Actualités
Accueil > Actualités > Vie professionnelle

Édito du journal du 10 juin 2010 : "Mauvaise querelle"

Vie professionnelle - mercredi 9 juin 2010 09:59
Ajouter l'article à mes favoris
Suivre les commentaires
Poser une question
Ajouter un commentaire
Partager :
Article réservé aux abonnés


Le sujet est trop bon pour ne pas l’aborder à la veille du match de l’équipe de France de foot contre l’Uruguay en phase qualificative du Mondial 2010 (ces précisions pour ceux qui auraient oublié qu’il s’agit d’une épreuve sportive), alors que les dernières prestations des Bleus sont loin d’être rassurantes.

Notre secrétaire d’État aux Sports, Mme Rama Yade, a cru bon de stigmatiser, non pas le faible rendement d’une équipe bien pâlichonne face à des adversaires considérés comme à sa portée, mais le choix de l’hôtel pour leur hébergement en Afrique du Sud. La représentante du Gouvernement, sans doute en mal de notoriété, n’a pas hésité à employer des termes aussi dévalorisants que “clinquant” ou “indécent”, non pas pour dénoncer les rémunérations stratosphériques de ces phares du génie humain qui s’expriment en tapant dans un ballon, mais en s’en prenant à l’établissement choisi par leur fédération pour leur séjour austral.

Or, cet établissement, fort agréablement situé en surplomb du lagon de Knysna sur la côte de l’océan Indien, a été révélé publiquement depuis plusieurs mois sans susciter de dérisoires polémiques. Nos lecteurs se souviennent d’ailleurs que nous leur avons présenté dans notre numéro du 14 mai dernier le désormais célèbre Pezula Resort Hotel and Spa qui présente l’avantage d’être doté d’installations sportives adaptées à la préparation d’une compétition de haut niveau.

En fait, la mauvaise querelle lancée par Rama Yade est surtout révélatrice, hélas, d’une méconnaissance totale de la part d’un grand nombre de politiques d’une activité aussi essentielle à de nombreuses économies, dont celle de l’Hexagone, que le tourisme, notamment de haut de gamme.

Faut-il rappeler qu’un secteur apporteur de devises, créateur d’emplois, consommateur de nombreux produits fabriqués sur place, générateur de rentrées fiscales élevées, non susceptible de délocalisations vers les pays à bas coûts de main d’œuvre mérite bien quelques égards, mais certainement pas des effets faciles de micro par un ministre en mal d’inspiration ?

À moins que notre secrétaire d’État n’ait pas voulu enfoncer le clou sur les carences des joueurs, en déplorant des attaquants poussifs ou des défenseurs apathiques, et signifier qu’ils ne méritent pas un tel niveau d’hébergement.

Mais sans cultiver une outrancière irrévérence, doit-on réserver les 5 étoiles aux ministres qui le méritent ?

Une note d’espoir pour finir, avec le nom de cet hôtel désormais célébrissime : dans la langue locale, le shona, le nom Pezula signifie ‘en haut avec les dieux’. En espérant qu’il s’agisse des dieux du foot.
L. H.

Journal & Magazine
SOS Experts
Une question > Une réponse
Gouvernantes et service hôtelier
par Corinne Veyssière
Services
  Articles les plus lus