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Jean-Claude Lavorel : "L'hôtellerie paye très cher la crise que nous vivons"

Hôtellerie - mardi 13 octobre 2020 12:23
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Lyon (69) À la tête de 11 établissements haut de gamme principalement basés en région Auvergne-Rhône-Alpes, le groupe lyonnais Lavorel Hotels fait face à la crise avec une stratégie réfléchie. Même si le manque de visibilité brouille les perspectives pour l'avenir.



Des crises dans ma vie professionnelle, j’en ai connu. Mais celle-ci est compliquée à gérer, car il est difficile d’anticiper face à des mesures gouvernementales qui changent constamment”, reconnaît Jean-Claude Lavorel, gérant du groupe Lavorel Hotels. Ce chef d’entreprise qui fut à la tête d’un grand groupe médical avant de se reconvertir dans l’hôtellerie de luxe n’est toutefois pas homme à renoncer. Combattif, il a mis en place une stratégie mûrement étudiée avec un plan d’actions spécifiques pour chacun de ses établissements. “Le groupe compte dix hôtels et une compagnie fluviale, ce qui représente près de 350 salariés. Notre priorité est de garder le maximum de trésorerie pour sauver les emplois. Or aujourd’hui, l’activité tourne au ralenti. Il faut alors faire des choix stratégiques pour éviter de perdre encore plus d’argent”, explique Jean-Claude Lavorel.

 

Une grande flexibilité

Pour limiter les pertes, le groupe a décidé de fermer deux de ses établissements aux frais de structures lourds : le Château de Bagnols dans le Beaujolais (Rhône) et le Pera à Paris en raison d’une activité quasiment néante. En Haute-Savoie, Le Jules Verne, situé à Yvoire, au bord du lac Léman, vient de fermer pour des travaux de rénovation prévus jusqu’au printemps prochain. Et le Black Bass à Annecy (Haute-Savoie) ne sera ouvert que les week-ends à partir de novembre.

Du côté des établissements lyonnais, le Marriott, gros porteur du groupe, et le Kopster ont, eux aussi, réduit leur activité avec la fermeture de la moitié des chambres. Ces deux établissements étant positionnés sur un tourisme d’affaires, le groupe a lancé de nouvelles offres : location de salles avec système de visioconférence pour les entreprises, prix attractifs pour réserver une chambre à la journée (solo working) ou pour une longue durée dans le cadre du télétravail. “On s’adapte à la situation mais le tourisme d’affaires est touché de plein fouet par la crise. Et l’activité banquet, qui représente 20 % du chiffre d’affaires, de l’hôtel est à l’arrêt. Aujourd’hui, le taux d’occupation du Marriott n’est que de 25 % alors qu’il atteint les 100 % en semaine à cette époque de l’année”, assure Jean-Claude Lavorel.

 

Un retour à la normal d’ici deux ans

Seules perspectives réjouissantes : les réservations pour Noël sont bonnes pour les trois hôtels (4 et 5 étoiles) de Courchevel (Savoie). “Mais tout dépendra de l’évolution de la situation sanitaire”, nuance le PDG. Avec 65 % du personnel du groupe au chômage partiel, la direction mise d'ailleurs sur la mobilité interne en proposant aux salariés des postes en station pour la saison d’hiver. Le groupe compte aussi sur sa collection d’hôtels de charme, qui regroupe huit de ses établissements, pour renforcer son positionnement luxe auprès de la clientèle de loisirs.

Malgré une conjoncture complexe, Jean-Claude Lavorel reste confiant pour l’avenir. “Le groupe a les reins solides. On traversera la crise avec un retour à la normal dans un à deux ans si tout va bien. Mais je suis plus inquiet pour les hôteliers indépendants. Les aides de l’État ne suffiront pas. Il y aura de nombreuses fermetures d’établissements”, déplore-t-il.

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Stéphanie Pioud