“L’année 2024 a été très basse en termes de cessions de fonds de commerces CHR, encore impactée par le Covid et la difficulté à recruter du personnel. Les demandes des prospects portaient sur de la petite restauration à gérer en couple. En 2025, on sent enfin un sursaut. On retrouve presque un niveau d’avant Covid ”, résume Nathalie Aubert, directrice de l’agence Century 21 Sud Conseils Partners à Perpignan (Pyrénées-Orientales), dont 70 % des mandats de concernent le CHR (40 % de cafés-restaurants, 30 % d’hôtels). L’agence couvre les Pyrénées-Orientales et l’Aude, départements où l’on trouve des commerces ouverts à l’année dans les villes comme Narbonne ou Perpignan, et des établissements saisonniers sur le littoral. “Concernant les cafés et restaurants traditionnels, la demande est forte pour le littoral, les pieds dans l’eau, où l’on travaille de Pâques à la Toussaint. Cette année, beaucoup d’acquéreurs recherchaient des clubs de plage avec restauration et location de transats. Le littoral – et plus largement les Pyrénées-Orientales – restent plus accessibles que d’autres zones géographiques comme Nice ou Biarritz”, estime Nathalie Aubert. Elle constate toutefois que vivre d’une saison devient moins évident en bord de mer – les mois de juin et juillet étant de plus en plus aléatoires. Par ailleurs, en dehors des grosses stations balnéaires comme Argelès-sur-Mer ou Canet-en-Roussillon, très peu de commerces sont ouverts à l’année. “Des acheteurs du nord de la France, de Paris ou de Bretagne tiennent absolument à investir en bord de mer, alors que l’intérieur des terres peut offrir de belles opportunités – tout en restant à 10 minutes de voiture du littoral”, assure-t-elle.
De l’intérêt pour les gros ou petits établissements
Les acquéreurs arrivent quasiment tous d’autres départements. “Ce sont surtout d’anciens restaurateurs ou cafetiers qui recherchent soit une très grosse affaire avec une brigade qui tourne, soit une petite affaire dans la restauration traditionnelle. Ici on compte peu de brasseries”, déplore Nathalie Aubert. Les demandes pour un restaurant intermédiaire – un couple et deux ou trois salariés – se raréfient. Et les restaurants gastronomiques, souvent marqués par un chef, sont difficiles à vendre. “Les franchises en zone commerciale intéressent des restaurateurs ayant déjà vendu une grosse affaire, et qui vont manager. Ces profils privilégient une affaire de direction”, ajoute-t-elle. Les hôtels-bureau, pour lesquels la demande reste forte, que ce soit sur le littoral ou dans les terres, sont plutôt ciblés par des personnes en reconversion, attirées par une qualité de vie. “Ils sont souvent surestimés par les vendeurs – tout comme les biens situés à Collioure ou à Castelnou. Mais nous nous basons sur les bilans”, indique la directrice. Quant aux hôtels avec restaurant, la demande est faible : ce sont surtout des professionnels en fin de carrière, qui ont envie de soleil…
Publié par Laetitia BONNET-MUNDSCHAU
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