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Night auditor, le gardien des nuits d'un hôtel

Emploi - lundi 1 juillet 2013 09:49
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C'est sans doute le poste le plus polyvalent d'un hôtel : entre gestion des comptes et accueil des clients, il multiplie les casquettes et constitue l'un des piliers des établissements haut de gamme ou à grande capacité.



Accueil des clients, check-in tardif et check-out avancé, clôtures comptables et de logiciels… Les attributions du 'night auditor' vont au-delà de ces activités de base : "Nous sommes à la fois infirmiers, techniciens, standardiste, agent de sécurité et comptable…", affirme Nazy A. Banai, night auditor au Radisson Blu 1835 à Cannes. Et loin de l'image du night qui se détend pendant ses heures de travail, les 'nights' ont aussi leur moment de rush : "Pendant le Festival du Film de Cannes, les nuits sont très agitées, beaucoup de clients défilent à la réception la nuit."

Si la plupart du temps, le poste de night est occupé par des hommes, des femmes peuvent également occuper ce poste avec brio. C'est le cas de Nazy, night auditor au Radisson Blu 1835 à Cannes depuis trois ans. Dans l'hôtellerie depuis onze ans, elle a exercé différentes fonctions : superviseur, réceptionniste tournant… toujours dans des hôtels haut de gamme. Aujourd'hui, le rythme de vie lié au travail de nuit répond à ses attentes. Un besoin limité en heures de sommeil (5 heures lui suffisent) lui permet de profiter de ses journées avant de reprendre son poste à 23 heures. "Il faut avoir une vie saine pour tenir dans ce métier."

"Touche-à-tout "

Nicolas Robl, night auditor aux Sources de Caudalie à Martillac depuis six ans, a débuté dans le métier par opportunité. Le rythme horaire assuré par Nicolas (20 heures - 7 heures) lui offre un aperçu des différents univers du travail de jour et de nuit. Ces horaires lui permettent d'échanger avec les autres services de l'hôtel. À partir de minuit, les clients sont moins nombreux et il se consacre alors à l'activité qu'ils affectionnent le plus : l'audit, le contrôle, l'analyse des coûts. "C'est le moment d'aller creuser dans les chiffres. Cela peut même permettre de trouver de nouvelles idées, notamment pour améliorer la rentabilité." C'est son goût pour les chiffres qui permet à Nicolas d'apprécier cette fonction, à tel point qu'il aimerait évoluer vers un poste d'économe : "Tout doit être opérationnel pour que les chefs de service aient un récapitulatif de ce qui s'est passé la veille." Cette partie de responsabilité séduit Nicolas, qui affectionne la minutie imposée par ses fonctions.

Gaël Crebessegues, également night aux Sources de Caudalie, a débuté dans ce poste en 2009 suite à un poste de barman. Voir Nicolas évoluer lui a donné l'envie de tenter l'expérience. La clientèle haut de gamme qui fréquente l'hôtel et la proximité créée par l'ambiance la nuit l'ont rapidement séduit. La diversité offerte par ce métier lui permet de ne jamais s'ennuyer : entre les check-out de groupes à 4 h 30 et la précision exigée dans la clôture des comptes, Gaël a su trouver un équilibre. "Ce métier est intéressant si on est touche-à-tout, qu'on aime les relations humaines et si on veut apprendre à tout gérer." L'ambition de Gaël est de découvrir une autre partie du contact client : il se verrait volontiers confier un poste de concierge. Pour Nicolas et Gaël, la taille humaine de l'hôtel leur impose d'être polyvalents : facturation du restaurant le soir, activités du night, room service, réception, dressage des petits déjeuners.

Au Clarion Hotel Château Belmont Tours, le night auditor Camille Camacho est diplômé de BTS Hôtellerie. S'il a saisi un poste de night par défaut, il s'épanouit désormais pleinement dans le rythme imposé par le métier, qui lui permet de consacrer du temps à sa passion pour le sport. "Le coeur du métier se décompose en trois parties : l'accueil des clients, la partie administrative [clôture, ouverture, préparation des documents pour la gouvernante, facturation…] et enfin la préparation du petit déjeuner/ménage de la réception et du hall d'entrée", décrit-il. On est loin de l'image du night qui se tourne les pouces…

Faire preuve de psychologie

De son côté, Stéphane Sévry, night auditor de l'Hôtel San Regis à Paris, a débuté comme night en 2009 après une expérience de réceptionniste tournant. "Si le rythme est difficile [N.D.L.R. : 20 heures - 8 heures] car on a moins de temps de sommeil, une fois ce rythme de vie adopté, on subit moins le stress, on bénéficie de moins de passage, de moins de pression." Ici, le night n'est pas seul, un agent de surveillance est présent toutes les nuits. L'essentiel, selon lui, est de savoir faire preuve de psychologie, d'empathie, d'une grande attention pour les clients. Pour cela, "il faut arriver détendu et reposé, sinon des problèmes de concentration peuvent se poser".

Nazy, Nicolas, Gaël, Camille et Stéphane sont unanimes : la nuit, l'ambiance et la communication avec les clients sont plus détendues. La nuit, les clients sont plus rares, ce qui permet une approche plus personnalisée et plus chaleureuse. La nuit est aussi source de tumultes : clients qui rentrent éméchés, agressions extérieures… mais les nights affirment que les comportements agressifs sont rares et qu'ils sont formés pour apaiser ce type de clients. "En matière de sécurité, nous avons l'obligation de passer le SIAP, [N.D.L.R : brevet de Sécurité Incendie et Assistance aux Personnes]", souligne Nazy.

Pour cette dernière, un night doit aimer le contact humain : "disponibilité, attention, sourire, amabilité", sont les maîtres mots pour perdurer dans cette fonction. "Il faut vraiment aimer le contact avec les gens, mais il faut aussi ne pas avoir peur de la solitude car on est un peu le seul maître à bord la nuit." L'autonomie est en effet essentielle pour assurer la fonction, car tous types d'incidents peuvent survenir durant la nuit : panne informatique, souci technique dans une chambre…
S'il est rare de poursuivre toute une carrière en tant que night, c'est que la vie de famille est en décalage avec ce métier. "Il faut être libre, c'est un métier très exigeant", avance Nazy. Il est en effet contraignant en termes de rythme de vie. Ce rythme de vie en décalage décourage les candidats. "Peu nombreux sont ceux qui veulent faire ce métier. Il est difficile de trouver des personnes sérieuses et investies", déplore Nicolas. "C'est un métier oublié et dévalorisé", ajoute Camille. C'est pourtant une des places les plus enrichissantes qu'on puisse occuper dans un hôtel.

 
 

www.radissonblu.fr/hotel-cannes


www.sources-caudalie.com


www.chateaubelmont.com/fr/index.php

www.hotel-sanregis.fr

 



 

Vanessa Guerrier-Buisine

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