Pour un porteur de projet, le secteur CHR en Gironde reste attractif. Au sein de l’agence Century 21 Entrepris’immo à La Teste-de-Buch, les cessions de fonds de commerce CHR représentaient 42 % de l’ensemble des cessions en 2025. Le marché reste toutefois difficile, après une année 2025 au ralenti et des transactions à la baisse : - 26 % sur les restaurants traditionnels, - 11 % en restauration rapide, - 6 % sur les débits de boissons…
“Les acquéreurs se sont faits plus rares ces deux dernières années. On ne voit quasiment plus de primo-accédants jeunes, sans expérience ni apport. Nous sommes plutôt en contact avec des professionnels qui ont vendu une affaire et veulent réinvestir en changeant de région”, constate Éric Chantry, le dirigeant de l’agence qui couvre la Gironde et le nord des Landes. Les prix moyens sont à la baisse également. Dans la restauration par exemple, le prix moyen tourne autour de 173 000 €, mais les disparités sont telles que ce chiffre ne reflète pas la réalité de façon pertinente. “De nombreuses affaires sont en vente. Il s’agit le plus souvent de gens qui partent à la retraite ou dans un autre projet. Il y a aussi des affaires en difficulté à cause d’une mauvaise gestion ou d’une offre non-adaptée : ce sont de vraies opportunités pour quelqu’un du métier qui est bon gestionnaire, avec des compétences et un savoir-faire”, ajoute-t-il.
Une préférence pour des établissements plus légers à gérer
Comme partout en France, les établissements en bord de plage fonctionnent très bien. “Les locaux sont intéressés par des concessions – ces bars–restaurants en occupation du domaine public. Les gens venant de l’extérieur en ont plutôt peur ! Mais nous accompagnons également ce type de négociations ou les reconductions de contrat”, précise Eric Chantry. Les critères des acheteurs restent variés tout en reflétant l’époque : “De nombreux restaurateurs quittent des affaires nécessitant beaucoup de personnel pour d’autres d’envergure moindre qu’ils tiennent en binôme – en couple notamment. C’est assez visible chez les quinquagénaires, qui aspirent à un dernier établissement générant moins de stress. Des restaurateurs s’orientent aussi vers des concepts de type tapas, moins lourds qu’un restaurant traditionnel”, détaille-t-il.
Dans cette zone géographique, les acquéreurs portent une attention particulière au bail et au loyer : sur le bassin d’Arcachon ou Bordeaux, les loyers très élevés peuvent grever la rentabilité. Les écarts sont importants selon la localisation. “Le bord de mer reste le spot idéal, mais le choix est rationnalisé sur la bonne affaire, et pas celle idéalisée”, résume Éric Chantry. Le directeur d’agence tient à clarifier un point : “J’entends beaucoup dire que les banques ne prêtent pas, mais nous ne rencontrons aucune difficulté sur ce sujet. Les interlocuteurs bancaires sont locaux : ils connaissent leur secteur, et souvent ils connaissent l’affaire, les concurrents, etc. Ils sont très réactifs, que ce soit pour une reprise ou une création. Certes les liquidations augmentent, mais des affaires se portent très bien aussi”, conclut-il.
Publié par Laetitia BONNET-MUNDSCHAU
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