La question que nous leur avons posée : Selon vous, quel est le critère le plus important en matière d’horaires de travail ?
Un planning clair et connu à l’avance
Travailler le week-end, le soir, le matin, la nuit… ? Peu importe, tant qu’on peut s’organiser, répondent massivement les salariés enquêtés par nos soins. Ils sont 43 % à faire du planning le critère le plus important en matière d’horaires de travail. Une proportion qui monte même à 56 % dans les métiers de l’hôtellerie, contre 40 % dans ceux de la salle ou de la cuisine.
Cela commence par les bases : “Il faut faire un calendrier”, demande simplement Fatou, cuisinière. Mais il s’agit aussi de le partager, de le respecter et d’anticiper. “Les horaires doivent être communiqués le plus tôt possible pour pouvoir organiser notre vie privée”, insiste Xavier, professionnel de la salle. “Pas de planning le dimanche à minuit pour le lendemain !”, clame Sophie, qui vient de quitter le secteur de l’hôtellerie, écœurée par des pratiques trop peu respectueuses des salariés.
Si les changements sont compris, il faut “arrêter les changements de dernière minute”, plaide un jeune salarié en salle. Il faut “prévoir assez de personnel pour faire face aux imprévus et éviter de solliciter les employés sur leurs jours de repos”, conseille son confrère.
Mais surtout, les salariés demandent d’être consultés avant toute prise de décision. Un basique, qui ne semble pourtant pas une évidence pour tous, comme en témoigne ce cuisinier, qui demande de “ne pas prendre de décision au niveau des horaires sans consulter son employé”. Manon, professionnelle de la salle, ne dit pas autre chose : “Ne pas imposer des changements sans considérer son équipe, même s’ils sont nécessaires.”
Des horaires sans coupure
Autre revendication récurrente chez les salariés : la réalisation de journées sans coupure. Une demande prioritaire pour 35 % des enquêtés. Elle ressort de manière beaucoup plus significative chez les salariés en salle (38 %) ou en cuisine (39 %). L’hôtellerie est naturellement moins confrontée à cette question, mais elle reste tout de même fondamentale pour 21 % des sondés. “Arrêtez les coupures !”, réclame ce serveur. Il faut “bannir les coupures interminables”, renchérit Sixtine, qui a œuvré en salle avant de rejoindre l’hôtellerie. “C’est tout à fait possible de faire des équipes matin et soir qui tournent, plutôt que d’avoir des pauses de quatre ou cinq heures en plein milieu de l’après-midi.”
Ce jeune cuisiner propose des solutions : “Il faut trouver un moyen de garder le restaurant ouvert, par exemple en proposant des goûters, en louant la salle pour du coworking entre 14 heures et 18 heures.” Bruno, serveur, partage cette idée : “ l’alternance entre équipe de midi et équipe du dîner donne l’opportunité d’ajouter un service de brunch le matin et de lunch l’après-midi.” Outre l’intérêt pour leur vie sociale, les salariés voient dans ces journées en continu d’autres avantages. “Cela permet d’être plus performant”, selon cette serveuse. “Cela donne des équipes polyvalentes, réduit la monotonie et la fatigue”, renchérit une jeune consœur. C’est aussi un gage de bonne ambiance entre les salariés, puisque le travail à deux équipes permet de “mettre en place un roulement de planning pour une équité pour tous”, souligne Perrine, professionnelle de la salle. “Des horaires justes favorisent la fidélisation et le respect mutuel”, insiste Marine, restauratrice.
Des week-ends et des soirées libres
Bien que passionnés par leurs métiers, les salariés demandent globalement de disposer de temps personnel : pour recharger leur batterie et pour leur vie sociale. Ils sont 18 % à en faire leur priorité en matière d’horaires de travail. “Laisser des week-ends de repos aux employés”, plaide Lou-Anne, adjointe de direction dans la restauration. “C’est compliqué, mais il faut se forcer à donner du vrai temps pour que le staff puisse avoir une réelle vie après le travail”, insiste Yannick, cuisinier. “Si coupures il doit y avoir, il faut donner une soirée ou deux en plus”, demande cet autre cuisinier. Les plus jeunes, notamment, apprécient de disposer de leurs soirées “festives” comme ce jeune serveur qui souhaiterait, “si le personnel le permet, faire des rotations sur les services du samedi soir et vendredi soir”.
Les plus âgés évoquent plutôt du repos et du temps en famille, comme ce salarié de l’hôtellerie qui demande “un planning qui respecte la vie privée et du temps pour le salarié. Un salarié reposé donne plus pour l’entreprise.” Les propositions à ce sujet sont nombreuses. “Deux jours de repos consécutifs et un week-end par mois ; pour les horaires à proprement parler, tout dépend de l’établissement”, suggère cette serveuse. “Évitez les journées supplémentaires. Si possible réfléchir à une semaine de quatre jours de travail et trois jours de repos”, propose sa consœur.
Publié par Benoît Delabre, Aletheia Press
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