pas encore prêts à se rendre en masse dans les établissements”, assure-t-il. La vente à emporter (VAE) est donc l'une des solutions indispensables pour la reprise d’activité. Un dispositif qui rassurera le client car “il se sentira plus en sécurité chez lui”. La clé pour générer du chiffre d’affaires selon l’expert : “créer de nouvelles opportunités”.

 

Les points relais

Aujourd’hui, un client commande via son smartphone, éventuellement via un ordinateur”, détaille Rémi Ohayon. Il est donc primordial d’avoir un site internet qui soit adapté à ces deux supports. Autre point important : le point de collecte dans un établissement relais. “Pourquoi ne pas envisager de s’allier à un fromager, un caviste, un pâtissier et se servir de ces établissements pour distribuer ses plats ?, suggère l’expert. Cela permettra de compléter son offre et d’augmenter ainsi la fréquentation. Autre piste : le prêt à cuire, avec une offre de viande non cuite, par exemple, pour un barbecue accompagné d’une garniture cuisinée.

 

Mise en place du Click and Collect

Même si les repas sont proposés en vente à emporter, “il est important de maintenir le tarif habituel. Les clients connaissent vos produits et votre offre, il faut garder votre marché”, conseille Rémi Ohayon. En revanche, il faut penser à de nouvelles possibilités de paiement, pour le client, notamment de permettre plusieurs paiements pour une même commande.

La mise en place du Click and Collect nécessitera bien sûr de garantir la sécurité sanitaire de tous. “Il faut se protéger, protéger ses collaborateurs et sa clientèle par la mise à disposition d’équipements de protection”, insiste Nurhan Tran, directrice du Pôle usage unique Groupe Matfer Bourgeat- Division Flo & In Situ.

Dernier point important à ne pas négliger : le packaging. “Le restaurateur est un créateur d’émotions et le packaging peut y contribuer", affirme Tatiana Rumeau, directrice générale de Comatec. Trois points pour bien choisir son packaging selon l’experte : celui-ci doit être ludique, pratique et écologique. Le packaging, selon elle, contribue à créer “une expérience et à fidéliser le client”.

 

#VAE #Venteaemporter #Coronavirus #clickandcollect


Romy Carrere
Le point sur la réglementation
  • Comment se mettre en règle juridiquement pour faire du Click and Collect, de la livraison, du drive ?

Selon maître Cédric Seguin, avocat en droit des affaires (Cabinet CS avocats associés), il faut distinguer, d’une part, ceux qui déployaient déjà une activité de vente à emporter avant la loi d’urgence sanitaire et qui, sans doute possible, sont autorisés à poursuivre leur activité et, d’autre part, ceux qui ne l’avaient pas mise en place. Pour ces derniers, un décret du 23 mars 2020 est venu confirmer que les restaurateurs qui devaient rester fermer pouvaient déployer une activité de livraison ou de VAE. Donc, on peut en déduire que, sur un plan règlementaire, l’activité est autorisée de manière générale.

Il est même fortement recommandé de déployer une activité de vente à emporter car les juges considèrent que si l’entreprise peut reprendre son activité et qu’elle ne le fait pas, ils ne participent pas à la perte. Un argument qui peut être utilisé par les assurances.

 

  • Tous les restaurateurs ont le droit de faire de la vente à emporter ?

Non, et la question de l’autorisation est importante. Le restaurateur doit vérifier le bail des locaux et sa destination, c’est-à-dire l’activité professionnelle autorisée par le bail. S’il prévoit une activité de restaurant, vous n’êtes pas, en principe, autorisé par le bailleur à développer une activité de VAE. Celle-ci est considérée comme une activité connexe ou diverse. Pour avoir une activité pérenne en Click and Collect, il faudra demanderune autorisation du bailleur, en lui indiquez votre souhait de développer une activité connexe de VAE ou de livraison par lettre recommandée ou huissier de justice. Celui-ci a un délai de deux mois pour répondre et son silence vaut accord tacite. S’il refuse, il faudra saisir le tribunal judiciaire qui se prononcera sur l’évolution des usages. A priori, on peut penser que  l’évolution ira dans le sens du locataire.

Il est absolument indispensable de régulariser la situation du bail par rapport à cette activité car les risques encourus ne sont pas neutres et peuvent conduire à la résiliation du bail.

Autre conséquence : une activité de VAE peut permettre au bailleur de solliciter (pas forcément d’obtenir) une augmentation du loyer. Compte tenu de la situation actuelle, il est certain que les professionnels disposent aujourd’hui, et pour un certain temps, d’atouts pour négocier avec leur bailleur et éviter une augmentation du loyer, voire même obtenir une réduction.

 

  •  Peut-on vendre de l’alcool en Click and Collect ?

Les licences IV ont le droit de vendre de l’alcool en vente à distance. Attention : la plateforme sur laquelle vous vendez de l’alcool doit reprendre les mentions légales obligatoires de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs. Pour la vente entre 22 heures et 8 heures, il doivent avoir suivi une formation.

 

  • Une piste pour ceux qui ne s’en sortent pas ?

Il ne faut surtout pas attendre pour consulter un comptable ou un avocat et éventuellement envisager de se placer sous la protection de la loi en se mettant en faillite. Ce terme fait peur mais ce n’est pas un échec, c’est un accident de la vie économique. Il faut utiliser tous les moyens mis à votre disposition et ne pas avoir honte. Cela permet d’obtenir le gel des dépenses et l’effacement de certaines dettes.  

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