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François Rebsamen : "L'apprenti peut faire grandir les entreprises"

Formation - Écoles - mardi 21 avril 2015 17:51
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Le ministre du Travail a lancé en avril une seconde campagne de promotion de l'apprentissage pour atteindre son objectif : 500 000 apprentis d'ici à 2017. Il détaille les nouveautés du dispositif pour les jeunes et les employeurs. Entretien.



L'Hôtellerie Restauration : Le ministère du Travail a lancé une campagne d'information nationale au service de l'apprentissage, adressée aux jeunes et aux chefs d'entreprise. Que va apporter cette nouvelle campagne ?

François Rebsamen : Pour soutenir le développement de cette voie de formation, qui offre de vraies perspectives en matière d'insertion dans l'emploi, il est indispensable d'engager des actions de promotion et de montrer que l'apprentissage a changé d'image. Il est souhaité par les jeunes, il se développe dans des métiers nouveaux, et il permet de dérouler des parcours professionnels.

Ces actions de promotion doivent aussi faire comprendre aux entreprises que l'apprenti peut les faire grandir : c'est une réponse à un besoin de main-d'oeuvre qualifiée, aux perspectives de départs à la retraite, qui permet d'anticiper le retour à la croissance et de développer leur compétitivité. C'est pour cela que j'ai lancé une première campagne de communication l'année dernière. La stratégie déployée - télévision, internet, radio - a permis une très forte visibilité auprès des employeurs, des parents et des jeunes. Une deuxième campagne de communication a lieu ce mois-ci, en cohérence avec les choix d'orientation scolaire faits par les élèves. Elle s'adresse tout particulièrement aux petites et moyennes entreprises.

Votre objectif est d'atteindre 500 000 apprentis d'ici à 2017, contre 420 000  aujourd'hui. Où se situe la filière hôtellerie-restauration ?

La filière hôtellerie-restauration, avec 11,6 % des apprentis en 2013, est le quatrième secteur en termes de recrutement d'apprentis. Cela représente un effort de la filière particulièrement significatif au bénéfice du développement de l'apprentissage, de l'ordre de trois fois son poids relatif au sein de l'emploi salarié. Au-delà des chiffres, l'apprentissage dans cette filière suppose de travailler en amont sur les choix d'orientation des jeunes, de leur accompagnement dans ces métiers qui requièrent beaucoup de rigueur, et de combattre ainsi un taux élevé de rupture des contrats d'apprentissage.

Dans le plan de relance de l'apprentissage, une enveloppe de 146 M€ a été débloquée par les députés pour 2015, sur les 200 M€ initialement annoncés par Manuel Valls. Cette somme viendra en aide aux apprentis mais aussi aux employeurs. Quelles sont les aides prévues ?

Cette enveloppe vise à majorer la fraction de la taxe d'apprentissage dédiée au financement des centres de formation des apprentis en portant cette fraction à 26 %. L'apprentissage bénéficie donc dès 2015, et à travers la réforme portée par la loi du 5 mars 2014, de moyens financiers supplémentaires significatifs qui permettront l'ouverture de nouvelles classes et le renforcement de l'accompagnement des jeunes. Près de 300 M€ supplémentaires sont prévus d'ici 2017.

Au-delà, l'ambition du Gouvernement a été de donner une impulsion nouvelle pour faire en sorte que l'ensemble des jeunes inscrits en CFA puissent trouver un employeur. À cette fin, une aide au recrutement d'un apprenti supplémentaire, d'un montant de 1 000 €, permet depuis le 1er juillet 2014 de soutenir le développement de l'apprentissage au sein des entreprises de moins de 250 salariés. Cette mesure d'incitation s'ajoute à la prime d'apprentissage, d'un montant de 1 000 € également, prévue au bénéfice des entreprises de moins de onze salariés. Les entreprises de l'hôtellerie-restauration, qui sont souvent petites, sont donc particulièrement soutenues. Enfin, pour les apprentis - qui rencontrent souvent des difficultés concrètes d'hébergement, de mobilité, d'achat des équipements -, il a été prévu au niveau régional de les aider dans le cadre des fonds initiative jeunesse.

L'autre nouveauté de ce dispositif, c'est la possibilité pour l'employeur de recruter un jeune en contrat à durée indéterminée à l'issue de la formation. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ce dispositif est issu de la loi du 5 mars 2014. Le CDI apprentissage répond à un double besoin : celui des employeurs de fidéliser les apprentis qu'ils forment, en affichant dès le départ la pérennité du lien, et celui des apprentis d'être plus autonomes en accédant au logement par exemple. Il faut regarder concrètement son utilisation.

Qu'en est-il des formateurs ? Y a-t-il du nouveau pour eux, pour les CFA ?

La loi du 5 mars 2014 reconnaît et définit les missions exercées par les CFA, notamment dans l'assurance de la cohérence entre la formation dispensée en leur sein et celle dispensée au sein de l'entreprise, et en particulier en organisant la coopération entre les formateurs et les maîtres d'apprentissage. Le rôle d'accompagnement du CFA est aussi affirmé par un rôle d'assistance des postulants à l'apprentissage et des apprentis en rupture de contrat dans leur recherche d'un employeur ainsi que dans la prévention et la résolution des difficultés d'ordre social et matériel susceptibles de mettre en péril le déroulement du contrat d'apprentissage. Un travail est en cours pour élaborer cette offre de service qui doit être homogène sur le territoire.

Y a-t-il du changement pour le permis de former ?

Je trouve particulièrement pertinent le fait d'avoir mis en place une formation obligatoire pour les tuteurs et maîtres d'apprentissage portant une formation initiale de 14 heures et une mise à jour de 4 heures tous les trois ans. La feuille de route des assises de l'apprentissage prévoit une réflexion de l'ensemble des branches professionnelles pour généraliser les formations de maître d'apprentissage mais aussi les valoriser et les reconnaître.


Hélène Binet
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