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Reconfinement : ces hôteliers qui font de la résistance

Hôtellerie - mardi 3 novembre 2020 12:20
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Paris (75) À l'heure des nouvelles restrictions sanitaires, tous les hôtels n'ont pas fermé leurs portes. Certains profitent de la période pour expérimenter de nouvelles prestations, voire les personnaliser jusqu'à les rendre exclusives. Le tout dans un climat d'incertitude, régi par des protocoles renforcés.



 

Ils naviguent à vue, adoptent les consignes et s’adaptent au contexte, au gré des annonces du Gouvernement et des prises de parole du président de la République. En moins de quinze jours, les hôteliers sont passés du couvre-feu au reconfinement. Les plus fragiles ont préféré fermer, les plus agiles font preuve d’imagination pour maintenir une activité, une dynamique au sein d’équipes réduites, un accueil de qualité pour les voyageurs qu’ils ont encore. “Tant que nous avons des clients, nous ne fermons pas”, confie-t-on dans un palace parisien où, la nuit du 2 novembre, une seule cliente y a dormi.

Le coût d’une fermeture et d’une réouverture, c’est exorbitant”, souligne Romée de Goriainoff, cofondateur de l’Experimental Group, dont les six hôtels tournent, sans baisse des tarifs. Mais avec des taux d’occupation variables selon les destinations : à Venise, il flirte avec les 60 % - contre 80 % en octobre 2019 -, mais à Paris, le reconfinement vient plomber la reprise qui s’amorçait depuis septembre. Les chambres se remplissent avec des voyageurs récupérés d’établissements qui ont baissé le rideau et un petit volume de clientèle d’affaires.

C’est le cas aussi dans les MOB de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et Lyon (Rhône), ainsi qu’au Monte Cristo à Paris (Ve), établissement du groupe Les Hôteliers Impertinents. “Le Montecristo a déjà 28 % de taux d’occupation cette semaine. Notre clientèle corporate est au rendez-vous et nous récupérons plusieurs clients des hôtels fermés, ce qui nous permet de tenir pour le moment”, explique Florian Bitker, directeur des opérations.  À cela s’ajoute “une masse salariale adaptée à la situation, un point quotidien sur les besoins en présence des chefs de service, une agilité des équipes et les aides que le gouvernement met à disposition de notre profession ”

 

“Il faut se réinventer quasiment chaque semaine, voire du jour au lendemain”

“On résiste et on pense aux hôteliers indépendants qui avaient commencé à relever la tête avant le reconfinement. ” Cyril Aouizerate, fondateur du concept MOB Hotel, ne comprend pas que l’on ferme des restaurants, y compris ceux des hôtels, “alors que nous avons suivi tous les protocoles sanitaires à la lettre”. Résigné, il ne décolère pas pour autant. Même amertume du côté de Romée de Goriainoff, remonté contre les politiques : “Il ne nous comprennent pas !” Alors, il fait partie de ceux qui poussent au maximum la personnalisation de certaines prestations, à l’instar du room service. “On fait du sur mesure”, dit-il.

À l’hôtel Fauchon (VIIIe) aussi, le client peut commander “ce qui lui fait envie”, affirme Jérôme Montanteme, directeur général de l’établissement. “On oublie la carte et les menus. On tend vers l’exclusif, en partant du principe que, chez nous, tout devient possible”, poursuit-il. Y compris la vente à emporter de plats proposés sur une version courte de la carte du Grand Café Fauchon, qui vient de fermer, reconfinement oblige. “Ces temps-ci, il faut se réinventer quasiment chaque semaine, voire du jour au lendemain”, commente encore Jérôme Montanteme.

Un avis partagé par Emmanuel Sauvage, face aux caméras de CNews. Le cofondateur et directeur général du groupe Evok maintient ouverts ses quatre hôtels parisiens, avec ce mot d’ordre : “Confinez-vous chez nous !“ Les clients ont accès au room service et à tous les équipements de chaque établissement. Quant à la clientèle extérieure, elle peut venir acheter des pâtisseries à la boutique du Brach (XVIe), commander un panier apéro, un panier prêt à cuisiner avec vidéo du chef pour réussir la recette, ou encore suivre, sur Instagram, les concerts organisés trois fois par semaine au Nolinski (Ier).

À l’heure du port du masque et du gel hydro-alcoolique, les hôteliers encore sur le pont agissent pour qu’une chambre, une suite, un lobby ne soit ni anxiogène, ni comme un hôpital. Cyril Aouizerate, défenseur des circuits courts et d’une écologie sociale, suggère en plus de “confiner les chaînes d’info en continu et de rouvrir les librairies : ça fera du bien au pays

 

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Anne Eveillard