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Retour d'expérience : "J'ai transformé des chambres d'hôtes en hôtel"

Hôtellerie - lundi 9 octobre 2017 09:44
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Le passage aux normes hôtelières a de quoi faire hésiter. Mais pour ceux qui ont franchi le pas, l'expérience s'avère souvent concluante.



Sophie et Daniel Poujade, propriétaires du Miel des muses à Brive (Corrèze), ont agrandi l'hiver dernier leur établissement en créant quatre chambres supplémentaires, baptisées Loft 21, passant ainsi de 5 à 9 clés. "En chambres d'hôtes, on est limité à 5 chambres et à l'accueil de 10-12 personnes au maximum. Au-delà, il faut passer aux normes de la petite hôtellerie", détaille la propriétaire.

Afin d'éviter les mauvaises surprises, mais aussi pour chiffrer au plus juste l'investissement, Sophie et Daniel Poujade ont choisi de travailler en concertation et en amont avec les commissions de sécurité pour établir le cahier des charges. Normes incendie, signalisation de secours, largeur de l'escalier, portes coupe-feu ou luminaires des salles de bains aux normes hôtelières sont autant d'éléments qui ont été pris en compte pour un investissement total approchant 180 000 €. Avec parfois des difficultés : "La question de la présence d'un veilleur de nuit a été très longue à résoudre, c'est une charge lourde pour un petit établissement. Parfois aussi, les différentes commissions ne s'accordent pas sur les mêmes exigences."

Aurélie Galpin dirige le Domaine de Bellevue à Neufmoutiers-en-Brie (Seine-et-Marne) et, là aussi, la question des normes a été délicate. Ce sont ses parents qui ont transformé un corps de ferme en chambres d'hôtes, à l'époque où Disneyland (tout proche) était en construction. De cinq chambres au départ, l'établissement s'est progressivement agrandit jusqu'à en posséder treize. En 2007, après une série de travaux et avec la volonté de transmettre, Aurélie Galpin et sa soeur, Anne-Flore, entrent dans l'entreprise familiale pour la développer en hôtel "Mes parents ont vu que la clientèle était en train de changer. Il y avait de plus en plus de chambres d'hôtes, plus d'offres aux alentours, c'était le moment de se démarquer et de faire évoluer notre produit."

Si administrativement le changement s'est fait facilement, là aussi, c'est la mise aux normes qui a pris du temps : "Quand on passe de chambres d'hôtes à l'hôtellerie, il est très compliqué de tout respecter. Il faut être logique, le plus protecteur possible avec ses clients, mais la mise aux normes s'est faite petit à petit. C'était une prise de risques, mais sans risque on ne fait rien !"

 

Il y a deux ans, le Domaine de Bellevue a de nouveau été rénové : "Nous n'avons plus la même clientèle ; elle était essentiellement touristique du temps des chambres. Aujourd'hui, nous avons beaucoup de Parisiens qui viennent profiter de la campagne, ils veulent de la qualité."

Conserver un accueil de qualité 

Au Miel des muses, bien que l'établissement se soit agrandit, Sophie Poujade a souhaité conserver l'esprit chambres d'hôtes : lieux de convivialité, proximité avec la clientèle… La propriétaire se considère comme un "électron libre", raison pour laquelle elle n'a pas demandé à figurer au classement hôtelier. Les tarifs des chambres sont restés similaires (de 89 à 125 €) et identiques toute l'année. Seul le petit déjeuner, auparavant inclus, est désormais facturé.

Au Domaine de Bellevue la question du classement s'est là aussi posée : "Nous avons longuement hésité mais on nous a souvent dit que les Français surestimaient les prestations d'un 4 étoiles. On a eu peur d'être attendus au tournant." Un choix que les propriétaires ne regrettent pas : affilié Relais du Silence, présent en ligne avec un site internet et référencé sur Booking, l'hôtel se commercialise sans difficulté.

Sophie Poujade, elle, constate qu'il est plus facile de louer neuf chambres que cinq : "La première saison a été satisfaisante, les neuf chambres nous donnent plus d'envergure et de souplesse, notamment pour accueillir des groupes ou des séminaires."

Marie Tabacchi
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