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Sébastien Bazin, nouvel homme fort d'Accor

Hôtellerie - vendredi 29 novembre 2013 16:44
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Trois mois après sa nomination, le nouveau p.-d.g. du groupe a voulu rassurer salariés, franchisés et actionnaires en exposant sa nouvelle stratégie.



Sébastien Bazin.
Sébastien Bazin.

Pour sa première intervention publique en tant que patron du plus grand groupe hôtelier européen, Sébastien Bazin a donné aux analystes et aux médias une image plutôt rassurante. Sûr de lui, maîtrisant parfaitement son discours, le plus souvent financier, il a sans nul doute convaincu un auditoire particulièrement attentif. Quelquefois ironique, par moments autoritaire mais toujours décontracté, le nouveau président a montré qu'il savait manier à la fois la provocation et le charme.

Habile orateur, le nouveau patron a justifié le virage à 180° décidé par rapport à l'ère Hennequin. "Devions-nous continuer à adopter le 40/40/20 [40% d'hôtels en contrats de management, 40% en franchise et 20 % en filiale, NDLR] ? Je le dis très haut : non. Ma conviction est que d'avoir annoncé le nombre d'hôtels à vendre était une erreur, car elle fait de nous des vendeurs contraints", a-t-il poursuivi.

Pour séduire les équipes, le ton est également donné. Tantôt amical et charmeur, tantôt froid et autoritaire : "J'ai affaire à une équipe d'hommes et de femmes extrêmement compétents et totalement polyvalents", a-t-il déclaré, précisant dans la foulée le nouveau profil de son équipe : "Je souhaite mettre en place une organisation simple et efficace, et une équipe de direction soudée et compétente", n'hésitant pas à fustiger l'équipe précédente : "Il y a eu trop d'initiatives, trop de projets, et pas assez de moyens."

 

Peaufiner la stratégie

Sébastien Bazin n'hésite pas à reconnaître qu'il a mûri son plan depuis sa nomination, devançant ainsi les critiques : "Il m'a fallu 90 jours pour peaufiner ma stratégie, précise-t-il. J'ai en effet rencontré plus de 1 000 personnes, j'ai relevé leurs attentes, leurs inquiétudes. Un tiers de ce plan est le leur." Certains cadres ont déjà quitté le groupe, à l'image de Gilles Bonnier, nommé directeur du patrimoine en juin et qui n'est resté que quelques mois.

Le premier examen de passage semble donc réussi, pour celui qui a pris les rênes du plus grand groupe hôtelier européen, à un moment crucial de son histoire. "Il fait preuve de beaucoup de courage en passant de l'autre côté de l'écran", déclare son ami Patrick Sayer, président du directoire d'Eurazéo, lors de sa nomination. Sébastien Bazin doit donc convaincre les marchés (mais la récente baisse de 7,5 % de l'action Accor laisse penser l'inverse) et les franchisés. Certains estiment que la stratégie n'est pas si nouvelle, notamment en termes de réorganisation géographique. Le nouveau p.-d.g. doit enfin rassurer les équipes. "Il n'y aura pas de plan social chez Accor", hormis les 173 postes supprimés dans le cadre du plan de départs volontaires.

Il reste toutefois un dernier élément tout aussi déterminant, qu'il lui sera difficile de maîtriser : la conjoncture économique. Un point pourtant essentiel dans la vie des hôtels et qui a finalement été peu évoqué dans ce premier discours.

X. S.

Le parcours de Sébastien Bazin

Âgé de 52 ans, Sébastien Bazin débute sa carrière dans la finance en 1985 aux États-Unis. Il rejoint la France en 1990 et est nommé directeur de la banque d'investissement Hottinguer Rivaud Finances pour devenir en 1992 directeur général de la société Immobilière Hôtelière

En 1997, Tom Barrack, président de Colony Capital, fonds d'investissement créé à Los Angeles en 1991, lui demande de monter l'antenne Colony Capital à Paris.

En tant que dirigeant de Colony Capital, il devient administrateur d'un certain nombre de sociétés cotées comme Carrefour, Accor, Edenred, et Dia. Il intervient également comme investisseur dans des sociétés comme Buffalo Grill, dans des vignobles comme Château Lascombes, dans des infrastructures sportives avec Stadia Consulting, au PSG, pour la piscine Molitor.

Enfin, Sébastien Bazin est également vice-président du conseil de surveillance de la fondation Gustave Roussy.
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