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Retour d'expérience : "On a repris un établissement mal placé"

Gestion et marketing - mercredi 17 juillet 2019 10:39
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Lanester (29) S'appuyant sur une cuisine traditionnelle de qualité et une communication sur l'univers du train, Michel et Mireille Chouteau ont réussi le pari de transformer un établissement mal placé en une auberge qui roule et qui préserve leur vie de famille.



Après avoir vendu votre première affaire, quels étaient vos critères pour le choix de la deuxième ?

- une affaire fonds + murs :

          - pour ne pas à avoir à payer de loyers

          - pour faire un investissement immobilier en vue de sa retraite

          - pour avoir une liberté par rapport aux travaux

- une affaire où je peux apporter de la valeur, où je peux mettre ma pâte

- une affaire compatible avec une vie de famille :

          - donc pas saisonnière pour ne pas être sur le pont en permanence et pour éviter des recrutements laborieux à chaque saison

          - où on peut prendre des vacances et fermer le soir en semaine

Et qu'avez-vous trouvé ?

Un établissement en fin de vie où la valeur du fonds était négligeable (220 000 € murs-fonds) dans une commune mitoyenne de Lorient proche de notre résidence. Après restauration, ma femme et moi avions l'impression de pouvoir en faire quelque chose.

Mais cet établissement qui jouxte une voie de chemin de fer et un passage à niveau dans un endroit un peu perdu, sans attractivité, sans visibilité, sans parking, ça ne vous a pas refroidi ?

Bien sûr, c'est une nuisance mais on a décidé de transformer ce handicap en atout. Pour se différencier, pour affirmer une identité, on a utilisé le concept du train. Ensuite, le fait que çà soit un peu perdu, ça signifie aussi qu'il n'y pas de concurrents aux alentours. Quant à la zone de chalandise, il y avait de quoi la développer (à proximité se trouvent une grande entreprise navale, la base des commandos marins, un hôpital, sans oublier la clientèle locale).

Et comment vous vous y êtes pris ?

- Miser sur la qualité (je suis maître restaurateur) à prix attractif (la formule buffet le midi est à 12€).

- Exploiter l'ambiance du train :

          - l'enseigne : "Auberge du chemin de fer"

          - les menus : "buffet de la gare", "menu Première Classe"...

          - la localisation : en 2006 quand on a ouvert, le passage à niveau et la voie de chemin de fer étaient bien pratique pour se repérer.

- Communiquer via notre site internet auprès des amoureux du train pour qu'ils participent à la déco du restaurant. Je précise que l'univers du train ne m'était pas particulièrement familier. On a reçu et on reçoit toujours une quantité incroyable de photos et d'objets. Notre clientèle qui est sensible à cet univers représente à peu près le quart de la clientète totale. En fait, entre les amoureux du train et ceux qui travaillent dans ce secteur, cela représente beaucoup de monde.

Quels ont été les résultats commerciaux et vous ont-ils permis d'avoir une vie de famille plus équilibrée ?

L'affaire a bien démarré. Une activité forte à midi (100 couverts) et une activité "groupe" le week-end nous ont permis de fermer le soir en semaine et d'anticiper les surcharges du week-end.

Alors que le pari pris il y a quelques années est gagné, il vous vient en tête l'idée folle d'acheter un autorail à l'abandon en gare de Carhaix (un autorail est une locomotive qui accueille des passagers) ?

Le projet était de créer un hébergement insolite pour compléter les deux appartements de l'auberge. Et ça va bien avec l'auberge du chemin de fer.

Quelles ont été les deux principales difficultés ?

1. Transporter et déposer l'autorail

2. Le rénover (les contraintes sont spécifiques, les vitres notamment)

Ça a dû être un fabuleux coup de pub ?

Plus qu'un coup de pub, une belle histoire.

- nos fans sur facebook ont suivi le départ de Carhaix jusqu'à l'arrivée à Lanester

- c'est devenu un projet participatif (des volontaires se sont présentés pour démonter et nettoyer l'autorail)

Et oui, il y a eu une belle couverture médiatique de cet événement.

Comment entretenez-vous votre communication ?

- On surfe sur la mode des hébergements insolites via les blogs spécialisés

- On a fait un bon d'achat (qui ressemble à un billet de train) dans différentes box

Le succès est-il au RDV ?

Oui, les deux espaces d'hébergement de l'autorail ont été ouvert en 2006 et le succès commercial du gîte insolite a de bonnes retombées sur la restauration.

Une remarque pour nos lecteurs qui réfléchissent à entreprendre ?

Dans chaque entreprise, il y a de quoi se faire peur. La fameuse citation de Mark Twain me vient à l'esprit : "Ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait."

 

#MichelTouteau #GiteInsolite #train


Olivier Milinaire
Journal & Magazine
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