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Quand le CDI n'est plus le graal

Emploi - jeudi 12 mars 2020 12:05
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75 - Paris Les jeunes sont de plus en plus nombreux à préférer les contrats courts aux contrats à durée indéterminée. Quête de liberté, d'un salaire rehaussé de primes… un jeune, un responsable d'un grand hôtel parisien et la dirigeante d'une agence d'intérim apportent leurs explications.



“Je vous mets au défi de trouver un jeune qui accepte de dire tout haut, ce que beaucoup pensent tout bas”, témoigne F., 26 ans, sous couvert d’anonymat donc. Le ton est donné. Il faut dire que la profession ne voit pas vraiment d’un bon œil le refus croissant, de la part de la jeune génération, des contrats à durée indéterminée (CDI). En cause : le fort turnover qui en découle et l’impossibilité de fidéliser ses équipes. Sébastien Rival, directeur de la restauration du Meurice, à Paris, confie : “Avant, on se battait pour décrocher un CDI, c’était un peu le graal. Aujourd’hui, les extras ne veulent plus forcément signer de contrats à durée indéterminée. On a beau leur arguer que c’est la stabilité, la sécurité de l’emploi, la condition sine qua none pour obtenir un prêt, louer un appartement… souvent, ils déclinent la proposition.” Pour lui, les raisons sont multiples : “Les jeunes ont envie de se sentir libres, d’avoir leurs week-ends, de planifier leurs congés d’été. Cette souplesse, ils disent ne pas la retrouver dans un CDI.”

 

Signe de renouveau

C’est d’ailleurs peu ou prou ce discours décomplexé que tient F. : “J’ai travaillé six ans au sein d’un grand établissement de la rive droite. J’avais des horaires lourds, je ne supportais plus le poids de la hiérarchie et je ne me sentais pas rémunéré à la hauteur de mon labeur. C’était comme une prison dorée (…). Un jour, j’ai décidé de tout plaquer pour multiplier les expériences dans d’autres établissements. Sauter dans l’inconnu, c’est stressant, il y a la peur du vide, la pression de l’entourage, mais c’est aussi signe de renouveau ! Passer d’un contrat court à un autre me permet de ne pas me sentir attaché.”

Par choix, parfois par usure ou suite à un licenciement, beaucoup optent pour la même voie que F. La tendance est d’ailleurs généralement plus forte chez les 18-34 ans.

 

Liberté de papillonner

Régine Ritzenthaler, qui dirige l’agence d’intérim Stylma, spécialisée en hôtellerie-restauration, fait le même constat : “L’intérim dispose d’atouts qui compensent la précarité de cette forme d’emploi, comme la liberté de papillonner, de varier les missions et les entreprises, de gérer son emploi du temps comme on le veut, et, souvent, d’avoir une rémunération plus intéressante grâce à l’indemnité de fin de contrat (voir encadré). Certains n’hésitent pas ainsi à cumuler plusieurs emplois pour gagner davantage. Mais attention, au bout de quelques CDD, certains sont considérés comme instables dans la profession. Ils peuvent en pâtir pour la suite de leur carrière.”

Alors, le CDI est-il fini pour autant ? Probablement pas. Branche par branche, les professionnels du secteur travaillent sur plusieurs pistes pour redorer son blason. Parmi elles, Sébastien Rival en voit une qui lui tient particulièrement à cœur : “Si l’on fidélise davantage ses collaborateurs, en leur offrant des opportunités d’évolution réelles et rapides, ils sauront apprécier à nouveau la valeur d’un CDI. Autre piste à l’étude : mieux répondre à la quête de sens de la jeune génération, qui, de plus en plus, affirme sa volonté de concilier vie professionnelle et vie privée.

 

#Emploi #Contrat #CDI

 


Mylène Sacksick
Intérim : quels avantages

Quelle prime de précarité ?

Lorsqu'à la fin d'un CDD ou d'un contrat d'intérimaire, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un CDI, le salarié bénéficie d'une indemnité de précarité, également appelée "indemnité de fin de contrat". Elle est destinée à compenser la précarité de sa situation. Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération brute versée au salarié pendant toute la durée de son CDD ou du contrat d'intérim, incluant la période initiale, mais aussi les différentes périodes de renouvellement.

Quels droits au chômage ?

L’intérimaire a droit au chômage, à condition d’avoir travaillé au moins 610 heures au cours des 28 derniers mois (36 mois, si on a plus de 50 ans), et, depuis novembre 2019, d'avoir travaillé 910 heures au cours des 24 derniers mois (au cours des 36 derniers mois pour les plus de 53 ans). Par la suite, il lui faudra maintenir son inscription à Pôle emploi chaque mois, même s'il a travaillé. Pôle emploi déduit les salaires des indemnités  versées, et les droits au chômage sont ainsi rechargés.