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Saison 2019 : les Alpes françaises jouent dans la cour des grands

Conjoncture - lundi 2 décembre 2019 15:26
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La saison s'annonce mouvementée dans les Alpes. Si Megève dispute l'hégémonie de Courchevel en termes de luxe, d'autres stations misent sur des hébergements insolites ou les petits prix.



En ce début de saison hivernale, les cartes pourraient bien être rebattues dans les grandes stations. L’ouverture de l’hôtel Mademoiselle à Val d’Isère (Savoie) fait le buzz et les paris vont bon train sur cet hôtel qui pourrait détourner les riches clients de Courchevel, dont les tarifs sont jugés prohibitifs et la clientèle bling-bling. À la tête de l’établissement, Séverine Pétilaire-Bellet, actionnaire et dirigeante, est une transfuge de Courchevel, dont elle fit les beaux jours avec le groupe LOV Hotel Collection (créé par l’homme d’affaires Stéphane Courbit) et au palace les Airelles. Connue de la jet-set sous le nom de Mademoiselle (d’où le nom de l’hôtel), elle compte bien utiliser son carnet d’adresse et positionner Val d’Isère sur le segment luxe.

Courchevel n’est pas en reste. Le Chabichou, après une rénovation de 10 M€, rouvrira sous la bannière du Groupe Lavorel. Stéphane Buron, MOF et ancien second de Michel Rochedy, en est le nouveau chef exécutif et il compte bien accrocher une troisième étoile Michelin au palmarès de l’établissement. La station affirme son leadership dans le luxe, puisque ses deux hôtels 5 étoiles ont obtenu la classification palace : le Barrière les neiges (groupe Barrière) et l’Apogée, propriété de Xavier Niel (groupe Iliad) et du groupe Maisons Pariente. Ce dernier ouvrira également un 5 étoiles cet hiver à Méribel (Savoie), Le Coucou, qui sera le 3e hôtel du groupe, avec 55 chambres en pleine montagne, sur un spot spectaculaire.

 

Les Alpes attirent les chefs

En Haute-Savoie, Megève attire tous les regards avec ses nombreux hôtels et restaurants qui sortent de terre. Les Chalets du Mont d’Arbois, qui appartiennent au groupe Edmond de Rothschild Héritage et dont la gestion a été confiée à Four Seasons, ont fait peau neuve, après une rénovation chiffrée à 12 M€. À quelques pas de là, le Four Seasons Hotel Megève, qui appartient au même groupe, sera ouvert pour la saison, malgré le grave incendie qu’il a subi en mars dernier. Toujours à Megève, le groupe Millésime ouvrira son onzième hôtel, Le Soleil d’or, en catégorie 5 étoiles. C’est une renaissance pour cette bâtisse, 120 ans après sa première ouverture. Selon les codes du groupe, Marie-Christine Mecoen, leur décoratrice dédiée, a remis le Soleil d’or au zénith, tout en respectant son identité. Les restaurants de l’établissement sont tenus par la chef exécutive Flora Mikula. Elle mise sur une table conviviale, avec une cuisine basée sur les produits locaux. Cependant, loin de se lancer dans la fondue, elle parle déjà de son soufflet culte, de sa broche. “Je fais ce que je sais faire : une cuisine abordable autour du bon produit.”

D’autres chefs font leur arrivée en station cet hiver. Toujours à Megève, le groupe de l’ex-championne de ski Annie Famose lance la Ferme Saint-Amour. C’est Éric Frechon qui supervisera les fourneaux de cette bâtisse historique. Dans la vallée, c’est encore un chef étoilé, Antoine Westermann, qui signe la carte de l’Armancette, un nouvel hôtel proche de Chamonix (Haute-Savoie). À Val d’Isère, Hélène Darroze prendrait les commandes de l’hôtel Mademoiselle. À Courchevel, La Sivolière accueillera la chef Fanny Rey, ce qui fera d’elle la première femme étoilée dans la station.

 

Grand luxe et petits prix

Situés loin de tout, les hôtels refuges ouvrent cet hiver, pour des frissons garantis. Alors que skieurs et pisteurs sont rentrés à la station, le client est seul en haute montagne et peut apprécier le paysage et profiter du silence. Ainsi, un village igloo s’installe à la Rosière et à Val Thorens, pour des nuits sur un lit de neige recouvert de peaux de bête. À Méribel, le Refuge de la Traye est accessible uniquement en randonnée ou navette privée. Sur le thème Refuge, le Four Seasons Hotel Megève propose une suite grand luxe baptisée L’Idéal, située au milieu des pistes, avec un service assuré nuit et jour. À Val d’Isère, le Refuge de Solaise est situé dans l’ancienne gare de téléphérique. C’est l’hôtel le plus haut de France. Cette tendance à rechercher la solitude des montagnes et à s’éloigner du bruit des stations s’amplifie.

Pour que le ski se démocratise et aussi pour toucher un autre type de clientèle, moins fortunée, les hôtels à petit budget sont au rendez-vous. Dormir seul dans une capsule privée, entre amis ou en famille dans un dortoir, c’est ce que propose le Base Camp Lodge. Lancé par le groupe éponyme, dirigé par l’hôtelier de montagne Thierry Schoenauer, Michel Porcel (groupe Restoleil) et Jean-Frédéric Chapuis (champion olympique de skicross), ce nouveau mode d’hôtellerie est commercialisé à partir de 15 € la nuit. Les hébergements y sont variés, avec des chambres doubles, familiales et trois dortoirs équipés de kitchenettes. “Bien entendu, nous ne pouvons implanter ce type d’hôtels dans une station d’altitude où le prix du foncier est trop élevé”, explique Thierry Schoenauer. Le Base Camp Lodge est donc situé à Bourg-Saint-Maurice (Savoie), en face d’un téléphérique qui amène les clients sur les pistes en moins de sept minutes. “Ce nouveau mode d’hébergement répond à un vrai besoin, un style de vie”, estiment ses créateurs.

À quelques semaines du début de la saison, les stations prennent, comme chaque année, le pari de réaliser leur chiffre d’affaires sur quelques mois à peine. La neige, déjà présente, sera l’arbitre de leur réussite.

 

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Fleur Tari
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