Martinique : l'attractivité du territoire doit être renforcée

Martinique Pour renouer avec le tourisme, la Martinique doit séduire de nouvelles clientèles. Pas si simple.

Publié le 26 avril 2012 à 17:57
Depuis le début des années 2000, le tourisme martiniquais a baissé et doit faire face à de nouveaux défis. Les professionnels du secteur ont beaucoup souffert de la crise sociale de 2009 qui avait conduit à de nombreuses annulations et au délaissement de la destination par les touristes. Désormais, la volonté régionale est clairement affichée d'accompagner le plan de réforme du développement touristique de la Martinique. Pour cela, le Comité Martiniquais du Tourisme (CMT) s'est engagé dans une mission de promotion de la destination et doit séduire de nouvelles clientèles tout en incitant les professionnels à engager une démarche de qualité. L'objectif affiché est d'augmenter les recettes touristiques pour atteindre 380 M€ en plus d'ici 2020. Le CMT doit, d'une part, conforter le positionnement de la destination sur des marchés traditionnels comme la France, l'Europe ou la Caraïbe et d'autre part, développer ceux à fort potentiel, comme l'Amérique du Nord et les pays émergents. Plus que des actions de promotion, le CMT et ses partenaires doivent renforcer l'attractivité du territoire.

Un tourisme transversal

 « Le tourisme en Martinique est transversal, il touche à de nombreux secteurs. C'est à la fois une force car le tourisme génère de nombreux emplois indirects, mais aussi une difficulté car cela demande un gros effort de coordination de tous » rappelle Ivan Sobesky, directeur général du CMT. Pour l'hôtellerie, cela se traduit par la mise en place de financements pour soutenir la rénovation du parc, la montée en niveau de gamme et la mise aux normes. « Le CMT et les institutions ont conscience de la nécessité de travailler sur notre produit hôtelier qui a vieillit. Il faut accompagner les professionnels dans la mise aux normes de leur établissement ou leur programme de rénovation » constate le directeur général du CMT. Cela représente 60 M€ d'investissements, dont 26 M€ à la charge de la Région. Les établissements récemment ouverts ont compris cet enjeu et proposent déjà des séjours haut de gamme – La Suite Villa par exemple, au Trois-Ilets – et d'autres, comme le Marouba au Carbet, ont déjà planifié leurs travaux de rénovation.  En ce qui concerne la restauration, « le CMT essaie au maximum d'engager les professionnels vers une démarche qualitative. Nous avons mis en place le Plan Qualité Tourisme en partenariat avec la Chambre de Commerce afin de garantir des prestations de qualité au client. Par ailleurs, il faudrait arriver à conditionner les aides sur une véritable utilisation des produits du terroir. » En 2011, 23 restaurants et 12 hôtels étaient labellisés « Qualité Tourisme ».

Remontée du taux d'occupation

Les chiffres actuels montrent des remontées significatives suite aux changements d'orientation engagés depuis trois ans. Globalement, le tourisme de séjour a augmenté de 4,3 % en 2011. Le taux d'occupation des hôtels a augmenté pour atteindre 57,3% sur l'année 2011 (contre 52,3% en 2009), le chiffre d'affaires de l'hôtellerie a augmenté de 10% par rapport à 2010 et les professionnels ont noté une augmentation de 128% des nuitées réservées par les touristes des autres pays européens, depuis l'ouverture en novembre 2011 de la liaison Roissy-Fort-de-France. Toutefois, l'hôtellerie traditionnelle devra faire face à une nouvelle concurrence, comme le constate Ivan Sobersky : « on observe depuis quelques temps un glissement de la clientèle vers les locations de meublés ou de villas de luxe. Le logement individuel est entrain de prendre plus d'importance, au détriment de l'hôtellerie traditionnelle. »  Si les chiffres pour l'hôtellerie sont plutôt encourageants, le tourisme de croisière en 2011 a quant à lui connu une forte baisse, la plus catastrophique dans l'histoire de la croisière, conséquence des déprogrammations décidées durant les grèves de 2009. Durant la saison 2010-2011, le nombre de croisiéristes a chuté de 62,4%. Toutefois, grâce à un gros travail de présence du CMT auprès des croisiéristes, les escales programmées pour la saison 2011-2012 sont au nombre d'une centaine, contre seulement 60 escales en 2010/2011, pour une augmentation prévue de plus de 150 % de passagers.

Attention fragile

Malgré les efforts déployés et les moyens financiers alloués, le tourisme en Martinique reste un secteur fragile. Les actions menées depuis quelques années portent leurs fruits mais le danger serait de se satisfaire de ces premiers résultats. Il est certain que pour consolider le secteur, ce travail de séduction doit se poursuivre sur le long terme. L'allongement de la saison, en passant notamment par le développement d'évènements attractifs hors saison, font parti des défis à relever pour pérenniser l'activité touristique de l'île. L'engagement des professionnels et l'implication de la population auprès des touristes seront pour beaucoup dans la réussite de ce pari.

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Publié par Marie TABACCHI



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