La question que nous leur avons posée : Selon vous, qu’est-ce qui caractérise une “bonne ambiance” au travail ?
Une équipe solidaire et collaborative
Quand on questionne les salariés sur ce qui, selon eux caractérise une bonne ambiance de travail, les relations au sein des équipes ressortent pour presque un répondant sur deux. Avec en premier pilier le besoin d’entraide et de collectif.
Alors la bonne ambiance, naît “d’une équipe soudée prête à travailler ensemble”, assure ce cuisinier. “Nous travaillons en équipe ; main dans la main”, se réjouit ce salarié de l’hôtellerie. “Une équipe soudée, c’est quand chacun peut compter sur elle lors des coups de mou. Quand on sait aider les autres en cas de besoin”, complète une jeune réceptionniste. “Un vrai esprit d’équipe et d’entraide, c’est quand on se serre les coudes et où personne n’est laissé dans la difficulté”, explique, quant à elle, Amélie, salariée de l’hôtellerie.
Pour créer ces conditions, les salariés prônent par exemple “des moments de cohésion (informels ou organisés) qui renforcent le sentiment d’appartenance”, comme le suggère un cuisinier. Cela peut être, par exemple, “des activités d’équipe (escape game, bowling, karaoké...). Un déjeuner à l’extérieur payé par la société…”, propose cette serveuse.
Corolaire direct à cet esprit “corporate”, les conflits entre équipes sont aussi pointés du doigt. “Pas de rivalité entre la salle et la cuisine, car on a tous le même but : des clients satisfaits !”, relève cette autre professionnelle de la salle. “La réussite de l’établissement, c’est la réussite de tout le monde”, insiste Mehdi, cuisinier.
Bonne humeur et professionnalisme
Avec cet esprit d’entraide, les salariés du secteur demandent à travailler avec le sourire, dans la bonne humeur. “Nos collègues peuvent devenir des ami(e)s”, rappelle cette cuisinière. “Quand toute l’équipe va boire des coups ensemble, se voit et sort en dehors du travail… On a le sentiment d’appartenir à une autre famille…”, confie un jeune cuisinier.
Mais cela suppose aussi certaines limites. Les répondants à l’enquête n’oublient pas que l’on parle de relations dans un cadre professionnel. “De la bienveillance des rires, oui. Mais avec de la rigueur et du professionnalisme”, insiste ce serveur expérimenté. On peut “faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux”, défend Julien, chef de cuisine depuis 14 ans.
Pour éviter les conflits dans ce cadre d’exigence professionnelle, les salariés plaident pour une communication fluide entre les membres de l’équipe. “Pour [établir] une bonne ambiance, il faut aussi accepter les critiques”, insiste Souleymane, cuisinier. Cela suppose de savoir mettre son amour-propre dans sa poche. “Pas de guerre d’ego entre collaborateurs !”, clame Manon, qui travaille en salle.
Ces lignes de conduite ne semblent souffrir aucune exception. “Il faut savoir retirer les mauvais éléments qui perturbent l’équipe”, tranche Sterenn, cuisinière. On a besoin de collègues fiables avec qui on peut discuter et se partager les tâches, et qui sont à l’heure”, soutient cette professionnelle de la salle. “Il faut que l’ensemble du personnel soit dans la même direction, insiste Jérémy, cuisinier. C’est comme dans une embarcation : s’il n’y a qu’un seul côté qui rame, on tourne en rond et l’ambiance s’en ressent.”
Reconnaissance et respect
Bien sûr, les relations entre salariés et managers sont essentielles. “Le management est un point crucial d’une bonne ambiance, c’est celui qui permet de créer une cohésion, de fortifier et de garder l’équipe”, martèle cette responsable de salle. Pour cela, exit les comportements toxiques. Les salariés demandent de la bienveillance, du respect et de la reconnaissance (voir aussi notre article publié en novembre). “Il faut opter pour une pédagogie douce en oubliant les violences archaïques encore trop présente dans la restauration”, plaide un jeune cuisinier. Un environnement serein, c’est “aller au travail sans avoir la boule au ventre”, témoigne Emma, apprentie pâtissière. “Ne pas avoir peur des réactions en cas de simple erreur.” On a besoin de “se sentir écouté, valorisé et surtout impliqué. On ne veut pas d’un chef qui humilie son employé devant tout le monde”, s’emporte cette salariée de l’hôtellerie.
“Une bonne ambiance, c’est déjà quand il y a du respect entre collègues”, résume Dib, cuisinière. Cela passe par “le non-jugement de l’autre, des relations familiales mais pas familières…”, note cette serveuse. Les débordements sexistes, notamment, ressortent de certains commentaires. “On peut rigoler sans tomber systématiquement dans le graveleux”, s’exaspère Audrey, salariée dans l’hôtellerie. “Pas de harcèlement, pas de misogynie !”, clame cette cuisinière expérimentée. “On respecte les femmes et les hommes, on rigole, on se dit les choses et on dit quand ça va bien aussi”, résume cette salariée de l’hôtellerie.
Publié par Benoît Delabre, Aletheia Press
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