Actualités
Accueil > Actualités > Formation - Écoles

Elle a choisi la voie de l'apprentissage, dans un hôtel 5 étoiles

Formation - Écoles - mercredi 7 mars 2018 16:14
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question / Ajouter un commentaire Partager :

ALLEMAGNE 

Luise Elenz, 19 ans, a choisi d'intégrer les métiers de l'hôtellerie après un contrat saisonnier à Disneyland Paris, effectué l'an dernier après l'obtention de son bac en Allemagne. De retour chez elle, outre-Rhin, Luise Elenz a choisi la voie de l'apprentissage. « J'ai fait 12 ans d'école et j'ai eu mon bac. Quand on a ce parcours, on va ensuite normalement à l'Université. Moi, j'ai préféré la pratique à la théorie. »  La formation va durer trois ans mais elle peut être ramenée à deux ans et demie quand on est titulaire du bac et en fonction des notes. « J'ai postulé auprès de nombreux 5 étoiles, car c'est l'hôtellerie de luxe qui m'intéressait. » En dehors de sa langue maternelle, Luise Elenz parle l'anglais et converse très bien en français. Ca aide. « Généralement, ajoute-t-elle, les personnes qui se dirigent vers l'apprentissage ont seulement 9 ou 10 ans d'école. Le fait d'avoir été au bout du cursus scolaire classique m'a sans doute un peu  avantagé aux yeux des établissements hôteliers et il y a aussi une question d'âge. Ils préfèrent quand on est un peu plus mâture ». L'hôtel Kempinski (4 saisons en français), sur la Maximilian Strasse, accepte de la prendre en apprentissage. La 1ère année, le rythme est de 1 à 2 semaines à l'école, 1 à 2 semaines en entreprises selon les périodes. En 2ème et 3ème année, le rythme est de 4 jours par semaine en entreprise et 1 jour à l'école. « Ce qui m'a beaucoup plus quand je suis arrivée dans cet hôtel, confie Luise, c'est le bon esprit qui régnait au sein des équipes. La première semaine, on m'a présenté l'hôtel, son histoire, on m'a donné toutes les informations qu'il fallait connaître. On m'a présenté tout le 'back stage', on m'a fait visiter. Durant les deux derniers jours, on m'a montré comment servir. » Dans le cadre de l'apprentissage, le fonctionnement de l'hôtel se divise en 12 départements. « Tous les trois mois, on change de poste. Je dois alors faire le point avec la personne responsable de me superviser. On voit avec elle ce que j'ai fait de bien, là où je dois m'améliorer. Je peux aussi dire ce que je pense sans que cela soit mal pris. On est dans l'échange et la construction ». Dans cet hôtel, l'apprenti doit toutefois attendre la deuxième année pour passer par le marketing ou la réception. « Personnellement, je suis heureuse de me lever le matin pour me rendre à l'hôtel. L'école, je m'y ennuie un peu car je trouve ça un peu trop facile. A l'hôtel, on apprend beaucoup et c'est concret. » D'un point de vue pratique, Luise Elenz n'est pas logée par l'hôtel, ni par l'école. Elle est en colocation dans un appartement dans Munich, à une heure de trajet de l'hôtel.

#Apprentissage #Allemagne #Formation


Sylvie Soubes
L'apprentissage en Allemagne
• Il y a 1,3 million d'apprentis en Allemagne, contre moins de 420 000 en France. Outre-Rhin, le taux de chômage des jeunes est trois fois plus bas.

• Outre-Rhin, l'apprentissage fait partie intégrante du système éducatif et certains métiers ne sont accessibles que par cette voie.

• La rémunération des apprentis varie de 200 à 2 000 € selon la branche, l'âge et le niveau de formation.

• Les entreprises ne reçoivent aucune prime ou subvention de l'État pour l'embauche d'un apprenti. Elles sont reconnues comme l'opérateur naturel et principal de la formation dite professionnelle ou système dual. Ce sont elles qui sont chargées de dispenser les formations aux apprentis. 20 % des entreprises allemandes assurent cette formation (contre 30 % en 1994).

• Les chambres consulaires sont responsables de l'organisation des examens et de la compétence des entreprises à former.

• Les régions allemandes sont responsables de 1 600 écoles professionnelles dans lesquelles les apprentis réalisent leur apprentissage théorique (un à deux jours par semaine).

• Le budget de l'Allemagne pour l'apprentissage est deux fois plus important qu'en France.

• Les syndicats de salariés sont étroitement associés à la régulation du système. Ils définissent avec le patronat les contenus et les conditions matérielles de la réalisation de la formation. Les pouvoirs publics ne jouent qu'un rôle de médiateur.

• Il y a 330 métiers homologués.

(Source : site Localtis, Caisse des Dépôts des territoires, 2014)