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L'hôtellerie haut de gamme face à la crise : Christophe Laure fait le point

Vie professionnelle - vendredi 29 juillet 2016 11:41
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Christophe Laure est directeur général de l'InterContinental Paris Le Grand depuis 2010. Il a pris en mai dernier la présidence d'Umih Prestige. Son regard sur la situation des établissements haut de gamme actuellement.



Christophe Laure.
© DR
Christophe Laure.

En cette période particulière, comment se comporte l'activité parisienne ?
En RevPar, les hôtels haut de gamme et palace, depuis décembre 2015, sont entre -15 et -18%. Certains établissements davantage tournés vers la clientèle de loisirs vont jusqu'à -30%. Nous avons senti une légère reprise en mars. Mais les attentats de Bruxelles ont à nouveau fait chuter l'activité. Nous étions à -28% en moyenne en avril. Selon l'indicateur STR Paris Center, qui mesure les performances de l'industrie hôtelière, nous étions à +9% du 1er au 13 juillet. A partir du 15, c'est la chute. Au 27 juillet, nous étions à -45%, toujours par rapport à l'an dernier.

Votre sentiment face à ces chiffres ?
La situation est extrêmement difficile. Le marché russe a commencé à baisser avant les attentats.  Les Japonais, eux, ne viennent plus depuis. Certains hôtels qui avaient su gagner cette clientèle sont à -80%. Les Chinois sont en nette diminution. La perception de la destination France est mauvaise avec des annulations de groupe qui tombent désormais pour des séjours prévus fin 2016 et en 2017. La clientèle du Moyen Orient, comme la plupart des autres nationalités, est en retrait. L'Espagne, le Portugal et Londres profitent de cette désaffection liée à la peur et à l'image dégradée de la France. L'Allemagne est dans une situation proche aujourd'hui. Il est malheureusement impossible d'avoir une perspective.

Le constat posé, que faire ?
Faire ce que l'on sait faire, et le mieux possible. Il ne faut pas toucher aux prix, ne pas les tirer vers le bas. En revanche, les stratégies commerciales doivent redoubler d'efforts. Nous devons apprendre à vivre avec cette situation. Mais nous devons rester ce que nous sommes, sans arrogance, au risque de ne pas être profitables. Le secteur doit réfléchir avec ses investisseurs, prévoir que dans les mois qui viennent il y aura des réductions de bénéfices ou peut-être pas de bénéfices, sans toucher à la qualité. Nous avons les plus beaux hôtels d'Europe et parmi les plus beaux du monde. Nous sommes créateurs de valeurs, quoi qu'il arrive.

Comment abordez-vous votre mission au sein de l'Umih ?
Le rôle qui m'a été confié par Roland Héguy et les membres d'Umih Prestige s'inscrit dans la politique générale du syndicat. L'objectif est de fédérer les 5 étoiles, les palaces autour de l'emploi, de la formation, de participer au lobbying nécessaire auprès du Gouvernement, de travailler sur les grands dossiers défendus par l'Umih.  Nous devons aussi  servir l'image de la France à l'étranger dans cette terrible séquence que nous traversons. Nous en avons la capacité. En nous réunissant, nous apportons une contribution nouvelle au tourisme.

Sur quoi travaillez-vous depuis votre arrivée à la tête d'Umih Prestige ?
Le modèle des plateformes de locations meublées doit être clarifié, notamment en ce qui concerne la fiscalité : la déclaration automatique des revenus auprès de l'administration fiscale s'impose. Nous nous asseyons à la table des organismes et des institutions pour veiller à ce que les actions mises en place soient pertinentes. Le rééquilibrage des relations avec les OTA doit également se poursuivre. Enfin, le haut de gamme, aux codes si particuliers, demande également des formations spécifiques.  A l'intérieur, l'apprentissage tient une place importante. Pour vous donner un ordre d'idée, à l'InterContinental Paris Le Grand, nous avons 60 apprentis. Chez nous les apprentis vont au bout de leur contrat, pour se déployer ensuite dans les autres hôtels du groupe, ou ailleurs. Nous sommes fiers de relâcher des jeunes qui réussissent dans leurs études et leur vocation.


Sylvie Soubes
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