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Le coliving à l'hôtel : une solution face à la crise sanitaire ?

Hôtellerie - vendredi 19 mars 2021 11:36
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Paris (75) Le coliving a de quoi séduire les hôteliers qui cherchent à donner de nouveaux usages à leurs chambres. Surtout qu'il existe quatre scénarios possibles pour concrétiser une offre. Toutefois, gare à la rentabilité : celle-ci n'est pas toujours au rendez-vous. Explications.




À Amsterdam, l'hôtel Zoku propose des chambres en formule coliving.
© Zoku
À Amsterdam, l'hôtel Zoku propose des chambres en formule coliving.

Définir le coliving dans l’hôtellerie

En pleine crise sanitaire, bon nombre d’hôteliers sont tentés par des usages alternatifs de leurs chambres. Le coliving est l’un de ces autres usages possibles. Il consiste à proposer à des clients de séjourner à l’hôtel, plus de deux nuits, tout en partageant des infrastructures, telle qu’une salle à manger avec réfrigérateur et micro-ondes. C’est une variation de la colocation, qui mêle espace privé (la chambre) et espaces communs (cuisine, salle à manger, salle de gym, laverie…). En pratique, quatre scénarios sont envisageable pour un hôtelier, selon le positionnement qu’il souhaite adopter.

  • Passer au coliving à 100 % (scénario n° 1)

Dans ce cas, c’est un choix radical. Vous changez de positionnement, de façon de fonctionner et de communiquer. Votre établissement n’est plus un lieu de passage, mais un lieu de résidence. Il adopte donc un nouveau modèle économique. Alors, avant de vous lancer, veillez à ce que ce parti pris réponde bien à une attente de la part d’une clientèle susceptible de venir chez vous. À l’instar de Hmlet (prononcez Hamlet) en Asie, ou encore The Collective, à Londres, où les chambres font 10 m2, salle de bains comprise, mais la cuisine est à partager avec d’autres.

  • Opter pour le coliving de façon temporaire (scénario n° 2) 

Votre hôtel reste positionné comme tel, mais vous pouvez proposer une offre de coliving à des clients nomades, urbains et connectés. À l’image du 'global passport' créé par citizenM. Celui-ci permet de dormir 29 nuits consécutives dans n’importe quel établissement de l’enseigne à travers le monde, à partir de 50 € la nuit. Avec utilisation illimitée des salons pour le travail, le repos, les loisirs et 10 % de réduction sur tout ce qui se mange et se boit. Dans la même veine, citons aussi en exemple Nôtel à Zürich (Suisse).

  • Changer de marque selon la saison (scénario n° 3)

Faites preuve d’agilité ! De quelle façon ? En utilisant deux marques distinctes pour deux offres différentes, selon la saison. C’est ce que fait déjà un hôtel à Valence (Espagne) : l’été, il s’appelle Youth hotel et s’adresse à une clientèle jeune, décontractée, qui veut s’offrir des vacances à petits prix. Le reste de l’année, l’hôtel s’appelle Sun and Co : il devient alors concept de coliving destiné à des clients qui doivent travailler loin de chez, mais recherchent une atmosphère conviviale dans une salle de restaurant ou un bar, afin de se faire de nouveaux amis. C’est aussi ce que propose le groupe Oyo, en Inde.

  • Choisir un modèle hybride (scénario n° 4)

Quant au modèle hybride, il permet de revendre, dans d’autres hôtels, des chambres en formule coliving sous sa propre marque. C’est ce que fait, par exemple, l’hôtel Zoku à Amsterdam (Pays-Bas) : il propose à sa communauté, très axée sur les nouvelles technologies, soit une offre d’hébergement classique, soit une offre de coliving. Celle-ci permettant aux usagers, issus de secteurs professionnels proches, de se rencontrer, échanger, voire amorcer des collaborations.

 

Ne pas perdre de vue les limites du coliving 

Toutefois, le coliving a ses limites. À commencer par sa rentabilité : celle-ci est en-deçà de celle d’un hôtel classique. Car les tarifs sont forcément très attractifs. En outre, sur le créneau du coliving, un hôtelier se retrouve en concurrence directe avec Airbnb, souvent moins cher et avec des propositions de logement plus spacieuses. N’oubliez pas, donc, de réaliser une étude de rentabilité avant de vous engager dans le coliving. Surtout si vous ne raisonnez pas à court terme, mais plutôt à l’horizon 2030.

 

#Coliving


Anne Eveillard